LE RETOUR ET LA FIN...
Dernière dans sa forme actuelle en tous cas puisque que, rappelons-le, la municipalité bizontine a, pour d'obscures raisons, décider de ne pas reconduire le projet de l'équipe sortante. Le duo formé par François-Xavier Ruan et Pascal Esseau, a pourtant efficacement oeuvré pour que ce festival acquière une solide notoriété et devienne, au bout de trois années seulement, un lieu de rencontre incontournable des opérateurs culturels et programmateurs de tous horizons.
Les voies de la politique culturelles sont parfois impénétrables...
En attendant, j'ai parcouru avec un plaisir certain, malgré le temps mitigé et l'air plutôt frais, les installations sonores parsemant la ville de Besançon, en faisant au passage moult rencontres d'acteurs culturels et d'artistes fort sympathiques.
Comme d'habitude, je n'ai pas eu le temps de tout voir et entendre, en tous cas dans le parcours des installations, n'ayant pu consacré que deux journées au festival.
Rendre compte de ces deux journées n'est cependant pas chose facile. Même si les installations sonores n'étaient pas forcément des nouveautés, que j'avais déjà eu l'occasion d'en visiter certaines dans d'autres lieux, leurs nombres et le cadre de leur présentation restait important, surtout si l'on prend le temps de discuter avec les artistes et diffuseurs, ce qui est pour moi une condition sine qua non pour bien aborder un festival.
Premier retour sonore.
Mais aussi un public happé, au détour d'une rue, d'une cour, par une installation sonore qu'il ne s'attendait pas à croiser, ne faisant parfois pas le lien entre ce qu'il voit et entend, et la concomitance du festival Musiques de rues. Ce festival est je pense plus médiatisé au niveau du grand public par ses fanfares déambulantes que par ses prosositions touchant aux arts sonores .
Prenons le premier parcours que j'ai suivi, tôt le matin, tout juste en réglage, la Source de Ben Farey, de la Compagnie Tricyclique Dol.

La source à l'Abbaye de Noirlac
Ces objets, si l'on ne perdait pas le fil de l'onde, nous conduisaient jusqu'à la source, cage métallique et végétale ruisselante, d'où une vingtaine de micro-sources sonores, captées par des microphones, étaient mixées pour alimenter les points du parcours. La boucle est bouclée.
Le public non averti était souvent surpris, intrigué, voire quelque peu effrayé d'entendre des grondements dans une poubelle. Un objet piégé, et sonore de surcroit en espace publique ? Public aussi parfois agacé de l'omniprésence bruitiste ce certains objets. Ce qui donna des déplacements intempestifs de quelques sources sonores, faussant parfois le parcours initial. Installer un son dans l'espace public n'est pas innocent et provoque des réactions imprévisibles difficiles à contrôler, peurs et attitudes de rejet comprises, mais elles font partie du jeu, voire même de l'enjeu de l'artiste.
Quand au public venu spécialement pour l'installation, il essayait au mieux de ne pas perdre la source d'oreille pour arriver à bon port, tout en se jouant de ces glougloutis qui tramaient un pointillisme sonore sous forme de jeu de piste auriculaire..
Autre installation plus intimiste, poétique, celle autours des Temps du voyage par la plasticienne Camille Perreau du collectif "Entre Chiens et loups".
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L'orgue de bois de Denis tricot

Acousmaflore de Scénocosme
L'acoustique et le cadre architectural du lieu servant magnifiquement l'oeuvre, Arno Favre explique, avec un sens de la médiation consommé, les petits et grands secrets de fabrication de cette installation aussi belle que singulière. Là encore, le public est conquis, captivé, yeux et oreilles rivés sur cette orchestre de chaussures, que l'on va même jusqu'à applaudir lorsqu'il se tait, chose rare pour une installation sonore qui se voit ainsi personnifiée au rang de véritable ensemble de musiciens. Musiciens-automates restant cependant à la botte et la semelle du compositeur luthier plasticien, via un programme informatique conçu pour l'installation.
A voir et à revoir, sans oublier d'écouter bien entendu !
C'est un bel exemple d'installation plastique et sonore où l'humour est omniprésent, ce qui n'est finalement pas si courant dans la création contemporaine. On découvrait ainsi la mémoire sonore de capsules de bières, de clés de voitures, de noyaux d'olive, d'armoire, d'un miroir, de téléphones...
On pourrait juste déplorer une introduction du guide un peu bavarde, et qui se répète un brin; le public après trois mots d'explication, est à même de découvrir tout seul cette mémoire enfouie au creux des objets du quotidien. Malgré ce léger bémol, cette installatin est vraiment des plus originales.
L'artiste provoqua d'ailleurs la polémique en proposant de se plonger dans un comas artificiel pour que l'on puisse ausculter et manipuler son corps à volonté au cours d'une performance proche du body-art, ce genre performtif que l'-on aime ou que l'on a du mal à supporter parfois dans son côté outrancier et voyeuriste.
Après une courte promenade vaguement guidée, où l'on ne comprend pas vraiment où l'artiste voulait en venir, on se retrouvait enfermés dans une cour intérieure pour un concert de réveils. Et là, ce qui sur le papier semblait fort intéressant se révèlait au final très décevant. L'espace architectural et sonore n'était pas mis en valeur, le public se demandant quand est-ce que cela va commencer, ou finir, et qu'est-ce qu'on attendait de lui. Si le minimalisme est parfois un parti-pris esthétique et formel, encore faut-il qu'il soit assumé et justifié, que l'installation nous interpelle d'une façon ou d'une autre, sinon, cette économie de moyens vire vite à l'indigence, et le public lâche rapidement prise.
Autre déception, les Audio Ballerinas de Benoit Maubrey, que j'espérais voir et entendre depuis un certain temps déja. Et bien je les ai vu et esthétiquement on peut dire que le travail de ces habits de danseurs sonores est très intéressant; et je les ai entendu et là, j'ai été confonté à une esthétique sonore qui n'évoluait que peu, ou pas, et qui malheureusement est devenue vite lassante à l'écoute. De même le côté chorégraphique n'est pas parvenu à réveiller cette performance pour maintenir une attention soutenue au long du spectacle.

Benoit Maubrey, Le paon sonore
Et je regrette vivement de ne pas avoir eu le temps de visiter et d'écouter les installations de Christian Sébille, autour du Doubs, "Imencity of The territory" de abs (.) Hum , Le cabinet itinérant du massage d'oreilles de P. Aubry de la compagnie "Le bruit qu'ça coûte", et autre Fantasio...
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