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DES SONS A LA CARTE
A LA CARTE dES SONS


Les  sons sont partout !
Ils nous entourent, ils bougent, se délocalisent,  s'enregistrent, se repèrent, se trient, se classent, et de plus, ils s'écoutent !
Du Nord au Sud et d'Ouest en Est, de l'Asie à l'Afrique et de L'Europe à l'Amérique, une multitude de sons sont phonographiés, façon naturelle, plutôt brute, où comme des créations sonores soumis à des traitements originaux. Ces traces mémoires sont fabriquées de jours en jours, d'heures en heures, de minutes en minutes, aux quatre coins de la planète, pourtant à peu près ronde...
Les technologies de captation ayant évolué rapidement ces dernières années, rendent aujourd'hui accessibles des appareils numériques de qualité au plus grand nombre. De plus, l'extension des réseaux internet fournit à une masse avide de communication tous azimut les réseaux nécessaires pour assouvir leur boulimie de diffusion et d'échanges sonores. Ces deux facteurs contribuent grandement au développement des pratiques phonographistes. Si l'on ajoute à cela le perfectionnement constant des logiciels de traitement sonore, grand public ou professionnels, on peut sans peine imaginer l'incroyable quantité de sons produits au fil des jours et promenés au gré des réseaux.

Aussi faut-il que ce potentiel sonore puisse se trouver des vitrines de reconnaissance à la mesure de ses ambitions, être hébergé dans des espaces de conservation adaptés, et bien entendu demeurer accessibles et écoutables au plus grand nombre.
Dans un environnement de plus en plus  large géographiquement, à la fois délocalisé par des déplacements géographiques de plus en plus aisés, et à la fois très localisé de par les spécificités intrinsèques liés aux lieux de captation, les sons voyagent constamment, du local  au planétaire; voire plus. Et de ce fait, preneurs de sons naturalistes ou artistes sonores travaillant sur des "matières écoutables vivantes" ont pris conscience de l'importance de ces médias grandissants, et jouent maintenant sur tous les réseaux de diffusion, dans toutes les échelles géographiques, des plus petites, des plus locales, aux plus étendues, notamment par le réseau sans frontière que constitue internet.
Nous avons déjà été amenés à parler de ces pratiques phonographiques, souvent en prise directe avec des conceptions environnementales écologiques, qui touchent de fait la planète entière. Les sites naturels, la pureté de l'air, de l'eau se protégent à juste titre, comme on peut aujourd'hui envisager de protéger des espaces d'écoute privilégiés.
Cependant, les enregistrements-traces, de types phonographiques, ne sont pas les seuls à être collectés, conservés, à arpenter les rues, expositions, installations, sites internet. Il existe également toute une production marginale, entre radiophonie, phonographie et créations électroacoustiques qui puise allègrement dans les ressources auriculaires de notre (ou de nos ) environnement(s).
Heureusement les gisements sonores semblent être intarissables, contrairement aux ressources énergétiques.
Et toute cette abondante production se retrouvant essentiellement sur la toile, vaste lieu de partage labyrintique, aussi riche que discutable parfois, elle a besoin de repères, tant esthétiques que géographiques pour être a minima identifiée, donc crédible.
D'où vient la séquence sonore que l'on entend ? A quoi se rapporte t-elle ? Quelles sont ses attaches historiques, sociales, culturelles, géographiques... ?
Un son jeté sur la toile, sans la moindre préçision, notice, ne représente pas grand chose d'intéressant, de signifiant, si beau puisse t-il être dans ses qualités esthétiques.
On peut toujours envisager de classer les propositions sonores par listes, par thématiques, par "paysages circonstanciés", au sens large du terme, par ce qu'ils pourraient représenter. On peut également  accompagner
les sons de notices, de descriptifs plus ou moins explicites, détaillés . Mais celà suffirait t-il à positionner et de fait à identifier des prises de sons dans des contextes qui ne soient justement pas trop décontextualisés, ou dématérialisés en l'occurrrence. En effet, le danger d'une surabondance de sons accessibles sur la toile semble bien être celui qui conduirait vers une désincarnation, générée entre autre par les flux innombrables et souvent anonymes circulant dans les tuyaux d'internet ?

L'une des réponses que semblent aujourd'hui avoir trouver les preneurs de sons "metteurs en ligne" semble être celle du repérage géographique, de la localisation sur une carte. Ces techniques de "mapping" ou de "géotags" (marqueurs géographiques) permettent de localiser précisément les sources sonores visuellement, grace à des "virgules" placées à l'emplacement des sources sur les territoires visualisés sur internet.

soundtag.jpg

Ces virgules, non seulement localisent précisemment la source sonore, en surimpression sur une carte géographique, mais encore réagissent comme des "boutons déclencheurs" lorsque l'on clique dessus, pour nous faire entendre les sons qui s'y réfèrent. De plus, ces hyperlienns affichent souvent une notice écrite précisant, selon les cas, l'identité du phongraphiste, l'adresse exacte de la prise, parfois les dates de captation, le matériel utilisé, des commentaires additionnels...
Bref, tous ce qui permet d'extraire des sons d'un anonymat trop réducteur.
La carte elle-même étant intéractive, elle offre la plupart du temps à ses utilisateurs la possibilité de zoomer, ou de dézoomer, pour localiser plus précicémment encore les sources représentées. Parfois certaines cartes proposent de telles zoom, que l'on voit clairement le quartier, l'environnement naturel ou bâti, et que l'on peut, de façon tout à fait intéressante, corréler les sons entendus avec une vision précise de leurs milieux ambiants. 
On peut ainsi trouver des sites (avec Freesound par exemple), qui proposent une approche partant de la planète entière, jusqu'à une loupe visuelle distinguant précisément les habitations, voitures, surtout dans les espaces urbains plus précisément cartographiès par des logiciels du type Google Heart... Mais des exemples valant mieux que de grands discours, voici quelques uns des très nombreux sites proposant des écoutes géotagées, où le voyageur auditeur peut se promener de par le Monde, à l'écoute de ses bruits parfois des plus intimes ou des plus typiques.



Tout d'abord ce grand périple autour de la planète que nous propose Freesounds.
Ce site est un site participatif, alimenté par des phonographistes de tous horizons géographiques. Une bien belle déambulation au gré des langues et des paysages, qui parfois nous révèlent de fortes identités paysagères sonores.
Voir et écouter Freesounds geotags


Ensuite, beaucoup plus localisée mais non moins intéressante, une carte sonore plus restreinte dans son territoire, qui nous permet de découvrir les milles et une facettes sonores d'une petite rivière près de Limoges, le Taurion, sous les micros de Cédric Peyronnet. De plus, le site est très bien renseigné sur toutes les dimensions du projet, ce qui ne gâte rien bien au contraire.
Voir et écouter le Taurion et ses alentours



Et puis encore, un détour par des belles terres sonores  espagnoles, aux environs de Saint-Jacques de Compostelle. Site participatif.
Voir et écouter Escoitar



Une autre escapade sonore à toronto Island, sous les micros de l'artite sonore Darren Copplend
Voir et écouter Toronto Island


Un voyage sonore proposé par Okada, preneur de son japonais
Voir et écouter Soudblum



Un parcours sonore à la Goutte d'Or (Paris), d'après le Collectif Mu pour les Nuits blanches 2005. Mémoire, témognages et créations sonores au fil d'un bel audioguide.
Ecoutez Soud Drop

Et bien d'autres circuits d'écoute à découvrir au fil du web...






Tag(s) : #REFLEX'SONS