La balade sonore, ou soundwalk, ne s'impose pas comme une évidence qui donnerait d'emblée à entendre et à apprécier toutes les plus belles "musiques des lieux", qui ferait découvrir instinctivement les points d'ouïes les plus esthétiquement pertinents.
Cette pratique se travaille, comme on apprend à lire un texte, une image, une partition musicale, à les interpréter, et au final à les apprécier, voire à les aimer.
L'oreille a besoin de faire ses gammes, quelque soient la ou les méthodes, objets et dispositifs employés, d'arpenter régulièrement places et rues pour acquérir une acuité et une sensibilité suffisante.
Une pensée, une réflexion, sans doute une théorisation autour des postures d'écoute déambulatoires, de leurs visées, de leurs apports, doit naître des expériences sensibles, et venir questionner et réalimenter sans cesse la balade sonore dans ses fondements, mais aussi sur sses pratiques de terrain.
La collection de parcours sonores, collection mémoire, écrit, phonographie, constituée au fil des visites de lieux multiples, se confronte et se frotte aux nouvelles qui s'écrivent aux fil des pas, se nourrissant des expériences passées.
De nombreuses variations, thématiques, sont explorées, et restent sans doute encore à construire.
Les médiations et mises en en condition préalables à la balade avec le public de promeneurs écoutants sont peaufinées et adaptées, selon les lieux, les publics, les projets, les thématiques. Elles constituent une étape des plus importante pour "rentrer" dans l'écoute.
Le silence demandé aux participants est habité de postures, de gestes, d'invitations, de propositions rythmiques donnant à l'écoute de nouveaux rebondissements et son maintien en état de veille au fil des événements rencontrés. 
Il faut apprendre à jouer avec les espaces, les sources sonores, permanentes et accidentelles, y compris avec des incitations nées de mises en condition visuelles et auditives "points de vue/points d'ouïe" . Ces incitations peuvent fabriquées pour l'occasion, architectures ou mobiliers éphémères, scénophonies circonstanciées, conceptualisées.
Le partage d'expériences vécues en groupe, enrichies d'énergies, de dynamiques partagées, et les échanges autour des moments d'écoutes collectives forgent à ces pratiques un prolongement nécessaire voire indispensable pour comprendre ce que peut être le cadre a minima d'un paysage sonore.
Le promeneur écoutant doit être invité et guidé pour jouir de tout cela sans passer à côté, sensoriellement, de toute la richesse auriculaire intrinsèque des lieux choisis et repérés à cet effet.