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Mardi 27 novembre 2007
IMAGES SONORES ET CHANTS D'OISEAUX
INSTALLATION DANS UNE SERRE LYONNAISE


Parc de la Tête d'Or

LES OISEAUX DE BUFFON
Exposition sonore

Jusqu'au 6 janvier 2008
Parc de la Tête d'Or
– Serre de Madagascar – Lyon
Entrée libre

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Lyon sera, une fois encore, la ville dans laquelle nous partirons à la rencontre de nouvelles aventures sonores, pour le plaisir des yeux et des oreilles.

Bernard Fort, directeur artistique du Groupe de Musiques Vivantes de Lyon, se présente à la fois comme compositeur, pricipalement de musique électroacoustique, et comme ornithologue, élève du naturaliste Jean Roché. Entre les musiques concrètes, utilisant parfois des sons "naturels", ou des sons de la nature et la passion des oiseaux, on entrevoit facilement les ponts qu'il peut y avoir.
Partir à la chasse aux sons, les collectionner, les appréhender comme outil de reconnaissance des espèces de volatiles que l'on entend plus qu'on ne les voit, et au final s'en servir pour des compositions musicales acousmatiques...

L'exposition présente trouve d'ailleurs un moyen astucieux de nous faire entendre en même temps que de nous montrer montrer des oiseaux difficiles à observer dans la nature.


Présentation de l'exposition (texte des organisateurs)

Les oiseaux rendent hommage à Buffon dans le cadre de l'exposition Explorer et classer : la quête scientifique, organisée par le Jardin Botanique du Parc de la Tête d'Or de Lyon.

Parmi les 36 volumes de son Histoire Naturelle Générale et Particulière écrits entre 1749 et 1788, Buffon consacre 10 volumes aux oiseaux. Réalisée à Paris à l'Imprimerie Royale, l'édition de 1780 nous propose des descriptions agrémentées de gravures de François-Nicolas Martinet.

Bernard Fort, compositeur et co-fondateur du Groupe Musiques Vivantes de Lyon, construit son travail de création autour de l'environnement sonore. Il puise une grande part de son inspiration dans la nature et procède à des enregistrements ornithologiques. Très proche de l'oeuvre de Buffon, il décide de réaliser une exposition sonore en jumelant leurs oeuvres.

L'exposition présente une galerie de portraits sonores d'oiseaux de nos régions. Ces portraits, complétés des descriptions de Buffon et des gravures de Martinet, en apportent une illustration sonore. Le chant des oiseaux, nos “maîtres en musique”, reste inchangé depuis des siècles. Ainsi, les chants que nous propose la nature correspondent à ceux, entendus il y a plusieurs siècles, par les premiers naturalistes.

Pour cette exposition, Bernard Fort a choisi des espèces familières et a respecté les noms employés par Buffon, en y adjoignant la dénomination latine proposée par Linnée en 1751.

Enregistrements et mise en forme de Bernard Fort
Production du GMVL






AVIS AUX LECTEURS DE CE SITE, ARTISTES OU VISITEURS ECOUTANTS, SI VOUS AVEZ CONNAISSANCE DE PROJETS, D'EVENEMENTS, D'APPELS A PARTICIPATION CONCERNANT LES DOMAINES DES ARTS SONORES, N'HESITEZ PAS A RELAYER VOS INFORMATIONS SUR CE SITE






par Gilles Malatray publié dans : Festivals, Symposiums communauté : ECOUTE ECOUTE
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Mardi 27 novembre 2007

SCENOCOSME FAIT CHANTER LES PLANTES
FETE DES LUMIERES DE LYON


Fêtes des Lumières 2007 -
Ville de lyon / 1 er arrondissement
Passage au dessus de l'église Saint-Polycarpe : Accès passage Mermet
Avec la participation et l'intervention du théatre de Lune
Exposition : 6,7,9 décembre 2007 - Lyon (FR)
Exposition + spectacle déambulatoire : 8 décembre 2007 - Lyon (FR)



Remarquez ceci, les trois derniers articles Des Arts Sonnants ont trait à des manifestations lyonnaises. Lyon, ville des lumières, serait-elle également ville sonore ? Ou est-ce un pur concours de circonstance ?
Il est vrai que l'organisation de la
Fêtes des lumière toute proche, et de la Biennale d'art contemporain 2007 en cours favorisent l'émergence de projets artistiques où le son à aussi son mot à dire, et c'est très bien ainsi.
Depuis quelques années au sein du collectif Scénocosme, Grégory Lasserre & Anaïs met den Ancxt, artistes lyonnais, concoivent et réalisent des installations intéractives où arts numériques et son tiennent souvent des places importantes.
Shér'Aléas a été créé pour la 
Fêtes des lumière 2005, dans une manifestation intitulée SUPERFUX, mobilisant tout un quartier de la ville,et impulsée par la galerie d'art Tator . Shér'Aléas est une tente hémisphérique où le spectateur-auditeur, dans un cocon de sons et de lumières, va vivre une belle immersion intéractive. Cette création, qui a beaucoup circulé depuis, a certainement été pour les deux artistes une étape importante dans leur processus créatif.


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(Source, image des artistes, site Scénocosme)


AKOUSMAFLORE

Cette fois-ci, par le biais d'Akousmaflore, nos deux artistes ont décidé de donner de la voix à des plantes, par le biais des visiteurs qui leur apporteront de la chaleur, les frôleront, les caresseront, les feront chanter au gré de leur présence et de leurs gestes.

... Description du jardin interactif (texte des artistes)
Akousmaflore est un petit jardin, composé de véritables plantes musicales réactives à nos gestes et frôlements. Chaque plante s'éveille au moindre contact chaud et humain par un langage sonore qui lui est propre. Ce langage végétal fonctionne ainsi par le toucher. Notre aura chaude et électrique, invisible à l'oeil nu agit ici sur les ramures végétales en offrant l’expérience d’un environnement réactif à son existence. Ainsi, lorsque les spectateurs les caressent ou les effleurent celles-ci se mettent à chanter.

Devenues instruments de musique sensibles, elles offrent ainsi la possibilité de composer une orchestration florale.


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(Source, image des artistes, site Scénocosme)


Préambule : alliance végétal et numérique
A travers nos créations nous travaillons sur des hybridations possibles entre végétal et numérique. Les plantes sont des capteurs naturels et vivants, sensibles à des flux énergétiques divers.
Les technologies numériques offrent ici une relation possible au vivant d'origine végétale
Nous nous intéressons à la relation aléatoire liée au flux des données, ainsi qu’à l’interaction sonore.
Nous abordons ici un traitement, une modification des données liée à la déambulation et aux interventions des spectateurs dans l’œuvre.
Les spectateurs pourront agir de manière non déterminée sur un univers musical déjà prêt à s’éveiller.
Les gestes et les mouvements des spectateurs permettront d’engendrer ou de superposer des flux sonores mais aussi d’en modifier les teintes et les fluctuations.

Démarche : design de l'invisible
Notre corps produit en permanence un territoire biologique qui constitue une forme d'aura électrique. Ce phénomène subtil fait trace dans notre environnement immédiat mais à une échelle que nous ne percevons pas.
Dans la continuité de notre territoire de recherche et d’action: le «design de l’invisible», notre démarche se poursuit avec la volonté d’«animer» ce qui échappe à notre perception. En mêlant réalité et imaginaire, nous proposons ici une expérience sensorielle qui questionne nos relations énergétiques avec les êtres vivants.

Les plantes domestiques ont souvent un statut ambigu qui oscille entre objet de décoration et être vivant. Selon certaines rumeurs populaires mais aussi scientifiques, ces «objets animés» semblent réactifs à l’attention qu’on leur porte.

Nous rappelons ici que notre environnement est fait non pas de choses inertes, mais vivantes, réactives à notre territoire biologique qui nous échappe. Les plantes rappellent leur existence par un cri, un chant, une vibration acoustique.
..
(Sources, textes des artistes, site Scenocosme)



Pour en savoir plus, allez sur le site de Scénocosme








par Gilles Malatray publié dans : Artistes et oeuvres communauté : ECOUTE ECOUTE
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Mardi 27 novembre 2007
LE REVARIUM DE LIONEL STOCARD
UNE INSTALLATION SONORE... DEREVE(s)
à
LYON


Solid’Arte

 du 24 novembre au 2 décembre 2007

41 rue Pierre Dupont
69001 Lyon



Renseignement : Lionel Stocard : 06 84 32 24 18


Lionel stocard est un artiste plasticien lyonnais. Il utilise, selon les projets, plusieurs média tels que peinture, sculture, lutherie expérimentale, installation intéractives.
Des téléphones très justement qualifiés d'importables, en passant par la chambre à rêver et autres machines sonores, instruments étranges semblant tout droit sorti d'un roman de Jules Verne, son champ d'expression est large, et le son y est très présent.
Cet artiste travaille régulièrement en binôme avec Jean-Luc d'Aléo, musicien compositeur performeur lyonnais lui aussi.
Dans l'exposition présente, C'est un Revarium, nouvelle installation qui fait partie d'une série de travaux regroupés sous le doux vocable de "chambre à rêver" . Elle est associée à des oeuvres graphiques et plastiques de Meiriem Djhanit et Natacha Mégard qui présenteront * Les lits du Roi * et de Pierre Laurent qui présentera * la Tentation du Dé à coudre *

Voici comment Lionel Stocard et Jean -Luc d'Aléo définissent leur travail.

Création & utilisation d'éléments de diffusion mobile, dans un soucis de perte de repères spatiaux et d'immersion dans le son.

Création sonore et composition pour des dispositifs électroacoustiques originaux

Dans les oeuvres sonores habituelles, les éléments de diffusions, les haut parleurs,
sont fixes. Le son se déplace d'une enceinte à l'autre par un effet de mixage.
Dans le noir total, lors d'une écoute attentive, chacun est capable de définir approximativement la place des hauts parleurs dans l'espace.

Il s'agit ici, de proposer des systèmes de diffusion mobile suggérant
un autre mode d'écoute et de diffusion, intensifiant
la perte de repères habituels à l'écoute
d'une pièce musicale.

Une proposition pour partir à la découverte de nouveaux espace, où l’imaginaire
et le rêve nous entraîne vers l’impalpable.
Une proposition d’élévation, de révélation de l’invisible, un commencement,
qui recommence, inexorablement, sans révéler sa suite,
laissant à chacun le soin de la trouver.
(Sources site Lionel Stocard et Jean-Luc d'Aléo, tous droits réservés)

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La machine à rêver; l'auditeur tournant légèrement, en apesanteur, entouré de sons qui tournoient eux aussi autour du rêveur; pour une douce et très poétique perte des repères sensoriels...
(Sources site Lionel Stocard et Jean-Luc d'Aléo, tous droits réservés)



Création et utilisation d'instruments de musique originaux.


Création et utilisation d’outils numériques permettant à des interprètes d’interagir sur des algorithmes de traitements sonores dans un contexte musical et plastique.


L'événement est, à chaque, fois une rencontre.
Chacun dialoguant dans un espace acoustique et visuel, dans l'instant.
Cette démarche permet essentiellement à chaque interprète de trouver sa place dans un processus de création collective, laissant une large place à l'improvisation, créant un évènement singulier et unique, tentant de faire fusionner le temps de l'existence et le temps artistique.

Les interfaces utilisées font partie intégrante de l'esthétique et deviennent elle meme un facteur important d'élaboration de la musique. L'aspect visuel aide au conditionnement du spectateur et tente de contribuer à générer la poésie nécessaire à la modification des frontières existant entre compositeur, interprète et public.
Les interfaces sont d'abord pensées de manières fonctionnelles. C'est dans la réalisation et dans la forme qu'elles acquièrent leur vocation esthétique.
On ne parle pas de virtuosité instrumentale. L'informatique et les machines tendent à réduire, à limiter et à utiliser les imperfections et approximations du geste humain, pour aller vers une esthétique clairement défini
(Sources, textes de Lionel Stocard et Jean-Luc D'aléo sur le site de Lionel Stocard, tous droits réservés)


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Une lutherie étrange, entre temps révolus et futurs imaginaires
(Sources site Lionel Stocard et Jean-Luc d'Aléo, tous droits réservés)

Ecoutez le Rêvibracléïde (en photo ci-dessus)



Pour aller voir et entendre des oeuvres sonores sur le site de Lionel Stocard




par Gilles Malatray publié dans : Artistes et oeuvres communauté : ECOUTE ECOUTE
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Dimanche 25 novembre 2007

LES NOUVELLES MINUTES
INSTALLATION SONORE Lyonnaise

De pierre Alferi

Depuis les lettristes, et par la suite beaucoup de performances vocales, physiques, de détournement de mots, d'expériences liées à la poésie sonore, la poésie action... la parole est entrée, avec sa portée poétique, revendicatrice, sociale, de plein pie, et de pleine voix oserais-je dire, dans le champ des arts sonores.
Elle s'installe même en ville, à Lyon en l'occurrence, du 10 au 30 novembre, sur la presqu'ile de Lyon, dans le cadre de la manifetation La poésie/nuit, et en résonance avec a bienale d'art contemporain.
L'auteur est aussi musicien. Faut-il voir 
(ou entendre) là une prédisposition à (ré)unir paroles et sons, et à être enclin à les partager, au-delà du livre, et à travers l'espace publique, avec un maximum d'oreilles urbaines ?

Une installation sonore disséminée dans des lieux publics lyonnais.

 

Un homme part au travail et trouve son usine fermée… Un autre ne répond pas à qui s’adresse à lui… un troisième commence une sorte de danse en descendant du bus… Dans huit lieux de Bellecour à la Croix-Rousse, des histoires instantanées, aussi courtes qu’un flash info et apparemment aussi légères qu’une discussion amicale, se font entendre à l’improviste, se mêlant à l’ambiance de la rue : Les « Nouvelles Minute » sont de courts récits d’une minute qui pourraient être racontés par des passants, sur des événements auxquels ils assisteraient, mixées sur des musiques rythmées qui pourraient être de film… mais le temps que l’histoire s’installe, elle a déjà disparu… ses suites et ses conséquences restent en suspens, comme à inventer.

 

Ces petites histoires sont comme des irruptions inattendues de fiction dans le quotidien, tout en étant basées sur des faits qui pourraient être réels : une descente de police, le démantèlement d’une usine, des comportements dépareillant avec le flux continu des activités urbaines… Dans les rues de Lyon comme dans leurs récits, ce sont des événements : elles interrogent cette limite ténue qui veine le réel, au delà de laquelle on décide d’agir ou de réagir, d’engager de nouvelles voies parfois inattendues et souvent discrètes, et en deçà de laquelle rien ne change quoi qu’il arrive. La prose ciselée du poète Pierre Alferi (Ça commence à Séoul, POL, 2007 ; La Voie des airs, POL, 2004…) s’allie ici à une installation urbaine pour une création poétique originale.

 

Les « Nouvelles Minute » peuvent également être écoutées ensemble au Théâtre les Ateliers, ainsi qu’en ligne.

les Nouvelles Minute
Sans titre
Didier Grappe, DR, 2007

8 dispositifs sonores répartis sur la presqu’île.
L’ensemble peut être écouté au Théâtre les Ateliers, 5 rue du petit David, 69002 Lyon, en bas de cette page web et dans différents lieux sur la presqu’île de Lyon en diffusion aléatoire.

texte & musiques : Pierre Alferi
mixage : Marco De Oliviera
voix : Pierre Alferi, Jeanne Balibar, Gaël Leveugle & Sonia Fleurance

Un projet présenté par Eric Vautrin et La poésie/nuit avec le soutien du Théâtre les Ateliers et de la Ville de Lyon, en coproduction avec Transcultures et Citysonics (Mons, Belgique), et Luxembourg Capitale de la Culture 2007 et en partenariat avec le photographe Didier Grappe. En Résonances avec la Biennale d’Art Contemporain de Lyon.

 
Pierre Alferi par Olivier Roller Pierre Alferi
Pierre Alferi est né en 1963 à Paris. Il est l’auteur d’une dizaine de livres de poésie (La Voie des airs, 2004), de romans (Le Cinémades familles, 1999) et d’essais (Des enfants et des monstres, 2004).Co-fondateur de la Revue de littérature générale (P.O.L), traducteur depoésie ancienne etcontemporaine, il a réalisé des films(Cinépoèmes et films parlants) et des pièces sonores (EnMicronésie). Ses travaux auxfrontières des artsplastiques et de lamusique ont donné lieu à de nombreuses performances et expositions, en France et à l’étranger (Ça commence à Séoul, avec Jacques Julien, 2007). Il a reçu le prix du festival Poem et le grand prix de poésie de la Société des gens de lettres. Il enseigne actuellement à l’Ecole des beaux-arts de Lyon.

 

Chez P.O.L
- La Voie des airs, Pol, 2004
- Des Enfants et des monstres,Pol, 2004
- La berceuse de Broadway, Onestar, 2001
- Handicap (avec Jacques Julien), Rroz, 2000
- Le Cinéma des familles, Pol, 1999
- Sentimentale journée, Pol, 1997
- Personal Pong avec Jacques Julien, Villa Saint-Clair, 1997
- Fmn, Pol, 1994
- Kub Or, Pol, 1994
- Le Chemin familier du poisson combatif, Pol,1992
- Les Allures naturelles, Pol, 1991

- Guillaume d’Ockham >. Le Singulier, Minuit, 1989
- Chercher une phrase, Christian Bourgois, 1991

Pierre Alferi a par ailleurs traduit plusieurs poètes anglo-saxons contemporains, John Donne, Giorgio Agamben et Meyer Schapiro. Il a également été lauréat du festival Poem (mars 2003) dans la catégorie court de création, pour son court-métrage Tante Elisabeth


Le site de La poésie/nuit



 

par Gilles Malatray publié dans : Festivals, Symposiums communauté : ECOUTE ECOUTE
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Vendredi 23 novembre 2007
DU SON EN GALERIE
INSTALLATION SONORE
A LA GALERIE ARTEM DE QUIMPER



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Hughes Germain installe et donne à entendre du 23 novembre au 29 décembre.
La galerie ARTEM de Qimper, qui se définit ainsi, je cite "...ARTEM est une association d'artistes et un lieu de diffusion de la création contemporaine dans le domaine des arts visuels..." nous propose une oeuvre... sonore.
Ce qui en soit n'est pas rare aujourd'hui. De plus en plus, les arts visuels intègrent des oeuvres sonores. Ou peut-être sont-ce les arts sonores qui se glissent dans les lieux de monstration initialement destinés les arts plastiques. Ou bien encore les deux tendances se rejoignent-elles naturellement, dans l'air du temps, et dans des rencontres qui brouillent les pistes de l'oeil et de l'oreille.
Allez donc savoir !
Le temps, ou plutôt l'espace temporel des créations sonores, des musiques expérimentales, des oeuvres numériques, rythme désormais régulièrement les galeries d'art. Nous ne nous en plaindrons pas car un peu de visibilité gagné, pour les arts sonores, est toujours bon à prendre.
Revenons à Hughes Germain. Cet artiste musicien fait partie du collectif "Volume-collectif" qui a déjà réalisé plusieurs travaux autour de l'environnement et des paysages sonores. D'ailleurs, l'installation d'Hughes Germain traite justement du paysage sonore.
Mais laissons la parole à l'artiste :

Le paysage sonore est le cadre de la collecte des sons, le choix d'un lieu fait le cadre conceptuel de la recherche. Tout découle de là. Lors de l'enregistrement, ma "manière-d'être-au-monde" tend à la plus grande disponibilité possible, comme un "laisser-remplir" : ne pas produire de sons de manière intentionnelle, mais plutôt diriger l'écoute dans le paysage sonore en mouvement. Si, en soi, l'outil vient amplifier l'ouverture
recherchée, le choix de sa position, de son orientation permet de créer tour à tour des espaces enregistrés différents dans l'univers choisi. Le matériel est simple pour se faire oublier, mais de très grande qualité pour un rendu fidèle au vécu.

Le travail sur les sons vise à les éloigner du directement reconnaissable, en conservant l'esprit d'un paysage sonore; dégagés de leur matérialité habituelle, ils existent par et pour eux-mêmes, éléments autonomes, cohérents, sans beaucoup de repères au temps qui s'écoule. Il s'agit bien d'être à la limite de l'abstraction, de faire le juste nécessaire pour que les sons décollent d'une réalité documentaire, qu'ils passent au delà, dans l'imaginaire. Que chacun compose une unité a-temporelle, décontextualisée, séparée et disponible.
Et l'ensemble forme un tout signifiant par rapport au lieu de collecte des sons.

Le donner à entendre tel quel n'est pas possible. Ce n'est pas un bloc figé et il restera toujours ouvert.
Cet ensemble est conçu avec la volonté d'interprétation en direct ; les possibilités de combinaison de ces éléments vont permettre de redonner du vivant à cette matière fragmentée - ne jamais l'assécher, la stériliser.
Il est nécessaire de remettre en question, en péril, l'organisation des sons à chaque diffusion ; le jeu en direct déroule comme un processus naturel de vie, et en même temps s'en éloigne et le transcende en provoquant des rencontres improbables entre les sons. C'est cette contradiction dans la création qui provoque le doute sur la nature de l'entendu. Alors il ne reste que des enregistrements de ces moments de diffusion : concerts, rencontres avec d'autres musiciens, danseurs, vidéastes, installation dans le lieu de collecte... Tous ces moments sont uniques, non-reproductibles, à l'image de la vie.

Hughes Germain.


   
par Gilles Malatray publié dans : Artistes et oeuvres communauté : ECOUTE ECOUTE
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Mardi 20 novembre 2007
TAISEZ-VOUS ET ECOUTEZ !!
PHONOGRAPHIES ET PAYSAGES SONORES



Shut up and Listen! 2007  
soundscape - field recording - phonography
Wien  4. - 6. Dezember 2007



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Voici un nouveau festival dont la thématique peut titiller l'oreille des  amateurs de  phonographies, de paysages sonores, de sound ecology, et de tous les chasseurs de sons...
On trouve, dans la programmation consacrée aux arts sonores, nombre de festivals dédiés aux   arts plastiques sonores, aux installations, performances, dispositifs électroacoustiques...
Sont également bien représentés la création numérique, le multimédia, l'installation vidéo-sonore.
Parfois des manifestations axées sur la parole osent le texte mis en espace, en sons, la poésie sonore qui donne de la voix.

Mais le festival dont je vous parle aujourd'hui oriente sa programmation autour des  paysages sonores et field recording (prises de sons "naturelles"), et cela est assez rare être signalé
La prise de conscience de notre patrimoine ambiant, et des graves dangers qui le menacent, poussent les écologistes, ceux qui tiennent à ce que nos milieux sonores fassent aussi partie de l'Arche de Noé, qui recensent les milieux à protéger, sinon à sauver du grand chaos qui les guettent,  à tendre la perche (du micro) aux citoyens auditeurs que nous sommes tous sensés être.
Ecoutants unissons-nous !
Sauvons notre patrimoine auditif avant qu'il ne devienne qu'un insupportable bruit de fond, un magma sonore que nous fuierons à coup de double-vitrages, murs anti-bruits, en parfaits autistes de l'écoute anti-sociale que nous seront devenus.
Préservons la diversité pour ne pas être obligés de ne consommer plus que de l'image Walt Disney, de la saveur Danone et de l'écoute Sony/Universal.

Qui mieux que les chasseurs de sons, les audionaturalistes, les amoureux des  espaces sonores  où  poser le micro, les modeleurs de paysages auriculaires, peuvent s'adresser à nos oreilles citoyennes, mettre en émoi notre fibre écologique, nous secouer salutairement les pavillons, au travers un festival  qui montre leurs travaux en donnant de l'air à notre écoute.


En écoute , Oiseaux marins de Marc Riek


Le programme (im De)


Dienstag, 04.12.2007
18:00 Podiumsdiskussion
(H. Grundmann, L.-M. Riek, G. Proy, H. Raffaseder)
19:30 Gabriele Proy (A) Forum Klanglandschaft
20:30 Lasse-Mark Riek (D) Finnish Spring
22:00 Phonographie-Ensemble (live-Übertragung auf o94,0)
Hörraum: Christopher DeLaurenti (USA) Favorite Intermissions

Donnerstag, 06.12.2007
15:00 live-Sendung Murmer auf o94,0
19:30 Murmer (UK) Framework FM
20:30 Klangprojektion aktueller Arbeiten
21:00 Helmut Mittermaier (D) Varanasi Tapes
21:30 Astrid Schwarz (A), Philip Scheiner (A) ganasos
Hörraum: and/OAR (USA): phonograpy compilations

 
 


Mittwoch, 05.12.2007

19:30 Hannes Raffaseder (A) , Kurt Hörbst (A) staTdT.kunst
20:30 Klangprojektion aktueller Arbeiten
21:00 Lale Rodgarkia Dara (A) Brief Vision
21:30 Voice Over Noise (SK) Audiotourism / Bratislava
Hörraum: noid (A) You're not here


Ausstellung / Web Art
Projekte
(an allen drei Tagen)

D. Holzer (US), S. Kolster  (NL), M. Boon (NL) soundtransit.nl
Martin Murauer (A) Vogelmemory
Petra Sandner (A) Fieldscape - Arbeiten auf Papier

 


Konzeption + Organisation: Bernhard Gal & Ernst Reitermaier
Veranstalter: sp ce - Verein zur Förderung von Musik, Kunst und intermedialen Projekten.

Mit Unterstützung von: SKE-Fonds, BMUKK, slowakisches Kulturministerium, o94.0


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En écoute, Barbecue de Murmer



Le site du festival


par Gilles Malatray publié dans : Festivals, Symposiums communauté : ECOUTE ECOUTE
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Lundi 19 novembre 2007
L'ENVIRONNEMENT ET
LES PAYSAGES DANS LES ARTS SONORES

(première partie)

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Poursuivons notre voyage dans le monde des arts sonores, pour évoquer un ensemble de pratiques liées à l'environnement, dans le sens quasi écologique du terme, c'est à dire s'intéressant aux sons en relation direct avec les écosystèmes dans lesquels ils se développent, et où nous vivons.
Le titre de cet article mentionne deux termes pour présenter ces pratiques sonores. Termes qui sont souvent employés de façon arbitraire, floue, comme deux synonymes, qui pourtant cachent des réalités bien différentes.
Si l'on prend le mot environnement, son sens a évolué au fil du temps, partant d'un simple espace physique et géographique circoncis, pour aller vers un ensemble d'événements et de phénomènes physiques entourant un organisme vivant (dont l'Homme), puis vers un ensemble de conditions naturelles susceptibles d'agir sur les activités humaines. Cette dernière définition nous renvoit aux approches écologiques  d'aujourd'hui.
On s'aperçoit qu' il y a une interaction constante entre l'Homme et son environnement, y compris en ce qui concerne l'environnement sonore. Chaque geste, cri, maniement d'appareils, construction de routes, de voies ferrées a une influence sensible sur l'environnement, et surtout sur l'écoute que l'on en a. Et parallèlement, chaque modification de cet environnement aura des conséquences directes sur nos modes de vie (écoute contemplative, boule Quies, double-vitrage, murs anti-bruit, procès pour tapage nocturne...).
Pour autant, on peut douter que ces intéractions soient toutes conscientes et volontaires dans l'esprit des hommes, que tous ces effets, ces actions, d'un côté comme de l'autre, aient été calculés par avance, surtout en ce qui concerne ce que j'appellerai les effets secondaires. Cette réflexion nous ramène  à des problèmes d'actualité, à savoir les dangers écologiques d'un environnement (sonore ou non) très abîmé, et force est de constater l'existence nombre de comportements dégradants, peu ou pas maîtrisés.
L'autre terme, le paysage, relève d'une vision, d'une pensée, plus située au niveau de la conception intellectuelle, même si cette dernière pourra enclencher de véritables actions.  Le terme de paysage est issu du domaine de la peinture. C'était au départ la représentation picturale d'un espace naturel , avant de devenir l'oeuvre-même (la toile) ou le genre pictural paysage. C'est aujourd'hui l'espace regardé, embrassé par le regard et celà réfère parfois une sorte d'état des lieux à un instant donné (le paysage politique, audiovisuel). Le paysage est donc une représentation mentale, plus ou moins réaliste, idéalisée, voire totalement rêvée. Le seul fait de poser un regard sur un espace, en choisissant son sujet, son angle de vue, la durée de son observation constitue une approche paysagère subjectivée.  
On peut aisément la comparer au travail du jardinier paysagiste qui va prélever des échantillons de natures (végétaux, terre, pierres, eaux...) pour les réassembler dans un espace donné : Le jardin. Ce dernier constituera une parcelle de nature apprivoisée, modelée par la pensée et la main de l'Homme créateur. On peut substituer ce geste de regard et de (re)construction  au geste d'écoute, qui lui aussi choisira ses points d'ouïe , ses postures d'écoute, et pourra ainsi procéder à une reconstruction mentale du paysage sonore, avant que de penser une modification par l'aménagement ou la création artistique. Donc entre environnement et paysage, nous n'aborderons pas les mêmes approches du sonore ambiant, et la différence est loin d'être anodine.

La naissance du Soundscape
A tout seigneur tout honneur, parlons de l'inventeur du paysage sonore, le compositeur canadien Raymond Murray Schafer. La publication de son célèbre ouvrage The Tuning of the World, imparfaitement traduit en français par le "Paysage sonore" amènera, dans les années 60, une nouvelle façon d'écouter et d'appréhender notre environnement par l'oreille, ce qui  fera naître des vocations alliant écologie et pratiques artistiques. Son projet mondial d'écologie sonore (sound ecology), ses outils d'analyse des sons constituant notre environnement, avec les critères de lisibilité, de compréhension (paysage Hi-fi ou low-fi,) les concepts d'identité sonore, autant d'éléments qui remettront en question à la fois la perception, la composition de nouveaux espaces sonores. Mais plus encore, des gestes d'aménagement proprement écologiques, dans lesquels les paramètres sonores, la qualité acoustique et le confort d'écoute dans notre vie quotidienne seront pris en compte émergeront de ces travaux. Cet aspect transdisciplinaire, entre arts, sciences de l'environnement, histoire du paysage et sociologie ne fait que confirmer la diversité des relations mises en branle entre différents domaines, qui caractérisent souvent les arts sonores.

En écoute : R. Murray Schafer sur Arte Radio


Sons naturels et nature sonore
Des matériaux à la source

Retranscrire des sons, avant de pouvoir les capturer physiquement (par l'enregistrement), et mieux encore, les conserver, voilà un rêve qui a depuis longtemps été partagé. Des écrivains, par soucis de réalisme, mais aussi pour introduire de la sensorialité dans leurs écrits, pour émoustiller virtuellement l'oreille de leurs lecteurs s'y sont essayé, et parfois avec un réel talent.

...Le matin, ennuyé de penser que mon grand-père était prêt et qu'on m'attendait pour partir du côté de Méséglise, je fus éveillé par la fanfare d'un régiment qui tous les jours passa sous mes fenêtres. Mais deux ou trois fois ? et je le dis, car on ne peut bien décrire la vie des hommes si on ne la fait baigner dans le sommeil où elle plonge et qui, nuit après nuit, la contourne comme une presqu'île est cernée par la mer ? le sommeil interposé fut en moi assez résistant pour soutenir le choc de la musique et je n'entendis rien. Les autres jours il céda un instant; mais encore veloutée d'avoir dormi, ma conscience, comme ces organes préalablement anesthésiés, par qui une cautérisation, restée d'abord insensible, n'est perçue que tout à fait à sa fin et comme une légère brûlure, n'était touchée qu'avec douceur par les pointes aiguës des fifres qui la caressaient d'un vague et frais gazouillis matinal; et après cette étroite interruption où le silence s'était fait musique, il reprenait avec mon sommeil avant même que les dragons eussent fini de passer, me dérobant les dernières gerbes épanouies du bouquet jaillissant et sonore. Et la zone de ma conscience que ses tiges jaillissantes avaient effleurée était si étroite, si circonvenue de sommeil que plus tard, quand Saint-Loup me demandait si j'avais entendu la musique, je n'étais pas plus certain que le son de la fanfare n'eût pas été aussi imaginaire que celui que j'entendais dans le jour s'élever après le moindre bruit au-dessus des pavés de la ville. Peut-être ne l'avais-je entendu qu'en un rêve par la crainte d'être réveillé, ou au contraire de ne pas l'être et de ne pas voir le défilé...

Ce texte tiré "Le côté de Guermantes" de Marcel Proust illustre la virtuosité d'une description toute empreinte de sons du quotidien, mais entendue et filtrée par le prisme de l'homme écrivain, avec sa sensibilité propre.

De leur côté, les musiciens ont aussi introduit des sons, ou tout au moins des effets musicaux les représentant dans leur compositions depuis longtemps. On pensera bien évidemment à Clément Jannequin et ses Cris de Paris,  Mozart père avec sa Symphonie des  jouets, bruitiste avant l'heure, à l'évocation des oiseaux, dont les coucous entendus dans la Symphonie pastorale de Beethoven, jusqu'au rythme lancinant de la locomotive Pacific 231 d'Arthur Honneger.

On n'oubliera pas non plus les instruments bruiteurs, évocateurs du progrès, de la modernité et de la vitesse, chers au futuriste Luigi Russolo.
Mais ce n'est qu'à l'arrivée de l'enregistrement que la capture sonore prendra toute sa dimension, à la fois comme trace, souvenir, à l'égal de la photographie qui fixera les visages, les  paysages et les scènes familiales, mais aussi comme outil de composition. Cette composition à partir de bruits objets-musicaux pour Pierre Schaeffer, et objets sonores pour Michel Chion, a été expérimentée et théorisée par ce qui deviendra le Groupe de Recherche Musicale né des studio de L'ORTF dans les années 1950. Nous reviendrons plus longuement sur les apports de la musique et de la pensée concrète dans les arts sonores actuels.


La phonographie (phonography)

Quand les micros gardent des traces tout en construisant des paysages sonores
Le terme de phonographie, littéralement "écriture des sons", est issue des recherches des musiques concrètes, ou électroacoustiques, selon que l'on s'attache plus au procédé de composition, ou au média technique de support et de diffusion. C'est semble t-il François Bayle qui l'a utilisé le premier pour définir l'inclusion de sons naturels, non retouchés, dans des oeuvres électroacoustiques de Luc Ferrari (Les presque rien par exemple).
La phonographie, souvent affiliée aux monde des chasseurs de sons, est une pratique très répandue aujourd'hui, et assez vivace dans le Nord Amérique et en Europe. Elle est également appellée de Field recording.
Le soundwalking est une pratique relevant de la phonographie. Elle consiste à effectuer une promenade, en milieu extérieur, centrée sur l'écoute de son environnement. La compositrice Hildegard Westerkamp est l'une des spécialiste du genre. Nombre de ces travaux consistent à enregistrer une promenage, avec de temps à autre des commentaires effectués " en direct", et de fait superposés à l'ambiance sonore. Ce genre de déambulations écologiques donnent à l'écoute une place centrale dans la découverte d'un paysage, qu'il soit urbain ou rural.

Exemple de soundwalking au Queen Elisabeth Park de Vancouver d'
Hildegard Westerkamp

Une nouvelle tendance exploite ces soundwalking pour proposer des visites urbaines à l'aide d'audio-guides scénarisés. Le promeneur-écoutant, équipé d'un système d'écoute portatif individuel, doit  suivre un parcours urbain, comme s'il jouait à un jeu de rôle, où observations, écoutes et consignes de déplacement ludiques alternent. (Ici-même à  Grenoble; Sound Drop, la Goutte d'Or à paris par le collectif M.U)

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Espaces sonores, espaces visuels
Cette différentes pratiques "sono-paysagères", souvent à visée écologique, tendant à vouloir conserver et faire écouter des identités sonores environnementales fortes, dans la poursuite des travaux de Murray Schafer, peuvent  être associées aux courants picturaux qui l'ont précédé. Sans vouloir de toute force créer des casiers comparatifs, on pourrait néanmoins dire que le micro a suivi le chemin du pinceau, dans sa double volonté de garder trace tout en offrant l'interprétation sensible de l'artiste.
En peinture, l'école du paysage, des marines et des représentations animalières trouvent écho dans les phonographies, le portait quand à lui peut se rattacher à l'interview, les scènes historiques dans des documentaires sonores et autres fictions radiophoniques... Seule la nature morte, dans sa fixité, comme paysage mental pétrifié, ne semble pas trouver d'équivalent, ou de rapprochements sonores, ou serait-ce dans dans le silence (de mort) ?
Autre point commun, le langage descriptif et technique des arts sonores, et particulièrement dans les pratiques paysagères, puise largement dans celui des arts picturaux, cinéma et photographie compris. On parle de champs et de plans sonores, de couleurs, de grains, auxquels on peut rajouter des termes spécifiques de Michel Chion qui parle d'audio-vision et de cinéma pour l'oreilles ( l'acousmatique, écouter sans voir).
Cependant, les expressions picturales employées dans les pratiques sonores n'induisent pas pour autant que le visuel fonctionne à l'égal du sonore, et que l'on peut calquer, dans l'écoute au quotidien et dans la création artistique, les mêmes modèles et les mêmes modes opératoires.
Mais ceci est un vaste sujet.

Question de véracité
La prise de son "naturelle" ou naturaliste, en milieux urbains compris, constitue t-elle une trace objective de l'environnement sonore ?

Non, peut-on répondre sans prendre trop de risque, pas plus que la peinture, la photographie ou le cinéma ne sont objectivement irréfutables dans les arts visuels.
Poser un micro quelque part, et pour un temps donné est déjà un acte volontaire et subjectif. Le choix du matériel, de la coloration qu'il ajoutera subrepticement à la matière initiale, le choix de la source, le "cadrage sonore", en panoramique, ou grossis, très prêt de la source, avec l'effet loupe du microphone, les déplacements effectués par le preneur de son, sans parler des éventuels traitements post-enregistrement (nettoyage, filtrage, montage...), tous ces paramètres montrent le rôle important de l'oreille et de la main du phonographiste. Ce qui d'ailleurs explicite l'expression d'écriture des sons, avec  l'aspect construction mentale subjective.
C'est d'ailleurs sur cet aspect là que la phonographie entre dans le champ des arts-sonores, au-delà d'un simple travail documentaire, d'un engagement citoyen destiné à sensibiliser les auditeurs à la défense d'un patrimoine sonore, voire à sa protection et à un aménagement de l'espace publique adapté . C'est dans ce travail d'une matière sonore quasi infinie, qu'il suffit de cueillir sur le terrain et de sa réintreprétation, et parfois de son installation plastique dans des espaces d'écoutes collectifs, des musées, ou les réseaux internet, que l'environnement auditif sert à fabriquer des paysages sonores.

Des audionaturalistes artistes
Des créations croisent aujourd'hui les travaux d'audionaturalistes, et de compositeurs acousmates. C'est le cas notamment de Bernard Fort, qui se revendique compositeur-ornithologue, élève de Jean Roché, célèbre audionaturaliste spécialistes des oiseaux. C'est ainsi que ses créations puisent largement dans des chants d'oiseaux pour donner naissance à des oeuvres originales, qui nous offrent des paysages sonores à la fois familiers et inouïs. On peut également citer Boris Jolivet, dont la précision et le "coup d'oreille" nous proposent des écoutes étonnantes, allant chercher dans les sons microscopiques des glaces fondantes pour créer d'extraordinaires paysages sonores, de même que Knud Viktor, dont les sons des vers grignotant du bois, des lapins qui rêvent et des fourmis qui courent ont épaté plus d'une oreille. Citons encore Yannick Dauby et Jean-François Cavro qui vont poser leur micros dans de lointaines contrées pour nous en redonner leur vision poétique, sous forme de témoignages-fictions qu'affectionnent aujourd'hui les phonographistes.

Nombre de sites internet participatifs, dans cette généreuse idée de créations partagées et libres d'accès nous font à entendre de copieuses banques sonores, certes disparates, mais véritables cavernes d'Ali-Baba recelant de petites perles auditives pour qui prend le temps d'y fouiller (SoundTransit, Kalerne, Quiet American, Phonography, Mapping the World with sounds...).
D'autre part, la production de supports sonores (CD) traitant de l'environnement sonore ne touchant pas de larges publics, les réseaux de distribution sont adaptés, souvent liés à des associations, labels ou collectifs d'artistes (l'Oreille verteEarthear, Sitelle...) qui développent des modes de diffusion adaptés à leurs projets et publics (revues CD, réseaux internet, rencontres et symposiums...)

Ecologie sonore, pédagogie et arts sonores
Les pratiques liées à l'environnement sonore travaillent régulièrement sur l'écoute ambiante, avec des objectifs de sensibilisation et de pédagogie. Apprendre à connaître son milieu auditif, aborder la ville par l'oreille, ne plus penser en seuls termes de nuisances et de bruit, toutes ses visées sont régulièrement illustrées et accompagnées par des interventions artistiques, des résidences, des ateliers... Des associations comme Aciréne, avec Elie Tête, oeuvrent simultanément sur des études d'environnements, des formations pédagogiques et des créations artistiques sonore (oeuvres de supports, installations environnementales, installations sonores  ludiques...). Citons encore une experience des plus intéressantes puisqu'il s'agit de travailler autour des sons de l'électricité dans le paysage. (Cordemais écoute l'électricité par Volume-collectif). Promenons également nos oreilles sur les rives du Taurion, via les micros de Cédric Peyronnet, belle leçon d'écoute paysagère sensible s'il en fut (Cartographie sonore du Taurion).

D'autres liens intéressants (à compléter)
Ingeos (Cédric Peyronnet)
Kaon
Sonicpostcards
The World Forum for Acoustic Ecology (WFAE)
Archimeda
Bruxelle nous appartient (BNA)
Sonatura

Dans un prochain volet, nous aborderons les notions d'environnement et de paysages sonores au travers des réseaux, les espaces virtuels d'internet, et des différentes  formes d' installations sonores paysagères.






par Gilles Malatray publié dans : Réflex'sons communauté : ECOUTE ECOUTE
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Dimanche 18 novembre 2007
APPEL A RESIDENCE
P
AYSAGES ET ARTS SONORES
SUR LE PLATEAU DES MILLEVACHES





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Les arts sonores, qu'ils soient oeuvres de supports, espaces acousmatique, musiques expérimentales, lutherie, installations, sont régulièrement en étroite relation avec l'environnement naturel, urbain ou rural, soit en y puisant des ressources de composition (sons, ambiances, matériaux) soit en étant créés pour et sur des des sites spécifiques qui les accueilleront.
Cet aspect environnemental, sinon écologiste, fera d'ailleurs l'objet d'un tout prochain article Des Arts Sonnants.
En attendant, voici un appel à projet de résidence "arts sonores" pour 2008, directement lié  à un environnement et à un site rural, le plateau des Millevaches dans le Limousin.



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Présentation de la structure

  
Situé en Corrèze dans le hameau de la Pommerie (commune de Saint-Setiers), Appelboom fait partie du Réseau art contemporain en Limousin et accueille depuis 1995 des artistes : plasticiens, danseurs, musiciens, comédiens,... en résidence.   

Riche de son environnement naturel préservé et de son ouverture culturelle, le Plateau de Millevaches offre un cadre de réflexion propice à l’expérimentation, au développement ainsi qu’au croisement des pratiques artistiques  contemporaines. Située entre 700 et 1000m d’altitude au sein du Parc Naturel Régional, cette zone géographique dont la densité de population est assez faible est recouverte de lac, de forêts et de landes. Les secteurs forestier et agricole en sont les principales économies.  

La forte présence du territoire amène bien souvent les artistes en résidence à envisager leurs projets dans un dialogue avec le paysage, l’environnement local, et à s’ouvrir au public à travers leurs œuvres, pendant et après  leur temps de création.    

Site de la structure


Cadre de la résidence / objectifs  


Pour cette année 2008, Appelboom propose deux résidences Art sonore.   

Ce volet s’adresse à des artistes dont le travail porte sur une réflexion autour du territoire à travers le médium son : musique, installation sonore, projet transdisciplinaire.  

Les projets peuvent être proposés en collaboration entre 2 artistes.  

Sur place, l’équipe développe un réseau de personnes et de structures ressources permettant au projet artistique de s’inscrire dans le contexte local. L’objectif est ainsi de faciliter l’intégration, la réalisation et la diffusion des œuvres produites en résidence en fonction des besoins énoncés et échangés avec l’artiste. Une liste de structures  est disponible sur le site internet ou sur demande à l’association.   

Deux autres cadres de résidence sont également proposés (voir appels à résidence correspondants):  

 • Tous domaines (2 résidences/an) : Un second volet plus large s’ouvrant à de jeunes artistes cherchant à développer une proposition en lien avec le territoire.  

• À Suivre – Les Chemins s’écoutent en Millevaches (1 résidence/an) : Le troisième axe est développé  en partenariat avec les associations Compte en Creuse et Pays’ Sage. Le projet propose de réaliser un parcours artistique lors du festival « Les chemins de rencontres » en juillet 2008. 

Durée et lieu de la résidence 

Les résidences, d’une durée minimum de 1 mois et demi pourront, en fonction des projets, s’étaler sur une période  pouvant aller jusqu’à 3 mois.  Les résidences se déroulent dans la grange aménagée sur le site à la Pommerie, 19290 Saint-Setiers.  

Moyens mis à disposition 

Appelboom met à disposition : 

Logement : 2 chambres, sanitaires et cuisine. L’atelier e