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Vendredi 18 avril 2008
NOUVEAUX LABELS, ARTS SONORES
ET MUSIQUES EXPERIMENTALES
VERS UN ELARGISSEMENT DES ESTHETIQUES
ET DES PRATIQUES


Au coeur de la "tourmente" discographique, des questionnements existentiels liès à la dématérialisation des marchés musicaux, de ses supports de diffusion, à une importante migration vers les tuyaux d'internet, aux nouvelles pratiques de la Creative Commons, des labels indépendants, défricheurs audacieux, creusent allègrement les sillons de nouvelles explorations sonores.
On peut sans prendre de risques, penser que cette option d'indépendance, face à des majors hégémoniques, permet à des musiciens et autres artistes, d'affirmer et de diffuser des esthétiques qui, à n'en pas douter, auraient bien du mal à entrer, et qui plus est à perdurer, dans les catalogues d' Universal, EMI, Warner, Sony BMG...
Ces mêmes courants esthétiques peineraient certainement à s'afficher en tête de gondoles, voire même à prendre place en rayon chez les Virgin FNAC et autres "grossistes".
Cette démarche d'artisans sonores permet donc à la fois de faire du "ce que l'on veut", hors des courants prémachés de l'écoute unique, et d'adapter ses outils et ses stratégies de diffusion, en direction d'audiophiles exigeants, mais vers des marchés commerciaux attenants.
Mais là ne s'arrête pas l'originalité de ces labels, qui incontestablement amènent un vent d'air frais bienfaisant à nos oreilles, parfois engourdies par la frilosité du marché.
En effet, sous l'impulsion d'artistes bien décidés de se faire entendre, et voir, ces nouveaux labels ont élargi le territoire d'action qui leur étaient traditionnellement réservés.
Ils ne sont plus désormais de simples producteurs et vendeurs de galettes sonores, mais très souvent déclinent l'offre en proposant des produits à l'esthétiques, tant sonores que visuelle, très affirmée. Parfois le support, boîtier de disque et  son accompagnement écrit ou iconographique, sont eux-même conçus comme des oeuvres artistiques, n'ayons pas peur des mots. Ces nouvelles approches induisent une complémentarité, une extension, une symbiose dans le meilleur des cas, entre l'entendre, le voir et le toucher, tout à fait dans les mouvances pluri-artistiques actuelles.
Mais ces extentions multimédia vont parfois plus loin encore. Elles participent aujourd'hui activement à une sorte de résurgence de "l'oeuvre globale", du support enregistré jusqu'à l'installation plasticienne, utilisant la matière sonore dans l'aménagement artistiques d'espaces monstratifs. Lieux d'écoute spécifiques, installations acousmatiques, objets ou sculptures associés, parcours d'écoute, toute la panoplie du monde de l'installation peut se greffer à l'oeuvre sonore ou musicale initiale. De l'étui et de son disque que l'on tient dans la main, jusqu'au parcours sonore installé, en passant par la diffusion, la promotion et la vente via des sites internet, le spectateur-auditeur découvrira un panel éditorial aux multiples facettes par ces nouveaux labels.
C'est donc toute la chaîne, de la création sonore ou musicale, en passant par son habillage, sa médiation, ses extensions pluri-artistiques, et jusqu'à ses modes de distribution qui est ainsi revisitée.

Voyons maintenant de plus près deux exemples parmi ces labels, qui sont d'ailleurs fortement liès à la forte personnalité des artistes les ayant créés.

Tout d'abord Optical Sound, le label créé et animé par l'artiste Pierre Beloüin.
Ce label distribue bien évidemment des disques, optant pour une esthétique musicale et sonore à la fois très signée et soignée par ses couleurs sonores, et très diversifiée dans ses courants, entre minimalisme, phonographie, poésie sonore, doux bruitisme, electro expérimental....
On y trouve des oeuvres de Pierre Beloüin, mais aussi d'artistes compagnons de route qui partagent régulièrement ce parcours éditorial, tel que Rainer Lericolais.
Voici la liste des artistes actuellement distribués par Optical Sound.


Cecile Babiole
Pierre Belouin
Serge Comte
Alain Declercq
Pierre Denan
Thierry Weyd
Joel Hubaut
David Larcher
Rainier Lericolais

Edouard Levé
Dorothee Marot
Joachim Montessuis
Ramuntcho Matta
Bruno Peinado
Erich Weiss
Rebecca Bournigault
Jean-Luc Verna
Brice Dellsperger's
Servovalve
Antoine Schmitt
Loig
Digital Baobab
superamas
Atelier Van Lieshout
Ramona Peonaru
Claude Lévêque


Illustrations Optical sound


Le titre même du label faisant référance à la fois au visuel et à l'écoute le laissant présager, d'autres supports sont proposés, tels les DVD, permettant d'inclure des images ou vidéos associés aux sons.
Optical Sound organise également des événements, soirées d'écoute, concerts, performances, rencontres avec les artistes, installations sonores liées à ses productions artistiques, présentation du label dans des centres d'art, participation à des festivals, commissariat d'exposition (currating)...
Les activités de ce label sont donc nombreuses,  toutes tournées vers la diffusion  d'oeuvres sonores de son cru, qui ne seraient certainement que peu visibles sans cette énergie à renouveller les circuits créatifs des arts sonores.


Par exemple cette exposition  "Awan-Siguawinbi-Spemki où des photographies de la petite ville d'Alma au Quebec ont été prises, en même temps que des enregistrements sonores locaux par Pierre Beloüin.
Ces phonographies ont été retravaillées par la suite par plusieurs artistes sonores français du label Optical Sound. Puis les photos ont été tirées grand format et exposées. Les visiteurs pouvaient alors, en les regardant, entendre les bandes sonores qui s'y rapportaient, via des casques individuels.

Ecoutez un extrait de ces pièces sonores ici.


En ce moment même, Pierre Beloüin expose sur une autre thématique, cependant toujours sonore, au
FRAC de Marseille.



Autre label novateur, Sub Rosa, fondé à Bruxelles, à la fin des années 80 par Frédéric Walheer et Guy-Marc Hinant.

Ce label culte, amasseur d'objets sonores hors-normes, est décrit ainsi par Guy-Marc Hinant :

"nous avons voulu constituer un espace de production destiné à éditer des objets. Principalement des CDs. Mais aussi quelques vidéos, de l’hypertexte et, plus rarement, des concerts. Chaque disque est une aventure en soi. Nous explorons principalement deux axes : la musique électronique et samplée et, d’autre part, les archives et documents d’avant-garde. Entre les deux : un certain nombre de projets différents qui sont comme des films sans images "
C'est ainsi que depuis plus de vingt ans, ce label va puiser dans les continuateurs de l'esprit futuriste, dadaïste, suréaliste, la world music, les chercheurs de nouvelles sonorités, les underground sub-urbain, compiler des anthologies de la "Noise and electronic music...
De Michel Chion à Charlemagne Palestine, des Inuits aux fanfares Gypsies, de la réédition de "grands anciens" aux courants les plus actuels, Sub-Rosa est une mine d'or sonore, véritable histoire du sonore à sa façon.
Et ceci contrairement à ce que pourrait laisser présager la formule latine sub rosa qui désigne ce qui est destiné à resté caché, confidentiel. Le label travaille plutôt avec une certaine philanthropie dans sa volonté de faire découvrir et partager l'ancien et le nouveau, souvent placé côte à côte, comme le ferait un commissaire d'exposition cherhant à mettre en lumière les ressemblances ou dissemblances d'oeuvres, dans une thématique qui relèverait ici de l'exposition du sonore. L'accrochage de pièces sonoressur support disque, métaphore empruntée aux domaines muséaux, me semble ici une image tout à fait adaptée à cette action de consevateur-montreur-médiateur, curator dirait on aujourd'hui.


Guy Marc Hinand

D'ailleurs, outre ses talents de dénicheurs de perles rares et d'anthologiste patenté, Guy-Marc Hinand est aussi un critique et historien avisé des arts sonores. Voici le lien d'un texte-définition très intéressant qu'il a rédigé à ce sujet.
Si ce label n'est pas ausi tourné vers des propositions plasticiennes, en termes d'installations, que ne l'est Optical Sound, la qualité des graphismes, des recherches typographiques et de l'esthétique globale des objets-disques n'en est pas moins très soignée. Cette approche esthétisante, dans le bon sens du terme, comme chez de nombreux labels indépendants, fait que chaque disque acheté est un peu un objet de collection, que l'on regarde et que l'on touche avec plaisir, sans compter la pertinence de ces propos et contenus audio.

Cd de la collection Sub Rosa

Voir l'article "Tout son a une image-poids" rédigé sur les spécificités graphiques de sub Rosa, durant une rencontre avec une école d'art bruxelloise.












par Gilles Malatray publié dans : Réflex'sons communauté : ECOUTE ECOUTE
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Lundi 14 avril 2008
SCULPTURE MONUMENTALE
du 19 au 27 avril sur les Berges du Doubs
à Valentigney,rue des Graviers



Will Menter fait partie de ces artistes pour qui l'environnement prend une place importante, pour ne pas dire centrale, dans son travail.
Tout d'abord, il installe souvent ses sculptures sonores dans des écrins de verdure offrant à ses oeuvres des cadres
valorisant la poésie de ses gestes artistiques. Ainsi, lors du dernier festival "Musiques de rue et nouveaux territoires sonores" à Besançon, il ne fallait pas craindre de gravir à pied la très forte pente suivant la ligne d'un ancien féniculaire anbandonné, noyée dans une nature sauvage qui avait repris ses droits, pour trouver Will et ses installations.
De plus, Will Menter utilise des matériaux naturels dans ses installations, où bois, pierre, poteries et eau rappellent sans cesse, comme une véritable signature esthétique et sociale, l'engagement écologique de l'artiste.

Ici, c'est sur les berges du Doubs, à la suite à une intervention pédagogique, que son importante installation, tout à fait dans l'esprit Land Art, a été créée.

En voici un bref résumé extrait du site du site du théâtre de l'Allan, scène Nationale  de Montbéliarde qui organise l'événement.





... Après une semaine en résidence de création à la MJC et des ateliers de construction d’objets sonores sur le thème de la musicalité de l’eau pour les jeunes (du 14 au 18 avril), Will Menter exposera une sculpture monumentale sur les Berges du Doubs, rue des Graviers. Elle sera visible, ainsi que le fruit du travail des jeunes, toute la semaine du 19 au 27 avril.
Will Menter est un vrai amoureux de la nature et puise sans cesse sa créativité dans sa beauté esthétique et sonore. Ainsi, ses sculptures sont construites à partir de matériaux tels que l'ardoise, le bois, la terre ou l'eau.
Ici, une seule sculpture sera donnée à découvrir, mais quelle sculpture ! De taille monumentale, elle sera créée et adaptée par Will spécifiquement pour le lieu.
Une Å“uvre facile à appréhender, qui plaira et parlera autant aux grands qu'aux enfants.
• Nous donnons rendez-vous à tous samedi 19 avril à 17h pour l'inauguration de cette sculpture.

• Ne manquez pas non plus le spectacle de clôture composé autour de cette oeuvre, avec Will Menter au saxophone et la danseuse Aurore Grueldimanche 27 avril à 17h....

Sources Théâtre de l'allan












par Gilles Malatray publié dans : Festivals, Symposiums communauté : ECOUTE ECOUTE
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Lundi 14 avril 2008
Festival Octopus
Inventeurs d'instruments
et lutherie expérimentale
du 16 avril au 2 mai au Point Ephémère et à la Maison des métallos



La lutherie expérimentale, disons le, est l'un des domaines artistiques des plus dynamiques parmi les arts sonores.
Installations, sculptures, jeux sonores, tout un panel de pratiques nous est proposé, et très souvent de façon joyeusement ludique.
Octopus, après avoir été un supplément papier consacré aux musiques expérimentales et pratiques sonores inclassables, inserté dans la revue Mouvement, est aujourd'hui un site indépendant, très dynamique, et défendant toujours les mêmes causes.
En plus de ses publications internet régulières, Octopus via son association de tutelle Hyancinte, organise annuellement, et pour sa cinquième édition, un festival dédié aux Inventeurs d'instruments, thème très original, voire unique parmi les nombreuses manifestations sonores sur notre territoire.
Beaucoup de ces créations ont déja été présentées à Mons, dans le cadre de Sonics City, et c'est normale, puisque Philippe Franck, le directeur artistique de de manifestation belge hors norme, est également un commissaire associé au festival Octopus.
Voici donc une présentation de ce qui attend le heureux visiteurs de ce creuset d'inventivité, instrumentalement parlant.



neptune (Etats-Unis)
vendredi 25 avril, 20h3


La musique de Neptune est noisy et foutraque, un savant mélange de
garage déjanté et de math-rock aléatoire.
Leur vaste instrumentarium est construit à partir d’objets hétéroclytes:
morceaux de vélos, scies, chaises en métal, ressorts, interrupteurs,
tuyaux, bidons d’huile et autres ustensiles de récupération, au hasard
des trouvailles.
Leur 5e album, Gone Lake, est sorti début 2008. En tournée aux Etats-
Unis, ce concert est pour l’instant leur seule date française prévue...
Originaire de Boston, Massachussetts (Etats-Unis), Neptune a initialement
démarré comme un projet de sculpture en 1994, avec un premier
concert au fond d’une cave.
Composé de trois membres, Daniel Paul Boucher, Mark William Pearson
et Jason Sidney Sanford, Neptune tourne depuis maintenant plus
de 12 ans (ou plus, comme ils l’indiquent sur leur MySpace : «We’ve
been alive for a total of 102 years «) partout dans le monde et collabore
avec d’autres musiciens et artistes jouant eux-mêmes sur des instruments
« faits-maison» ou modifiés.

www.neptuneband.com
www.myspace.com/neptuneandjupiter





La Corde à Vent (France)
« Derrière les bruissons »
vendredi 25 avril, 20h30
Concert au Point Ephémère




Avec sa lutherie sauvage faite de bric et de broc et partiellement
héritée de Max Vandervorst (programmé en 2007 au Festival Octopus),
mais aussi des instruments plus traditionnels (clarinettes, saxophones
et mandolines), la Corde à Vent propose un concert aussi poétique
qu’atypique, à mi-chemin entre l’univers d’Erik Satie et celui de Gaston
Lagaffe.
Dans ce monde poétique propice à l’écoute, les musiciens invitent le public
à tendre l’oreille et à découvrir ce qui se cache derrière ces curieux
bruissons...
Les instruments créés par la Corde à Vent (groupe formé en 2000 et basé
à Bourg-en-Bresse) s’inscrivent dans l’espace scénique comme autant
d’acteurs d’une histoire sans paroles. Des machines à sons étranges
et rudimentaires, animées par des mécanismes intrigants, jouent sans
l’aide de personne des refrains mécaniques et mélodiques pour accompagner
les musiciens. Les sons se déplacent, se répondent et occupent
la scène. Les musiques naissent de gestes sonores, de corps en mouvements
qui génèrent des bourdonnements, des mélodies, des rythmes.
Nourris au jazz, baigné dans l’improvisation, à l’écoute des musiques du
monde, à l’affût des bruits du quotidien à fort potentiel musical, Gérald
Chagnard et Sylvain Nallet inventent des musiques de traverse, qui
prennent ici et là pour se donner entières sous forme de compositions
personnelles. Ils créent des musiques savamment populaires, des musiques
artisanales faites sur mesure, qui mêlent musiques contemporaines,
musiques actuelles, musiques acoustiques, musiques improvisées
et musiques traditionnelles.

www.arbre-canapas.com





Cléa Coudsi & Eric Herbin (France)
« Bien des choses »
du 16 au 25 avril





«Bien des choses» est une installation interactive composée de 96
cartes postales, 96 moments vécus et retranscrits.
Les cartes postales sont visibles côté texte. Des graphies pointues,
des fautes d’orthographe, des écritures maladroites ou emphatiques
de soldats, d’estivants, d’excursionnistes et de visiteurs se juxtaposent.
Le spectateur peut les tourner et ainsi de découvrir les images
situées à leur dos. Ce faisant, il déclenche l’émission d’une courte
bande sonore. Si plusieurs sont ainsi ‘’ouvertes’’, diverses bandes
sonores simultanées créent un kaléidoscope sonore. Des bribes de
phrases, des commentaires comme suspendus. Des événements
heureux, malheureux ou neutres, des formules banales, pudiques, tout
à la fois calmes et passionnées, le passé, le présent et l’avenir sont là
condensés, cristallisés.
Le temps quotidien des hommes, un temps rassemblé, un temps sensible.
Mais aussi un espace organisé comme l’est la mémoire.
Cléa Coudsi vit et travaille à Lille. Elle est diplômée de l’Ecole des
Beaux-arts de Dunkerque et d’Aix-en-Provence ainsi que du Fresnoy
Studio National des Arts Contemporains (Tourcoing).
Eric Herbin vit et travaille à Lille. Il est diplômé de l’Ecole des Beauxarts
de Dunkerque et de Dijon ainsi que du Fresnoy Studio National
des Arts Contemporains.
Ces deux artistes partagent un espace de travail commun depuis
l’année 2002. Ils viennent d’achever une résidence à Béthune dans
le cadre de Présence regards d’artistes sur notre territoire où ils ont
réalisé l’installation sonore Break, other side et s’apprêtent à entrer en
résidence à [ars]numerica (Montbéliard).
Composition sonore réalisée avec David Trescos.
Installation réalisée avec l’aide de Francis Bras, Sandrine Chiri et
Manuel Andres, et crée au Fresnoy Studio National des Arts Contemporains.




Stéphane Kozik (Belgique)
« Des oreilles pour voir ! »
du 16 au 25 avril



L’installation «Des oreilles pour voir !» est un parcours sensoriel où les
visiteurs distinguent le trajet de leurs pas par l’écoute.
Grâce à un système de capteurs et d’un casque sans fil, chacun est
libre, au fil de ses pas, de ralentir, accélérer, s’arrêter, étudier l’environnement
qui l’entoure, reprendre sa route. Il peut se faire son propre
suspense, son propre film ; son cinéma pour les oreilles. Evoluer
comme dans un rêve d’un endroit à l’autre. Ce parcours sonore joue
sur diverses ambiances en relation avec la texture du tapis : mou, dur,
lisse et granuleux et devient sensoriel, sensitif.
Stéphane Kozik, est diplômé de l’institut st Luc Tournai, ainsi que de
l’ESAPV Mons (dans la classe du plasticien Jean-François Octave).
Il réalise des installations audio-visuelles et se produit en tant que
musicien électronique sous le pseudonyme de Koz, et avec son groupe
«La DK Danse», en Belgique et en France (Dour Festival en 1ère partie
de High Tone, Improvisators dub, X_Makeena...).
Production City Sonics avec le soutien de l’ESAPV Mons.




nicolas Bralet (France)
« Au bureau des raccourcis »
du 16 au 25 avril


Un bureau d’écolier donne corps à des fenêtres sonores situées en
différents lieux du monde...
Cette machine-bureau devient instrument et permet à l’auditeur
d’entendre des flux sonores provenant de lieux situés «hors» : Boston?
Marseille nord? L’intérieur d’une maison à Solleftea en Suède? Un
rebord de fenêtre à Jordaan -un quartier d’Amsterdam? Peut-être une
ventilation de Wollongong en Australie? Une cuisine à Paris?
Peu importe.
Les sons existent ailleurs et maintenant; ils proviennent de gestes qui
ne se préoccupent pas des nôtres.
Le bureau des raccourcis est le lieu vers lequel ces flux convergent.
Le bureau d’où l’enfant s’évade de ses devoirs en rêvant le monde
encore frais d’horizons multiples.
Une seule constance à bord, tout autour: les merles qui étalent les
distances de leurs chants à mesure que se rapprochent les petits
matins...
Pendant deux ans, Nicolas Bralet a rejoint le laboratoire de recherche
en art audio Locus Sonus avec lequel il a conçu un dispositif permettant
d’expérimenter une écoute à distance de lieux situés en différents
points du globe : les streams. Avec l’aide de complices un peu partout
dans le monde, des microphones ont été reliés à des ordinateurs
connectés à internet et délivrent le flux audio en temps réel de ce qui
les entoure. Une carte audio-géographique s’est ainsi constituée. Une
écoute quotidienne de ces sons prélevés et archivés a améné Nicolas
Bralet à créer ce qu’il appelle les «Stream-Fictions» : historiettes
musicalement sonores.
Nicolas Bralet né en 1972 à Perpignan, vit et travaille à Paris.
Compositeur et artiste plasticien, Nicolas Bralet joue des notions
de distances et de mesures dans ses dispositifs d’installation ou de
«concerts installés».
«Les sons et leur sources sont le vecteur principal qui génère la mise
en forme de mes installations sonores. Je démarre toujours à partir
du son comme source de mouvements. Les objets que j’élabore pour
l’écoute sont alors comme ramenés de «zones» visitées à l’oreille. Ils
deviennent des saynètes de l’écoute à écouter»
Le Bureau des raccourcis a été produit par le festival City Sonics 2006
à Mons en Belgique, en collaboration avec Locus Sonus.





Rémi Dury
agence Patrick Jouin & Laboratoire Supelec
vendredi 18 avril à 19h
Rencontre au Point Ephémère



La musique électronique n’a pas achevé son évolution. Alors qu’elle
prétendait libérer de la contrainte de l’apprentissage musical, elle a
oublié le corps de l’instrumentiste sur le bord de la route – obligé à la
position assise devant l’ordinateur.
De même, il faut prendre acte de l’épuisement des interfaces et autres
machines de studio qui peinent à monter sur scène tant elles sont
inadaptées aux exigences d’un musicien.
Ce qui est en jeu, c’est la question de la maniabilité, de la frontalité
avec un public et de la transmission de ce nouveau langage.
Comment rassembler ce qui est fragmenté – machines, sons et corps ?
Quel nouvel instrument pour accéder à la musique ?
Conçu pour les arts de la scène : théâtre, musique, danse, V’jing,
cirque….. cet instrument sera présenté et démontré par son inventeur
accompagné de deux de ses partenaires.
Da Fact, société innovante porteuse du projet et créée en 2006 par
Rémi Dury à l’incubateur CNRS de Gif-sur-Yvette, est lauréate des
concours du ministère de la recherche 2004 et 2005, a obtenu le prix
spécial du jury CapTronic’s en 2007 pour son éco-conception, et
lauréate du Grand Prix de Paris Innovation en 2007. Ses partenaires industriels
: Supelec, LGEP, les Ateliers Laumonier et le designer Patrick
Jouin.
Rémi DuryLa musique électronique n’a pas achevé son évolution. Alors qu’elle
prétendait libérer de la contrainte de l’apprentissage musical, elle a
oublié le corps de l’instrumentiste sur le bord de la route – obligé à la
position assise devant l’ordinateur.
De même, il faut prendre acte de l’épuisement des interfaces et autres
machines de studio qui peinent à monter sur scène tant elles sont
inadaptées aux exigences d’un musicien.
Ce qui est en jeu, c’est la question de la maniabilité, de la frontalité
avec un public et de la transmission de ce nouveau langage.
Comment rassembler ce qui est fragmenté – machines, sons et corps ?
Quel nouvel instrument pour accéder à la musique ?
Conçu pour les arts de la scène : théâtre, musique, danse, V’jing,
cirque….. cet instrument sera présenté et démontré par son inventeur
accompagné de deux de ses partenaires.
Da Fact, société innovante porteuse du projet et créée en 2006 par
Rémi Dury à l’incubateur CNRS de Gif-sur-Yvette, est lauréate des
concours du ministère de la recherche 2004 et 2005, a obtenu le prix
spécial du jury CapTronic’s en 2007 pour son éco-conception, et
lauréate du Grand Prix de Paris Innovation en 2007. Ses partenaires industriels
: Supelec, LGEP, les Ateliers Laumonier et le designer Patrick
Jouin.

www.dafact.com





Staalplaat Soundsystem
(Hollande, Grande-Bretagne...)
« Avantilator »
vendredi 2 mai, 20h30
Concert à la Maison des métallos





«Avantilator» est une installation-composition pour 100 ventilateurs
électriques de bureau.
Mélange d’installation plastique et de concert live, c’est dans une
ambiance parcourue d’un souffle d’air frais que le spectateur est invité
à se laisser immerger.
Toutes sortes d’instruments sont construits à partir des ventilateurs, en
fonction de leur spécificités acoustiques.
Au coeur du travail du Staalplaat Soundsystem est la philosohie du
low-tech: faire des installations d’apparence simples, révélant plutôt
que cachant la façon dont elles sont faites pour faire dire au public «
Mais je peux aussi le faire ! ». A l’inverse de nombreux arts utilisant les
médias, la technique n’est pas ici centrale, mais les idées qui soustendent
l’invention. Les orchestres sont mécaniques et créés à partir
d’appareils électoménagers de tous types.
Geert-Jan Hobijn, en est l’un des fondateurs et directeur du label
Staalplaat. C’est en 2000 qu’il démarre ses propres performances
sonores sous le nom de Staalplaat Soundsystem, avec lequel il a
présenté « A Composition for Eight Refrigerators » ou encore « Sweet
Sissy and the Ballroom Hiss », pour 12 polisseuses industrielles dansant
de façon incrontrôlable... Les machines à café ou autres mixeurs
ont eux-aussi toute leur place dans cet instrumentarium.
Le label Staalplaat, créé en 1982 à Amsterdam, a plus de 300 albums à
son actif, entre noise et musique industrielle, techno experimentale et
art sonore, ou encore symphonies pour imprimantes de bureau…
En plus de Hobijn, Avantilator fait intervenir l’artiste plasticien anglais
Carlo Crovato, qui endosse la fonction d’assistant technique.

www.staalplaat.org



par Gilles Malatray publié dans : Festivals, Symposiums communauté : ECOUTE ECOUTE
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Lundi 7 avril 2008
La Toile qui donne de
La Voix et de la Visibilité
aux Arts Sonores




Il n'y a pas si longtemps de cela, trouver une information concernant les plasticiens sonores, ou en tous cas ceux qui utilisent le média son, savoir où se produisaient le collectif underground que l'on aime tant, où sévissaient les performeurs trublions adorés de la poésie sonore, était une véritable gagure. Souvent,  les rencontrer, et surtout rencontrer leurs pratiques artistiques, relevait d'un pur fait du hasard, ou du fait de disposer d'un réseau d'informateurs efficaces.
Et plus encore, trouver des renseignement sur le Circuit bending, les mouvances phonographistes, l'écologie sonore, le soundwalking ou la lutherie expérimentale demandait des stratégies de recherches qui relevaient du parcours du combattant (sans armes soniques pour autant). Ainsi, tout documentaliste, chercheur ou simple curieux qui s'aventurait au-delà de l'histoire de Karajan et Johnny Halliday, était contraint de ratisser au peigne fin, façon archéologue du futur sonore, des terrains quasiment vierges, très peu renseignés, pour en extraire quelques informations utiles et exploitables.
Puis, internet arriva ! Et avec lui Les Googles et consoeurs, très pointus dans l'indexation et la recherche d'informations.
Et depuis, tous changea. A condition tout de même de savoir trier a minima le bon grain de l'ivraie, de ne pas prendre les nombreuses vessies (sonores ?) pour des lanternes, de ne pas avaler trop des couleuvres qui se seraient glissées subreptissement dans les grands flux difficilement controlables de l'information numérique.
C'est en tout cas sur cette toile, vecteur et support, que s'installèrent, pour la plus grande joie des allumés de la feuille, des défricheurs d'espaces sonores, des défendeurs de nouveaux horizons auriculaires, des bricophonistes de tous crin, des espaces d'information, des ressources en ligne, de nouveaux terrains de diffusion et de réflexion.
Bien des artistes sonores se sentirent de fait moins isolés, on peut en tous cas l'espérer. Il y avait donc d'autres personnes, parfois près de chez eux, ou à l'autre bout du monde, qui partagaient leurs préoccupations. Il existait des luthiers qui oeuvraient, avec leur savoir-faire propre, sur des terrains similaires. Et tel universitaire  avait donc réfléchi sur un sujet qui les préoccupait, avec une approche personnelle, parfois très complémentaire à la leur.
Bien sûr, je brosse là un portait quelque peu stéréotypé, à grand traits quelque peu forçis. Les réseaux de chercheurs et d'artistes n'ont pas attendu l'avénement d'internet pour échanger, pour collaborer, pour se renseigner sur ce que faisait l'autre.
Il n'empêche que la circulation d'informations via les tuyaux du net a accéléré l'accès aux informations, et changé de façon significative les modalités de recherches et de traitement, et la vision globale, que l'on pouvait avoir d'un secteur artistique, surtout si ce dernier étendait ses racines vers de nombreuses pratiques, tout en restant encore un domaine émergent.
Le multimédia s'installant progressivement sur nos "écrans bibliothèques virtuelles", on a pu non seulement lire une description d'une oeuvre sonore, ou le texte d'intention qui a précédé sa réalisation, la critique du journaliste, mais aussi en voir des images, des vidéos, les écouter toutes ou parties. Ces nouvelles approches à distance, même très réductrices par rapport au fait de se frotter à l'oeuvre physiquement, je parle là des oeuvres plasticiennes et non pas de celles issues du net-art, ont permis de se faire une idée plus précise du potentiel créatif, et ont joué, pour moi en tout cas, le rôle d'incitatrices pour aller voir de plus près les oeuvres présentées sur des sites internet, rencontrer les artistes
Les bibliographies, discographies, monographies, biographies, et autres "phies" constituant un immense grenier de ressources écrites, sont devenues pour beaucoup, accessibles en quelques clics. Il convient cependant de posséder quelques outils, méthodes et autres préalables pour naviguer efficacement sur cette mer de données dans laquelle on peut facilement se noyer, ou dévier de son chemin initial.
Par exemple, derrière ce simple site "Des Arts sonnants", se cache une base de données de quelques milliers de ressources concernant les artistes et collectifs, oeuvres, lieux de création, de diffusion de production, colloques et symposium, rencontres, festivals, musées et galleries, sites ressources, écrits en tous genres... petit grenier "in progress" qui alimente autant qu'il le peut mes travaux et autres sites...
Le collectage et le tri de ces ressources ont bien entendu été grandement facilités pour le développement d'internet.
Mais c'est n'est pas pour faire de l'auto-centrisme prommotionnel autour de mes sites que je prends ma plume électronique, mais plutôt pour vous parler d'autres espaces internétiques qui mettent à disposition quantité de ressources, chacun avec ses affinités, ses approches et parfois ses partis-pris, mais il en faut bien pour éviter la pensée sonore commune.

Tous les sites dont je vais parler étant, pour moi, d'égal intérêt, ils seront présentés sans distinction de marque aucune, par ordre alphabétique.

Commençons par
Artesonoro/Mediateletipos, un site espagnol, donc rédigé en espagnol. Mais qu'importe la langue, la ressource est riche, diversifiée, ouverte sur des pratiques musicales expérimentales, des labels culottés, des approches plasticiennes, des radios expérimentales, de la création numérique.
Aussi, même si vous ne maîtrisez pas la langue d'Albeniz, vous y trouverez son à votre oreille, et arriverez assez bien çà comprendre le sens des articles présentés.
Autant de bonnes raisons pour aller déambuler dans un site
très richement fourni en textes, sons et images.

Changement d'univers avec le site des
Chercheurs de sons concocté et animé par Gérard Nicollet. Ce bibliothécaire musical, rédacteur participatif à la revue des musiques libres et inventives Octopus, a une passion qu'il partage via son site : La lutherie expérimentale. Ou peut-être même devrions-nous dire les lutheries expérimentales tant les pratiques sont nombreuses et diversifiées. Prolongeant un très beau livre au titre éponyme, le site nous emmène sur les chemins de la découverte des fabricants d'instruments, d'objets, de sculptures sonores, bricophonistes de génie, récupérateurs de tous crin, experts des interfaces électroniques, détourneurs de jeux sonores, tout un monde de géo-trouve-tout  qui s'ouvre à nos yeux et à nos oreilles. Du circuit bending à l'art brut, du roseau (pensant ?) au PVC, de la petite mécanique qui tient dans la main au gigantesque orgue à feu de Michel Moglia en passant par les pianos cocktails, jouets, joueurs de larsen, il y en a pour tous les goûts.
Plongez jusqu'aux deux oreilles dans l'univers parfois délirant mais incroyablement vivace de la lutherie expérimentale.

Autre lieu, autre style, autre navigation.
Hétérophonies est un chapitre intéractif du site Synesthésie. Ce dernier, consacré à l'art actuel en réseau, consacre donc un numéro spécial dédié aux arts sonores, où théories, repères et histoires constituent un fond réflexif d'une grande richesse. De la techno à Jean-Claude Risset en passant par Russolo, des liens et des bibliographies, des exemples à ouïr, l'hétérophonie porte ici bien son nom.

Allons voir, et entendre à nouveau du côté des chercheurs d'instruments.
Odd Music est une véritable mine d'or. Ce site traque les plus foldingues des bricoleurs bruitistes, ou bruiteurs post futuristes, des luthiers de l'impossible, des ingénieux du son fabriqué de toute pièces... Bois, métal, vent, électronique, PVC, la lutherie fait feu de tout bois pour créer l'instrument-interface dédié à l'inouï dans toute sa splendeur. Partez sans a priori à la découverte des Bikophones, Harpguitares, saxophones de bambou et autres kalimba électroniques.

Encore un site on ne peut mieux documenté que celui des
Ressources sur la musique électroacoustique de Pierre Couprie. Près de 500 références à ce jour, classées thématiquement, présentent tous les aspects de la musique électroacoustique. Cette pratique étant envisagée dans des domaines qui élargissent la simple approche du concert ou de l'oeuvre sur support électroacoustique en englobant la création radiophonique, la vidéo, la recherche en lutherie électronique, les installations...

Autre bible des musiques électroniques, au sens large du terme :
Sohnors. Ici, vous attendent une ample et belle moisson d'histoires du sonore, des agendas, des liens, des ressources autour des courants électroniques, électrocoustiques, expérimentaux, des teritoires de la recherche sonore, de l'improvisation.
Pour  élargir l'espace culturel (vital) de nos oreilles.

Et la poésie sonore n'est pas en reste. Le site
Tapin Boxon, l'intitulé en dit long sur leurs intentions, initié par un collectif de poètes sonores trublions, lyonnais, et de surcroit néo dada dans l'âme, propose un parcours des plus intéressant parmi les nombreux "styles" de la poésie sonore, poésie-action, poésie visuelle... Des écrits, une collections de poèmes sonores  à écouter, visuels à ...voir, de la poésie racolleuse, et comme dirait charles Pennequin (illustre poète sonore de son état), "tu lis Boxon, tu meure moins con..."

Vibrö fait egalement partie de ses sites ressources incontournables pour appréhender les arts sonores tous azimut. Il en dresse, selon sa propre expression, un panorama au travers de pages d'artistes, de documentations et de chroniques. Espace collaboratif, il traite de façon pertinente les différents courants sonores actuels, présente des labels "rafraîchissants", des artistes oeuvrant tant dans la création audio que plastique.
Ce site est en fait l'émanation d'une association
Double entendre, qui oeuvre très efficacement pour les arts sonores en diffusant des disques d'artistes, des textes, des émissions radiophoniques, en programmant des manifestations sonores...
Saluons là une association des plus militante et active dans le paysage français des arts sonores.

Et enfin, pour finir ce petit tour, non exhaustif, de sites ressources, présentons
Urzhiata, qui n'est pas en fait dédié aux seuls arts sonores, mais plutôt à l'ensemble de ce que l'on nome aujourd'hui les arts numériques. Cependant, ce site foisonne de données concernant des artistes sonores, des interfaces de tous poil, des logiciels, des nouvelles tendances entre électro-dance, musique expérimentale et net-art. Le visuel et le contenu de ce site en font un lieu à part, un espace où aller chercher, hors des sentiers battus, l'information qui nous amusera, nous étonnera, nous donnera envie d'en savoir plus sur ces espaces de créations numériques contemporaines, en perpétuelle mouvance.


NB : j'aurais pus également vous parler de L'espace des arts sonnants mais... Suis-bête, nous y sommes !













par Gilles Malatray publié dans : Réflex'sons communauté : ECOUTE ECOUTE
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Mardi 1 avril 2008
SAÂDANE AFIF ET PIERRE BELOUIN

Se font entendre dans les
FRAC Basse-Normandie
Pays de Loire
et Région Paca


Trois lieux géographiques, une quasi concommitence de calendrier, deux artistes emblématiques.
Le premier (par ordre alphabétique) Saâdane Afif, est un artiste on ne peut plus polymorphe, utilisant de multiples média, et pas seulement le son ou la musique. Il est souvent surprenant par la diversité de ses gestes artistiques, et aujourd'hui il s'offre deux lieux en résonnance : Le Frac des Pays de Loire qui nous propose "One" alors que celui de Basse-Normandie avec "Two".
Si celà n'est pas prémédité, rien ne l'est !
Le deuxième (toujours par ordre alphabétique), Pierre Bélouin, est le manager d'un label Optical Sound, dénicheur de talents et de perles sonores, de créateurs sonores hors-normes, parmi les rares qui nous offrent de grands bols d'air face aux non prises de risques aseptisées (et assumées) des FNAC et autres Virgin...
Mais non content de diffuser du sonore pertinent sur support, le Label Optical Sound, celui donc de Pierre Belouin, comme son nom l'indique, donne aussi à voir du son, notamment par la promotion d'artistes plasticiens sonores, qui oeuvrent à la fois sur support et dans l'espace.
Voici donc trois articles consacrés ces expositions.

SAÂDANE AFIF
TWO …

vernissage vendredi 14 mars 2008 à 18h30

Saâdane Afif est né en 1970 à Vendôme. Il vit à Berlin.
Attentif aux attitudes, sons, images, textes ou slogans, Saâdane Afif se saisit du mouvement, du contraste et d’une certaine poésie pour les transformer. Ses œuvres sont le fruit de compilations diverses, de rencontres inattendues et trouvent leur origine tout aussi bien dans l'histoire de l'art que dans le monde des médias et de la musique. Mélangeant les objets et les disciplines, il produit une œuvre polysémique, constamment réinventée et réinterprétée, parfois même confiée à d’autres artistes. Ainsi dans l’exposition Lyrics (Palais de Tokyo, Paris, 2005), « Saâdane Afif sollicite des écrivains et critiques d’art en leur demandant de « traduire » certaines de ses œuvres en chanson, puis invite des musiciens à mettre ces textes en musique.» (Eva Poutreau).

L’exposition TWO… s’ouvre dès la façade du Frac par une enseigne lumineuse rouge où se lit le mot Essence et requiert d’emblée le visiteur au jeu troublant de la polysémie en suggérant à la fois la réflexion et l’activation des sens.
Les variations d’intensité de More, More (2002), néon bleuté qui reprend le dessin naïf d’une fleur dans
un pot, créent une respiration qui rythme l’espace et le temps. Le texte qui l’accompagne (imprimé en affiche à emporter) - souvenir d’enfance relaté par le père de l’artiste dans lequel un geste artistique et poétique surgit dans un contexte aride - se révèle une possible définition de l’art.

Les sculptures de la série Babel (2007) - maquettes blanches inspirées des formes improbables de « sounds systems » de concert - font écho aux architectures utopiques des avant-gardes du début du XXe siècle (tel Vladimir Tatline) tout en les frottant avec humour à l’univers des musiques actuelles. « Abandonnant toute sollicitation effective du sens et de l’ouïe, la série Babel nous livre une image de l’architecture en tant que pure virtualité sonore – « art musical rendu au silence », pour reprendre la célèbre formule de Goethe qui résume une idée immémoriale.» ( Jean-Pierre Criqui, Les Cahiers du MNAM, automne 2007). La reprise photographique des Babel qui les surplombe donne l’illusion d’un reflet de la réalité tout en les élevant au rang d’icônes.

exposition du 15 mars au 25 mai 2008
tous les jours de 14h à 18h sauf les 23, 24 mars et 1er, 12 mai

L’art au rendez-vous, visite de l’exposition
samedi 15 mars et dimanche16 mars à 15h


Sources, Fonds Régionnal d'art contemporain de Haute Normandie

 

 

Et la résonnance en Pays de Loire

SAÂDANE AFIF

ONE...                                                                                 




Saâdane Afif, One,


Du 8 mars au 15 juin 2008, le Frac des Pays de la Loire invite l’artiste Saâdane Afif à investir la salle Jean-François Taddei.

Diplômé des beaux-arts de Bourges, en post-Diplôme à l’École des beaux-arts de Nantes, Saâdane Afif réalise sa première exposition personnelle en 1998 (Galerie Michel Rein, Tours). Il vit successivement à Marseille, Nice (Villa Arson) et Glasgow (Villa Médicis Hors les Murs). Depuis 2003, il réside à Berlin. En 2006, il est le deuxième lauréat du prix international d’art contemporain de la fondation Prince Pierre de Monaco. En 2007, il est présent à la douzième Documenta de Kassel.

Saâdane Afif n’est spécialiste en rien : rencontres, dessins, sculptures, photographies, installations, sons, attitudes, slogans et textes, autant de champs exploratoires où l’artiste guette le réel, le filtre et le transpose poétiquement. «J’appartiens à une génération d’artistes qui (...) aborde l’art comme une forme de langage avec lequel on joue, qu’on déforme, qu’on transforme, sans cette recherche précise de l’objet qu’avaient nos aînés.» Et le langage de Saâdane Afif semble irréductiblement polyphonique, multipliant avec une fluidité remarquable les modes d’adresse au public et questionnant souvent le principe même de l’exposition.

C’est ce que révèle l’installation Power Chords (2005), chœur de guitares électriques où chaque instrument joue une suite d’accords déduite de la séquence chromatique d’un bâton d’André Cadere (exemple d’une pratique citationnelle récurrente chez Saâdane Afif). Ces riffs reprennent le principe des « Money chords», succession de trois ou quatre accords qui ponctuent l’histoire du rock et suffisent souvent à faire un tube. Mais par la place qu’elle laisse au silence et à la dissonance, Power Chords ruine toute efficacité mélodique et rythmique, donnant sa préférence au déploiement d’ un paysage sonore mélancolique offert au spectateur-auditeur.

Lyrics (2005) poursuit cette modalité d’ouverture d’un territoire expérimental dans l’exposition : l’artiste y interroge ses expositions passées via une installation dépouillée, combinant textes de chansons imprimés aux murs, ballet de cercles lumineux projetés au sol, et scène déserte construite à partir de matériaux de récupération trouvés initialement au Palais de Tokyo. Pour l’écriture des textes, Saâdane Afif sollicite des écrivains et critiques d’art en leur demandant de « traduire » certaines de ses œuvres en chanson, puis invite des musiciens à mettre ces textes en musique. Désirant produire un commentaire sur son travail qui dépasse le cadre critique, didactique ou journalistique, Saâdane Afif s’attache à la qualité poétique des textes produits, qui gardent par essence une forme de résistance à l’entendement direct au même titre que les œuvres auxquelles ils se réfèrent. L’œuvre et le texte entretiennent alors un dialogue inédit, qui redessine les limites dans lesquelles l’artiste inscrit sa pratique, mue par une logique du débordement vers d’autres réalités (textuelles, musicales et discographiques).

Lors de la Biennale de Lyon 2007, Saâdane Afif est invité en tant que commissaire à poser son regard sur la scène artistique française durant les dix dernières années. Là encore, il s’emploie à produire des déplacements (de sens, de forme, de responsabilité) et configure une exposition-portrait en rendant hommage à Patrice Joly, fondateur et directeur de la Zoo Galerie de Nantes et de la revue critique 02. Différemment, Saâdane Afif prolonge la logique coopérative qui marque l’ensemble de son œuvre et réaffirme son crédo : « Notre société et les structures qui la régissent, monde de l’art compris, incitent profondément au repli sur soi. Or, les idées et les formes gagnent souvent à être partagées. »

Pour le Frac des Pays de la Loire, Saâdane Afif structure l’exposition One, autour d’un thÃ