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Dimanche 17 février 2008

LA PEDAGOGIE DU PAYSAGE SONORE (4)

Par l'exemple


Le son qui s'installe dans l'environnement,
éduquer le geste et l'oreille conjointement

Après avoir abordé différents projets où l'écoute et le support sonore (les phonographies) étaient au centre des activités, voyons maintenant des cas où le geste, associé à l'écoute, constituent le fer de lance de l'éducation auditive à l'environnement, toujours au travers des arts sonores celà s'entend.
Jeux sonores, parcours ludiques, éducatifs, sentiers de découvertes, lutheries spécifiques et autres projets pédagogiques constitueront donc l'essentiel de cette approche.
En tout premier lieu, la relation geste-son-écoute-environnement sera mise en avant.
Je touche, j'explore, un instrument, un objet ou un jeu sonore, dans des installations ou des parcours dédiés, j'écoute leurs réponses, je modifie mon geste en conséquence, j'adapte ou j'invente mes postures d'écoute selon, je réitère ces explorations sans limites, si ce n'est celles de ma curiosité, ou de ma persévérence...
Le fait de toucher-tester-ecouter-retoucher re... constitue une démarche active, habituellement et inconsciemment pratiquée chez le jeune enfant, mais aussi chez le moins jeune, pour peu qu'on leurs fournisse matière à faire.
Ne perdons pas de vue que ces expériences sont lièes ici à une découverte de l'environnement sonore, au travers le paysage (re)modelé, (re)constitué et (ré)aménagé, ce dernier cas de figure nous intéressant tout particulièrement ici.
En effet, nombre de pédagogues, d'aménageurs, misent sur la capacité d'appréhension et  la mémoire du geste; geste relation-conséquence, associé à celle de l'écoute pure (j'entend et j'associe à une image, une définition) , et du visuel (je voie et j'associe à une source, une conséquence, une causalité...).
L'organe oreille, pas plus que celui de la vue, ou celui du toucher ne suffisent dans ces exemples là à une appropriation satisfaisante du monde sonore. Il faut, comme souvent dans les actions éducatives, proposer du faire, de l'action, qui, associés à d'autres approches sensorielles, conduiront à des réponses plus pertinentes du milieu, et à d'autres extrapolations sonores initiés par les découvreurs participants
Il faut
également
faire se frotter des objets, des installations, des jeux, des parcours, à leurs environnements proches, mais aussi à des utilisations au quotidien, à des publics explorateurs novices, à des  vissicitudes de l'espace publique avec ses nombreux aléas.
Les exemples que nous proposerons seront donc issus d'un mélange de composantes esthétiques, pédagogiques, proposant de forts ancrages, qu'ils soient ponctuels ou pérennes, avec les territoires d'écoute, de jeux, et les lieux de vie  quotidiennement investis.


Le premier exemple que je citerai, sans idée de hiérarchisation acune, si ce n'est que la lettre A débutant le patronyme de  l'association vient naturellement en premier, alphabétiquement, sera celui d'une association chalonnaise, en Bourgogne, qui se nome ACIRENE (Association de Création, d'Information, de recherche pour une Ecoute nouvelle de l'environnement).
Cette association milite, depuis les années 80, pour des idées qui conduisent à envisager le sonore comme un élement essentiel, constitutif à part entière de notre confort de vie au quotidien, écoute et communications comprises.
Pour celà, il ne faut plus raisonner en seul termes de quantitatif, sonomètres et mesures de décibels à l'appui, mais aussi en termes de qualitatif, de patrimoine, d'exigences en terme d'aménagement prenant aussi en compte l'auriculaire., et non plus seulement l'architectural, le paysagé, donc le seul visuel
Cette démarche ne vise plus exclusivement à guérir, à soigner l'excédant sonore, en légiférant, en tentant de réparer avec force murs anti-bruits, doubles ou triples vitrages et autres cocons autistiques, mais aussi prévenir et composer l'environnement avec le paramètre écoute pris en amont du projet d'aménagement.
Au delà de ses études théoriques, des ses outils d'analyse de l'environnement sonore, Acirène a donc décidé de ne pas rester dans le pur domaine du cérébral, du conceptuel, de la prospective, mais d'expérimenter in situ, c'est à dire sur le ou les différents terrains, des situations de jeu, d'écoute, en relation directe avec les sites choisis.
Les jeux sonores ont donc été pensés à destination des enfants, jeunes ou moins jeunes, considérés ici comme les futurs bâtisseurs et "conservateurs" de nos environnements futurs, lseuls garants d'une écoute citoyenne, où la communication et le plaisir de l'ouïe pourraient être considérés à juste titre comme des facteurs  de "bien vivre".
Caillebotis sonores, objets de percussion de plein air, "orchestres" de structures sonores purement acoustiques se répondant, en fonction des caractéristiques physiques des lieux, constituent une partie de la réponse donnée par cette association, en direction des enfants.
Le parti pris étant que les mécanismes de jeux, excluant d'obscurs dispositifs électroacoustiques,  puissent être compris aisément dans leurs relations gestes-conséquences sonores. Je tappe, je parle, je marche, je saute, et je  vois , je comprend et je mesure aussitôt l'influence de mes gestes, et j'imagine les multiples combinaisons et gradations possibles, qui me permettront de véritablement jouer avec tous les paramètres sonores, dans des environnements pensés pour cela.


Le caillebotis sonore (Ecole de Clessé 71)

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Légende
1- caisson de résonance
2- lame de bois
3- fixation souple

Commentaires
- Les lames de bois sont posées par l'intermédaire de silents blocs, sur des caissons de résonance en béton.
- Le profil de chaque lame est repris en partie inférieure afin de rendre optimales ses qualités acoustiques.


Fontaine sonore

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La Fontaine capte les bruits
de la cour de récréation.


Cette fontaine est conçue comme un mélangeur de sons.
Elle met en scène plusieurs animaux qui glougloutent en permanence.
La sonorité de l'eau est révélée par une série de cascades et dans le même temps des bruits captés dans la cour de récréation ou dans la rue par l'intermédiaire d'une parabole acoustique sont acheminés jusqu'à l'un des animaux, d'où ils sortent par un orifice qui matérialise sa bouche.
Ainsi les rumeurs de l'environnement se marient aux murmures de l'eau pour associer les sonorités, les rendre plus riches, plus intéressantes.
L'idée des collages sonores est auditivement pleine de ressources.


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Légende
1- capteur sonore
2- mur
3- pompe et circuit d'eau

Le site d'Aciréne




Autre exemple, celui d'un couple de fabricants aménageurs américains, Mary et Bill Buchen, oeuvrant au sein de la structure "Sonic Architecture" à New-york.
Dans les même visées que l'association précédemment citée, mais avec des pratiques et des esthétiques différentes, Mary et Bill Buchen travaillent aussi à sensibiliser les jeunes écoutants-acteurs  à l'environnement sonore ambiant.

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Le site "Sonic Architecture" pour en savoir plus



Autre exemple de parcours sonore ludique et pédagogique, cette fois-ci situé au Luxembourg, le Klanglandschaften de la commune de Hoscheid, dans le parc naturel de l'Our.
Ce sentier de randonnée sonore, propose, tout au long de ses 6,5 km, 17 haltes sonores, où des sculptures réalisées par des artistes, invitent les promeneurs de tous âges à jouer avec les sons et leur cadre naturel.
Deux des principaux artistes ayant participé au projet sont
Will Menter, artiste sonore envronnemental bourguignon, et Michael Bradke, enseignant musical féru de constructions sonores.

Quelques images du sentier sonore

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Choeur de la forêt de Will Menter

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Marimba Alouette de Will Menter

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L'ilôt d'écoute de Laurent Remiche

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Le xylophone terestre de Michael Bradke le parcours sonore de CVavan , en Bretagne

Pour en savoir plus, Le site du sentier sonore



le parcours du Centre de découverte du son de Cavan dans le Trégor, en Bretagne
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Toujours dans un même esprit de découverte, hors musée scientifique et salle d'expérimentation, mais plutôt en milieu naturel, l'association bretonne, via un sentier parsemé de jeux sonores, propose aux petits et grands de toucher du son, d'écouter les milieux naturels, de jouer tout simplement avec ses oreilles grandes ouvertes et ses mains curieuses
Cette action pédagogique, au départ située dans l'espace géographique circoncis du sentier, a progressivement débordé sur un territoire d'écoute régional que constitue le Trégor, avec comme principal objectif d'appréhender les notions d'identité sonore propres à un site, un territoire, une région.

Le sentier sonore en Trégor

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Découvrez, écoutez le sentier sonore

Ces quelques exemples, non exhaustifs, permettent de mieux comprendre l'extraordinaire richesse de tout une recherche pédagogique autour de l'écoute. Recherche où des artistes et des gestionnaires de projets éducatifs s'associent dans un même but : Faire toucher du doigt, dans le sens propre et figuré, à des publics somme toute très novices dans leur acte d'écoute environnemental, les ressources naturelles auditives. C'est ainsi que les  jeux sonores, parcours ludiques, sentiers de découvertes, installations environnementales... participent pleinement, comme outils d'exploration sonore, à la découverte de milieux auriculaires à la fois si  familiers  et pourtant tellement méconnus.
















par Gilles Malatray publié dans : Réflex'sons communauté : ECOUTE ECOUTE
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Mardi 5 février 2008

LA PEDAGOGIE DU PAYSAGE SONORE (3)

Par l'exemple


Sonic Postcards
Cartes postales sonores du Monde
pour et par des  enfants...

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C'est en Angleterre, à Londres exactement, sous la houlette de Laurence becca, qu'est né le projet Sonic postcards, qui a d'ailleurs maintenant largement dépassé les frontières de son pays natal.
Peut-être l'aurez vous deviné, le site de Sonic Postcards est rédigé en anglais. Cependant, sa richesse et l'abondance de ses exemples font que, même les plus réfractaires à la langue de Shakespeare y trouveront leur compte

L'argument initial est très simple. Il s'agit de travailler sur l'écoute des  environnements sonores ambiants avec de jeunes enfants, pour les sensibiliser à une approche écologique de ce que les anglo-saxons, à l'instar de ce Robert Murray Shafer noment les soudscapes. Par delà de cette apparence simplicité, se met en place toute une stratégie pédagogique, une gamme d'outils appropriés, et un large réseau de diffusion via internet, tous participant à l'émulation du projet.
La partie la plus importante du travail, dans une pratique issue des phonographies dont nous avons déjà parlé ici, consiste en la transformation d'enregistrements d'environnements locaux en  paysages sonores, dans la mouvance des compositions électroacoustiques paysagères.
Et là, le résultat est tout bonnement époustouflant.
Bien sûr, on pourrait rétorquer que le travail pédagogique et ses aboutissants n'est pas forcément une création artistique, en tous cas parmi celles que l'on pourrait ranger dans la catégorie des arts sonores, de plein pied avec les compositions acousmatiques des "grands maîtres". Néanmoins, cet apprentissage utilisant des méthodes bien rodées par les sound artists, sound designer et autres artisans du son, fait rentrer ces pratiques pédagogiques dans des champs  expoités par tous les courants "paysagers" des artites sonores.

Les enfants, écouteurs manipuleurs en herbe, avec l'encadrement a priori très efficaces de leurs enseignants, et aidés d'exemples
de compositions sonores en igne sur le site de Sonic Postacards, se montrent de véritables maîtres dans la construction de paysages sonores.
Au delà des sons "propres", voire parfois très beaux, des montages, mixages et traitements exécutés avec maestria, on est admiratif devant la diversité des propositions et souvent devant leurs qualités esthétiques, la pertinence des partis-pris compositionnels et la sensibilité des approches.

De plus, les créations sonores sont centralisées et mises en ligne de façon très ludique sur le site même du projet Sonic Postcards. Cette mise en ligne se présente sous forme d'un mapping (cartographie des sons) dans lequel se déplacent de jeunes personnages pour nous emmener vers les sources sonores, après que l'on ait cliqué sur un point de la carte, ou que l'on ait déplacé les personnages vers des pastilles sonores, à l'aide des flèches directionnelles du clavier.
Cliquez ici pour voyager dans la carte des ambiances sonores.

Ces Phonographies sont souvent accompagnées de textes, de commentaires, et parfois d'images ou de videos illustrant les  travaux en cours de réalisation.

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Une autre page du site nous propose une play-list écoutable de différents montages sonores, dans une présentation plus austère, moins ludique, mais non moins efficace (en version flash ou non).
Cliquez ici pour accéder à quelques archives sonores.


Une autre page encore présente de petits jeux, tableaux sonores intéractifs (sound toys) où l'on peut cliquer pour se créer ses petits parcours auditifs personnels, voire même fabriquer son propre jeu sonore par simple glisse-déposer à l'intérieur d'un cadre intéractif.
Cliquez ici pour accéder au sound toys.


Côté ressources pédagogiques, au-delà des exemples déjà cités, on trouvera toutes les infos concernant le projet (project info), et un teacher pack, regroupant conseils pratiques, techniques, technologiques, pour que l'enseignant, via les sonic Postcards, conduise ses projets avec un maximum d'outils.


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Gageons que projet innovant, par la qualité de ses rendus, la richesse de ses outils, sa vocation participative, contributive, chacun apportant sa pierre sonore à l'édifice, pour l'enrichissement permanent du site, participe à une sensibilisation non négligeable des jeunes et moins jeunes, dans une démarche située entre écologie sonore et approche esthétique également sonore.













par Gilles Malatray publié dans : Réflex'sons communauté : ECOUTE ECOUTE
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Lundi 28 janvier 2008
LA PEDAGOGIE DU PAYSAGE SONORE (2)
Par l'exemple


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Après l'écoute des paysages sonores urbains, voici une nouvelle approche alliant des travaux phonographiques, des créations sonores, sur support ou en performances in situ, et des interventions pédagogiques avec des enfants, tout cela bien sûr en relation étroite avec l'environnement et le paysage sonore.
L'exemple que je vous propose aujourd'hui est assez original dans sa démarche, surtout par le choix du site et des matériaux sonores.
Concernant le site, il s'agit d'une centrale thermo-électrique sur la commune de Cordemais,  située  en Loire Atlantique, sur l'Estuaire de la Loire.
Les matériaux sonortes seront donc essentiellement tirés de la fée électricité.

C'est le collectif artistique "Volume-Collectif", avec trois de ses membres, Yannick Dauby, Hugues Germain et Christophe Havard, qui est à l'origine de ce projet.
Prendre comme fil conducteur une centrale électrique est en effet peu  banal. Tout d'abord, il s'agit d'une construction industrielle qui s'impose fortement dans un paysage plutôt rural, tant par l'ampleur de ses bâtiments, que par le maillage, lui aussi imposant, voire envahissant, des pylones et des lignes électriques qui  sortent de la centrale pour s'étirer en réseaux au travers du paysage.

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Centrale électrique de Cordemais



Ensuite, au niveau du sonore, on  se trouve en présence de bourdonnements (le fameux 50 Htz fréquence de l'électricité, en tout cas en France), de grésillements (les phénomènes électrostatiques des lignes  électriques), de bruits d'usine parfois violents (le dégazage de la centrale par exemple)...
En bref, on trouve ici tout ce qui pourrait être assimilé à des vecteurs de pollution visuel et sonore, et qui est en fait traité comme une approche  identitaire du paysage sonore, dont l'épicentre est la centrale et ses prolongements au travers des lignes et pylones  s'enfonçant dans la campagne.

Cette approche réfute la connotation négative que l'on pourrait plaquer d'emblée à une activité industrielle, pour n'en garder au contraire, à travers des captations sonores et des écoutes distanciées, que les grandes richesses et diversités des sons émis par les tansformateurs, les sons de maintenance du site et les lignes distribuant l'électricité.
Le paysage ambiant de Cordemais est ainsi revisité par le biais de l'électricité, de ses sons spécifiques, de ses résonances sociales, et de l'imaginaire généré par la présence de ces installations qui s'impriment fortement, visuellement et auditivement, dans un territoire.

Prises de sons, interrogations de riverains, d'autochtones, d'ouvriers travaillant à la centrale, travaux pédagogiques avec des élèves d'écoles voisines, qui eux aussi partiront à la cueillette de sons au travers ce parcours énergétique,  l'écoute est bien au centre de cette réapropriation par l'oreille de son territoire. 
Mais la création sonore, celle qui fera basculer l'approche d'une perception environnementale au quotidien vers une création paysagère sonore est aussi très importante dans le projet pédagogique.
Tout d'abord sous la forme de montages audionumériques. De simples reportages autour du quotidien sonore de la centrale, on passera vers des montages et traitements qui offriront toute lattitude pour que l'imaginaire se construise de nouveaux espaces de rêves, d'écoute, des centrales virtuelles, des paysages à la fois emprunts du réel mais aussi façonnés par l'imagination des bricoleurs sonores, professionnels ou scolaires.
Des concerts performances  participeront également à la construction d'univers sonores en lien direct avec les activités de la centrale. Ainsi, des musiciens s'installeront tout prêt des transformateurs, et improviseront à partir des bourdonnements ambiants (drones  chez les  anglophones)  pour jouer in situ, en live, à mêler des sons instrumentaux, électroniques, aux sonorités ambiantes du site.
Seront également donnés chez l'habitant, de petits concerts où l'on réécoutera, en les commentant, des phonographies locales, des montages électroacoustiques, dont les matières sonores locales seront les vedettes.
Expositions, collectes patrimoniales, travaux de sensibilisation scolaire, improvisations, collectages audio et montages électroacoustiques, tout un panel d'actions  est mis au service de l'écoute, en d'une sorte d'installation paysagère du sonore, dans un environnement très localisé et fortement imprégné de ses sons d'électricité.
Ces sons sont tellement ancrés dans une réalité quotidiennne, qu'ils sont perçus, entendus, sans vraiment jamais être écoutés, et encore moins analysés, au moins jusqu'à la venue sur le territoire du collectif "Volume-écoute"

Pour tout savoir sur ce projet écologico-sonore, le site "Cordemais écoute l'électricité" est très bien documenté, proposant images, réflexions écrites et surtout phonographies originales qui feront saisir à nos yeux et oreilles toute la pertinence de la démarche, où arts sonores et pédagogie servent efficacement la compréhension de nos espaces de vie auriculaires.

A visiter  également  un article concernant ce projet sur le site de Sonhors










par Gilles Malatray publié dans : Réflex'sons communauté : ECOUTE ECOUTE
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Mardi 8 janvier 2008
LA PEDAGOGIE DU PAYSAGE SONORE (1)
Par l'exemple





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Bastien Gallet, dans son ouvrage  "Composer des étendues", parle des  "paysagistes sonores" comme des artistes ne cherchant pas à révéler des caractèristiques acoustiques d'un lieu, sous-entendu à "apprendre" ce lieu , à mieux le connaître par l'écoute, mais plutôt d'artistes se servant d'un lieu comme support à ce qu'il veulent nous faire entendre.  L'auteur nous explique que, si l'on ne peut pas gommer l'empreinte acoustique préexistante d'un lieu, on peut "agir par recouvrement", en lui plaquant une "seconde peau sonore", via l'installation, qui viendra, par superposition, modifier  notre perception d'un espace. Cette approche est très intéressante, offrant une perspective de composition paysagère purement esthétique. Le lieu est au service de l'oeuvre, il prête ses espaces, ambiances sonores  comprises, pour la création de nouveaux paysages auriculaires surajoutés
Toutefois, certains artistes ont la volonté de révéler les espaces ambiants, par des projets éducatifs couplant des expériences d'écoute in situ, des dispositifs d'amplification, des outils de traitement permettant la reconstruction de paysage, et ceci dans une approche à la fois ludique et pédagogique. Dans ces démarches, le sensoriel, l'analyse, l'expérimentation jouent conjointement un rôle important, sans pour autant négliger l'approche esthétique, jusqu'au geste de création artistique que l'on qualifiera ici d'oeuvres sonores paysagères.
C'est bien souvent, et de façon très logique, d'une pédagogie de l'écoute dont il s'agira de prime abord.
Capter son environnement, le comprendre, apprendre à l'aimer sans préconçus, sans le passage obligé qui ramène trop souvent la quasi totalité de l'écoute environnementale aux bruits, aux nuisances, à la pollution sonore, aux mesures répressives, aux droits et aux devoirs, est certainement l'un des objectifs prioritaire...
Montrer que l'environnement peut aussi être, y compris en milieu urbain, source de plaisir, voire de jouïssance, à l'égal d'une composition musicale, d'une création sonore, constitue une ligne de conduite qui amènera les artistes sonores à inventer de nouvelles postures d'écoute, de nouveaux outils, matériels ou intellectuels, de nouvelles formes de créations paysagères.
Parmi les outils, les phonographies (fields recording) seront bien évidemment l'un des premières moyens de poser une oreille neuve sur le paysage, de lui trouver des cadres d'écoutes, des champs auditifs, des profondeurs, des tonalités, des ambiances, d'en déceler la richesse (ou la pauvreté) des sources, les effets acoustiques que comporte intrinsèquement chaque lieu.
Le traitement audionumérique, offrant la possibilité de monter, mixer et traiter les sons de l'environnement, complètera logiquement la trousse à outils du "paysagiste sonore", lui permettant de recréer ses propres terrains d'écoutes, ses jardins sonores virtuels, sortes de paysages sonores idéalisés, ou au contraire territoires auditifs inquiètants, obscurs et tragiques, à la manière d'un Jérome Bosh.
Toutes les écoutes-visionnaires sont permises.
Enfin, l'installation, qu'elle soit acoustique ou matérialisée via une conception plastico-sonore, la sculpture, un dispostif d'amplification in situ, en temps réel, et toutes autre démarche touchant les travaux de plastiques sonores viendront, comme le dit Bastien Gallet, ajouter les couche d'écoute à celle préexistante, titillant l'oreille (et l'oeil) dans une nouvelle approche de nos écoutes ambiantes.
Mais le plus explicite est de se servir d'exemples de terrains, déjà réalisés, pour montrer l'intérêt de ces pratiques pédagogiques audio-paysagères.

Au départ, en écrivant cet article, je pensais proposer un tour d'horizon global de ce qu'étaient les pédagogies paysagères, abordées au travers du filtre des arts sonores. Mais, au fil de l'écriture, j'ai pensé, devant la richesse des expériences, qu'il vallait mieux thématiser, et donc réduire quelque peu cette approche, en prenant un exemple spécifique,  pour ne pas aborder trop superficiellement le sujet.
C'est donc un premier volet consacré aux "villes sonores" que je vous propose ici.

Commençons notre petit tour d'horizon avec Jean-François Cavro, artiste lyonnais, preneur de son qui n'a de cesse que de parcourir le Monde, micros en main et oreille affutée, pour tenter de nous faire toucher du doigt (et de l'ouïe) l'identité sonore d'une ville.
Quelles sont les composantes sonores qui façonnent les cités ?
Notre oreille s'y retrouve t-elle, s'y repère t-elle, prend-elle du plaisir à arpenter les rues tous pavillons dehors ?
Que peut-on considérer comme des ancrages de notre écoute, des phares auditifs, des repères sonores temporels, géographiques, patrimoniaux, culturels, qui font que l'on se reconnaîtra dans nos espaces de vie ?
Que se passera t-il demain si l'explosion géographique urbaine, ammorcée dès le XIXe siècle s'intensifie encore ? Comment contrôlerons-nous les sons ambiants, préserveront - nous des havres de paix, des ilôts de plaisir auriculaires, où la communication sera aisée, où l'écoute restera riche belle et diversifiée ?
Quelle(s) trace(s) peut-on garder d'un environnement sonore constamment mouvant, et quelle et la valeur ce cette trace ?
Enregistrer la ville, c'est certainement aborder ces questions, à la fois patrimoniales et prospectives.
La pose de micros aux quatre coins de l'espace urbain, essentiellement publique, le montage sonore,  entre portraits - carte postale de villes et subtiles compositions de Jean-François Cavro, me poussent à réfléchir à toutes les questions que je viens d'écrire.
L'acte pédagogique est fort. Capter et proposer à l'écoute les sons de la ville relève d'une volonté didactique, d'une médiation entre environnement sonore urbain et écoutants potentiels, d'une pédagogie active et sensorielle, pour petits et grands.
Pédagogie à destination de l'adulte, citoyen plus ou moins conscient de son rôle non seulement d'écouteur publique, mais aussi de fabriqueur et modeleur, souvent inconscient, d'environnements sonores
Pédagogie également pour les enfants, citoyens en devenir et futurs garants de nos espaces de vie. Lourde tâche au regard de ce que nous leurs laissons en héritage !
L'autre façon de sensibiliser un plus grand nombre aux aventures sonores urbaines qu'utilise JF Cavro, est de partager nombres de belles prises de son,  de la ville de Pondicherry par exemple, accessibles à tout un chacun via le média internet. (voir les liens en fin d'article)

Voici, extrait, d'un site d'éducation du Ministère de la culture, un article qui explique de façon fort complète et claire, le travail de Jean-françois Cavro, artiste sonore éco-urbain.



Le son, la musique et la ville

… En tendant l’oreille,

les bruits racontent le monde…

Jean François CAVRO  : compositeur – artiste du son

 

44 rue Raulin 69007 Lyon France

 

email : jfcavro@yahoo.com

 

”Dans La génération Invisible, j’envisage les possibilités qu’offrent des milliers de personnes munies de magnétophones portatifs, des messages transmis comme par tam-tam, une parodie d’allocutions présidentielle résonnant à travers balcons, fenêtres, murs et cours, à laquelle font écho des aboiements de chiens, des gromellements de clochards, des bribes de musique et des rumeurs de circulation dévalant des rues ventées, traversant les jardins publics et des terrains de foot. L’illusion est une arme révolutionnaire.“

 

William BURROUGHS - ”La révolution électronique“

 

“Bien plus que les couleurs et les formes, les sons et leurs agencements façonnent les sociétés. Avec le bruit est né le désordre et son contraire : le monde. Avec la musique est né le pouvoir et son contraire : la subversion. Dans le bruit se lisent les codes de la vie, les rapports entre les hommes. Clameurs, mélodie, dissonance, harmonie ; lorsqu’il est façonné par l’homme avec des outils spécifiques, lorsqu’il envahit le temps des hommes, lorsqu’il est son, le bruit devient source de projet et de puissance, de rêve : musique.”

 

Jacques ATTALI - “Bruits”

 

”Les sons n’ont pas de but ! Ils sont ! tout simplement. Ils vivent. La musique, c’est cette vie des sons, cette participation des sons à la vie, qui peut devenir – mais pas volontairement – une participation de la vie aux sons. En elle-même, la musique ne nous oblige à rien.“

 

John CAGE - ”Pour les oiseaux”.

 

“Si on faisait passer le public par un sas – sans que cela ne devienne un rituel – où on lui demande d’arrêter de parler, de s’agiter, si on l’habituait à une lumière moindre, s’il avait le temps de faire le vide en lui, il serait plus aisément atteint par le spectacle. Le public doit travailler. S’il ne travaille pas, c’est un art de digestion, de distraction. (…) C’est un effort de découvrir un livre qui parle de choses inconnues, de lire la science, la philosophie, assister à un spectacle aussi si cela doit faire atteindre d’autres choses. Je joue avec les seuils de perception. On perçoit des choses différentes si on perçoit les sons bas et si on doit faire un effort pour les entendre.” – Claude REGY, Metteur en scène - interview : libération du 17 avril 2004

 

“J’aime l’anarchie des cités, la crasse, l’air vicié, le danger dans la rue.

 

Ce qui me plait à moi, c’est les klaxons qui gueulent et les trottoirs sales.”

 
Charles BUKOWSKI
 

”L’environnement inclut la distance. (…) Le problème de la distance est un thème récurrent chez moi. Je n’aime pas être trop près ni trop loin. Je n’ai jamais trouvé la bonne distance.” Raymond DEPARDON - “Errance


Jean François CAVRO,compositeur et artiste du son, élabore depuis plusieurs années une œuvre musicale appartenant au quotidien. Son écoute ne repose plus sur l’obligation d’en suivre d’un bout à l’autre le déroulement. Il s’agit d’une musique dont chacun des instants qui la composent se suffisent à eux-mêmes. Les événements sonores que le compositeur propose font éclater l’espace et le temps traditionnels du concert. Sa musique est partout où nous nous activons. Le temps musical ne se limite plus à la cérémonie du concert. L’espace est pris totalement en compte. Jean François CAVRO se définit alors comme l’organisateur qui aménage et assume les conditions de la liberté d’écoute de l’auditeur.

Jean François CAVRO travaille sur une conception “paysagère” de l’œuvre artistique, dans laquelle le créateur est celui qui met à disposition un système de révélations, destiné à être pratiqué par les spectateurs eux-mêmes. Cette conception de l’œuvre se situe hors du champ de la représentation, hors de l’écran élitiste. Cette approche du travail de l’artiste produit nécessairement une ouverture de l’œuvre. L’accent est fortement porté sur les possibilités et les transformations que l’œuvre est susceptible de produire dans la vie ordinaire.

Jean François CAVRO est un artiste du son urbain. Son matériau c’est la Ville, une ville qui s’exprime, qui se manifeste. Le bruit, c’est l’autre. La sécurité, c’est de se sentir à plusieurs, savoir où est l’autre, de sentir sa place... alors que le silence, c’est l’abandon.



Personne ne peut vivre sans faire de bruit…

Jean François CAVRO travaille sur la mémoire sonore des villes. Partout, dans les métropoles du monde entier, les flux urbains, la circulation automobile et les climatiseurs imposent leur empreinte sonore dominante. Depuis le milieu du siècle dernier, l’industrialisation et la mécanisation ont imposé aux villes une nouvelle cartographie sonore. Les villes adoptent leurs nouvelles identités et les façonnent selon leurs propres codes. Ainsi, des centres commerciaux aux complexes sportifs ; des conversations anonymes aux marchands et aux musiciens des rues ; Tokyo n’est pas au même diapason que Lyon et Montevideo ne sonne pas comme Bombay. Il existe un langage des villes qui n’est pas seulement relatif à la langue qui y est parlée.

L’histoire du son est celle de la perte de sa valeur de repère dans notre environnement contemporain, par sa multiplication et le chaos qui en découle. Un environnement sonore reflète les conditions qui le produisent et fournit de nombreuses informations sur le développement et les orientations d'une société. Lorsque l'on voyage, les sons nouveaux nous frappent. Le paysage sonore du monde change. Les bruits de la nature disparaissent, masqués par l'omniprésence de la machine industrielle. L'homme moderne habite aujourd'hui un univers acoustique qu'il connaît peu ou mal. L'homme occidental laisse, partout dans le monde, sa carte sonore, sous forme de technologie venue, ou inspirée, de l'Occident. Des bruits, il y en a partout. Certains prédominent et masquent totalement une multitude d’autres “petits bruits” proches de nous, qui sûrement nous aideraient à mieux vivre si l’on pouvait les entendre. La multiplication sur toute la planète des usines et des aéroports rejette la culture locale à l'arrière-plan. Où que l'on voyage aujourd'hui, cela s'entend, mais n'est frappant que dans les endroits du monde les plus reculés. L'augmentation des niveaux sonores constitue le trait le plus marquant de l'environnement acoustique de l'industrialisation. Le monde souffre d'une surpopulation sonore. L'information acoustique est si abondante que seule une part infime en est perçue de façon distincte. Dans ce paysage sonore poussé à son extrême, il devient impossible de savoir, lorsqu'il y a message, ce qu'il faut écouter.

Entendre, c’est ainsi se confronter à l’inéluctable. Autant l’œil peut s’amuser à ne regarder que ce qui l’intéresse, autant l’oreille subit et reçoit un foisonnement de sons. Ces sons nouveaux diffèrent en qualité et en intensité de ceux du passé. Des bruits plus nombreux et plus puissants, difficiles à distinguer les uns des autres, ont envahi, de toute part la vie de l'homme.

Quelle est alors la relation entre l'homme et son environnement acoustique ?

Qu'arrive t-il lorsque ce dernier se modifie ?

- Ecouter et Relever les nombreuses et parfois imperceptibles traces sonores, c’est tout d’abord trier l’anecdotique et le superflu de l’incontournable pour ensuite décoder l’âme sonore de la ville. Les bruits les plus nombreux et les plus élevés en décibels ne sont pas toujours les plus caractéristiques de l’identité d’une ville et de l’activité de ses habitants.

- Travailler sur un paysage sonore c'est relever les changements intervenant dans la perception et le comportement de ceux qui l'habitent.

- Interroger et modifier son environnement sonore devient alors un geste citoyen.

- Composer un portrait sonore c’est ensuite tenter de hiérarchiser le chaos, de re-équilibrer le paysage environnant en inscrivant les empreintes sonores dans une forme redéfinie, idéalisée...


Un paysage en tant que son n’a pas d’existence propre en dehors de l’écoute qui est portée sur lui.


Montevideo – Uruguay – 2002

Écouter ,

c’est d’abord

se taire

pour mieux

entendre .

école Maternelle Painlevé – Lyon – 2003


Calcutta – India – february 2003

Une image n’évoque jamais un son alors qu’un son évoque toujours une image .
Jean François CAVRO

Il est diplômé du Conservatoire National de Région (CNR - classe de Denis Dufour) et du Conservatoire National Supérieur de Musique (CNSM - classe de Philippe Manoury et Denis Lorrain) de Lyon, en composition instrumentale, électroacoustique et informatique musicale. Il a également suivi le cursus de DEAIRCAM (Institut de Recherche et de Coordination Acoustique/Musique - PARIS). Son travail de composition tente de rendre indissociable le langage instrumental, l’univers sonore concret et électronique et les paysages sonores urbains. musicologie du XX ième siècle à l’

Il se présente comme artiste du sonore en développant parallèlement à son travail de composition un vaste projet sur les paysages sonores, mémoire vivante du monde contemporain. Ce travail sonore s’inscrit dans une réalité urbaine. Son approche de musicien ouvre un champ autre à la lecture classique d’une ville : il nous révèle les sons et la voix de la ville. Par une exploration passant par la collecte d’instantanés sonores, il élabore une cartographie nouvelle. Elle alterne des échelles de sons diverses partant du fond sonore général d’un hall de gare jusqu’au détail comme la voix d’un marchand ambulant dans la rue... vrai puzzle ou kaleidoscope sonore renvoyant aux multiples facettes et images urbaines.

Il définit la ville non seulement comme un lieu mais aussi comme une accumulation de mouvements pluriels et d’expériences simultanées. La ville est un véritable palimpseste où se lisent les couches de l’histoire : les bâtiments gardent en eux une mémoire. Ils sont le témoins d’une époque, d’un temps passé, présent ou futur. A l’inverse l’environnement sonore est oublié, fugace, éphémère. jean françois CAVRO fixe cette mémoire sonore en perpétuelle transformation et nous permet de l’analyser et de mieux comprendre ainsi notre société. Celle ci est de plus en plus urbaine, les sons industriels remplacent un par un les sons naturels. Les villes s’étalent dans une péri-urbanisation. jean françois CAVRO nous éclaire, par sa démarche, sur l’évolution de ce phénomène. Par ses constats et questionnements il peut donner des réponses et des orientations à suivre pour les acteurs de la ville. Par son travail minutieux de construction et de déconstruction sonore, le compositeur nous pose ainsi les questions : “Aujourd’hui où vivons nous et Que devons nous écouter ?”. Cette simple question constitue peut-être tout l’enjeu d’une composition musicale conçue dans une réalité sonore urbaine : témoigner de l’identité sonore des villes. Une telle prise de conscience peut sans doute contribuer à révéler la vigueur des lieux dans lequel nous vivons.

Des sites à voir et à entendre :

http ://perso.wanadoo.fr/topophonicity
http://audioblog.arteradio.com/mapping-the-world-with-sounds/frontUser.do?method=getHomePage






par Gilles Malatray publié dans : Réflex'sons communauté : ECOUTE ECOUTE
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Vendredi 28 décembre 2007
DANS LA FAMILLE DES ARTS SONORES
JE VOUDRAIS




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Des artistes qui :
 
* Soient plasticiens mais utilisent également à bon escient le média son
* Soient musiciens ou artistes sonores mais pratiquent aussi les arts plastiques
* Soient performeurs, improvisateurs, poètes sonores, lecteurs, souffleurs de mots...
* Pratiquent la vidéo mais travaillent aussi le sonore à importance au moins égale avec l'image
*Travaillent sur l'espace de monstration, l'architecture, par des installations in situ, des parcours d'écoute
* Travaillent le sonore et le multimédia pour et avec les outils et canaux de l'Internet
* Travaillent sur des installations ou sculptures environnementales, soient défenseurs de l'écologie sonore (Sound Ecology, Soundscape, fields recording...)
* travaillent autour de la création radiophonique pour élargir le champ d'écoute des radios "boîtes à musiques"
* Travaillent autour du graphisme ou des arts visuels et plastiques, comme représentation du sonore
* Pratiquent la sculpture sonore, la "bricophonie", l'objet de récupération installé...

* Travaillent à la construction de réseaux, de créations collectives, de "WebSoundCam"...
* Travaillent dans le domaine des arts de la rue en développant de nouvelles créations sonores en espace publique
* Soient directeurs artistiques de labels indépendants, croisant production discographiques, installations, performances, objets graphiques et plastiques...
* Travaillent autour des différentes formes du design sonore ( signalétique, sons d'objets, habillages sonores de radios, de sites internet, de supports audio et vidéo, créations pour le spectacle vivant...)
* Soient musiciens acousmates mais sortent des lieux culturels habituels pour installer leur sons hors les murs des salles de concerts
* Travaillent par le biais de la lutherie expérimentale à la conception de nouveaux instruments, ou d'instruments améliorés, détournés, adaptés...
* Explorent des voies pluridisciplinaires et sont difficiles à classer dans les catégoris "classiques" (Musiciens, plasticiens, acteurs, luthiers...)
* Collectionnent amoureusement instruments ou objets sonores pour tenter une "petite histoire du son"
* Soient organisateurs ou initiateurs de festivals, de rencontres, d'expositions autour des arts sonores (ils sont hélas encore bien rares à s'y aventurer franchement)
* travaillent à l'écriture d'une histoire, ou d'une parcelle d'histoire, des arts sonores
* Enseignent un ou plusieurs domaines des arts sonores, ou tout au moins sensibilisent les étudiants des écoles d'art, de musique...
* Travaillent à la construction de ressources documentaires autour des arts sonores (exercice difficile aux vues des ramifications et imbrications ihnérentes à ces pratiques)
* Travaillent à la conception d'objets, de sculptures ou d'installations sonores ludiques, pédagogiques...
* Conçoivent des audio-guides spécifiques, des sound-walk, des jeux de rôle sonores...
* Maltraitent des jouets sonores pour les faire accoucher de nouveaux sons, les transformer en synthétiseurs du pauvre, sont adeptes du Circuit Bending et du D.Y.I...
* Soient adeptes de la création numérique avec un fort penchant pour le sonore
* Amènent le sonore dans des musées ou expositions, considérant la valeur patrimoniale du son autrement que comme un simple habillage redondant de l'image.
* Et bien d'autres encore, qui oeuvrent pour le bohneur de nos oreilles, que je ne connais pas ou que j'oublie !!!
par Gilles Malatray publié dans : Réflex'sons communauté : ECOUTE ECOUTE
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Mercredi 12 décembre 2007
ENVIRONNEMENT ET PAYSAGES SONORES
ARTS SONORES ET ESPACES AMBIANTS

Dans cet opus 2 consacré à l'environnement et au paysage sonore, nous aborderons l'installation du son, à partir du moment où l'une de ses principales visée est en rapport étroit avec l'environnement. Avec ces installations au sens large du terme, qu'elles soient purement acousmatiques ou convoquent des réalisations plastiques, sculpturales, des principes mécaniques, voire des actes performatifs, plusieurs approches seront abordées. Le son installé pourra être un  moyen, de mettre en valeur l'esthétique audible des milieux, le révélateur des composantes auriculaires, l'initiateur de démarches ludiques ou le pourvoyeur d'outils pédagogiques pour ouvrir nos oreilles sur le Monde...

Les arts sonores et les espaces ambiants


La révélation de l'espace sonore

Installer du son, c'est forcément jouer dans l'espace, et surtout avec l'espace. Lorsque l'on considère l'espace publique, et plus particulièrement l'espace extérieur force et de constaté qu'il est déjà fortement habité par les sons, surtout en milieu urbain. Pourquoi donc rajouter du son aux sons ? Même avec des visées esthétiques très affirmées, le fait de surenchérir dans un espace auditif parfois saturé, et qui plus est si l'installation est pérenne, ne risque t-il pas de provoquer une réaction de rejet par les passants auditeurs et riverains.
 Le cas De Max Neuhaus est emblématique, en tous cas pour ce qui est du travail avec l'espace doublé d'une conscience aigu de l'environnement sonore, y compris concernant les préoccupations écologiques actuelles. Depuis trente ans, Max Neuhaus réfléchit et travaille sur les relations des sons, des espaces de vie et du rôle de révélateur que peuvent jouer des installations sonores in situ. La première action artistique et militante que nous pouvons citer est Listen. Listen n'est pas une installation, mais plutôt un parcours performance pour aller à la découverte des sons "naturels, urbains, comme Cage lui-même a souvent tenter de la faire. Il s'agissait au départ d'emmener un groupe sur des lieux préalablement repérés pour la richesse de leurs sources, ou des effets acoustiques présents, en lui donnant la consigne d'écouter, tout simplement ! Pour accentuer la consigne, Neuhaus tamponnait le mot "Listen !" sur les mains des participants. Puis, plus radicalement, il s'es contenté d'afficher, dans certains lieux, de grands panneaux toujours avec cette consigne d'écouter. Cette fois-ci, le son urbain devenait, par la seule force de proposition de Neuhaus, une installation permanente et omniprésente, accessible à tous et à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. A condition de bien vouloir rentrer dans le jeu  et partir à la découverte de nouveaux territoires d'écoute.


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Time Space de Max Neuhaus



En écoute
Time Space de Max Neuhaus



Deuxième exemple tiré de l'oeuvre de Max Neuhaus : Time piece, une installation sonore pérenne conçue pour les alentours du Kunsthaus, musée de la ville de Graz en Autriche. L'installation procède uniquement par des sons installés, sans autres mécanismes. Au pourtour du musée, dans le jardin public, sont installés des Hauts-parleurs diffusant en acousmatique (sans voir les sources), des sons sinusoïdaux agrémentés d'harmoniques, et ceci à des instants précis. Ces sons sont déclenchés toutes les heures, moins dix minutes (midi moins dix, une heure moins dix...). Ils partent du silence et, sans attaque audible, montent en puissance, progressivement, durant cinq minutes. Ils ne sont donc que peu ou pas perceptibles, tant leur neutralité et leur très lente évolution les fondent dans l'environnement sonore ambiant. Au bout de cinq minutes, ils stoppent brutalement et là, l'auditeur les perçoit nettement par ce que l'on appelle l'effet de coupure, c'est à dire leur soudaine absence de l'écoute, supprimés net par un arrêt "coup de sabre".
Nous avons tous fait l'expérience d'une ventilation bruit de fond, que son omniprésence masquait à notre écoute, et qui tout d'un coup s'arrête. Le "silence" subit que génère cet arrêt nous fait percevoir rétrospectivement, par son absence, l'importance que tenait ce son dans l'espace, et de ce fait, nous le conservons en mémoire alors que nous ne l'entendions plus lorsqu'il se produisait. De plus, sa libération de l'espace qu'il occupait décuple notre écoute, et nous fait percevoir des détails auditifs dont nous n'avions pas spécialement conscience. Neuhaus joue à fond sur ce jeu de perception, cet effet de coupure à la fois si simple et si spectaculaire, pour émoustiller notre écoute.
Mais sa démarche va encore plus loin. Les fréquences des sons diffusés et brusquement arrêtés sont calquées sur celles des cloches de la ville. Lesquelles se mettront en branle quelques minutes après la fin du signal de Neuhaus, en réminiscence sonore du son disparu. Cet écho sera d'autant plus fort, plus perceptible, comme un véritable signal culturel rythmant la ville de Graz depuis des années,