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MECAMUSQUES
RETROSPECTIVE JACQUES REMUS
A MORLAIX

du 3 juin au 31 août 2008




Qui dit rétrospective dit exposition conséquente, présentant une riche trajectoire d'artiste, susceptible d'alimenter une exposition avec une approche exclusivement monographique.
Or dans le domaine des arts sonores, les artistes pouvant prétendre à cette forme d'hommage ne sont finalement pas si nombreux pour signaler cette initiative comme un événement majeur.
Certes, quelques artistes sonores reconnus ont été ainsi fêtés, mais aujourd'hui, il s'agit d'un des précurseurs de domaines situés entre la lutherie expérimentale, la robotique, la bricophonie ingénieuse, alliant récupération et programmes informatiques complexes, sans compter la création d'interfaces et de procédés de pilotage ou d'intéractions aussi discrets que sophistiqués.
En 1981, Jacques rémus, car il est bien sûr question de lui ici,  révolutionne à sa façon le monde de la musique contemporaine et des arts plastiques, avec en prime une incursion audacieuse dans le champ scientifique, en créant un ensemble de robots interprètes : Bombyx. Dans cette création, une intéraction musiciens-interprètes-improvisateurs et robots-machines sonores favorisait la rencontre entre hommes et machines, dans une ère où l'informatique était encore loin de fournir les outils dont dispose le commun des musiciens d'aujourtd'hui.

Citation de l'artiste
... Le musicien joue avec / contre / ou autour de "Bombyx". C'est en quelque sorte une confrontation entre l'homme et les machines. L'univers sonore en devient captivant, fascinant. Le dispositif compte cinq machines spectaculaires : l'une à corde, l'autre à percussion, ainsi que trois autres éléments dont un module constitué de signaux d'appel (sonnerie, cloches...) Le parti pris est acoustique : on constate une absence volontaire d'amplificateur...

...Bombyx a été présenté de très nombreuses fois entre 1982 et 1988 au Festival International de Musique Expérimentale de Bourges, lors de "Nuits Blanches"à Paris, et à l'étranger au festival de Bergâme, au festival International d'Automne Musicale à Côme....

Ces sculptures sonores ont malheureusement été détruites par une tempête en 1988.

Depuis, de nombreuses autres sculptures sonores ont vu le jour, faites de tuyaux, de mécanismes sophistiqués,  mis en scène et en espace, de programmes informatiques, moins voyants mais néanmoins efficaces, d'objets détournés de leurs fonctions premières, tel le célèbre "Lavomatique" réalisé à partir de machines à laver formant un orchestre mécanique des plus surprenant, au meilleur sens du terme.

Annecdote :
L'été dernier, en arpentant les rives du Doubs par un bel après-midi ensoleillé, j'ai pu apprécier un ensemble de machines "mécamusicales" de Jacques Rémus, dans le cadre du festival "Musiques de rue et nouveaux territoires des arts sonores", avec un incontestable plaisir, tant de la vue que des oreilles.
Une vingtaine de machines à laver, orchestre (a)ménager piloté par ordinateur, s'alignait sur un quai de chargement fluvial, ensemble imposant que l'on pouvait suivre des yeux et des oreilles, en déambulant tout au long de cette installation aussi sonore que poétique.
Quelques centaines de mètres plus avant, en pénétrant au coeur d'une enceinte fortifiée de Vauban, sombre et imposante par ses proportions, nous attendait une séries de concertomatiques, où tuyaux et machineries stupéfiantes nous jouaient, sous la commande de Jacque Rémus en personne, des valses de Strauss jusqu'aux vexations, peu connues et très expérimentales d'Eric Satie. L'artiste se faisant une joie de renseigner un public de grands et de petits, littéralement médusé par la vue et l'écoute de ces mécanismes magiques.
Enfin, à quelque pas, suspendu sur une passerelle piétonne enjambant le Doubs, un ensemble de carillons mécaniques, tels des fruits sonores et luisants, qui égrennaient délicatement des bribes de mélodies à la fragilité et la la grâce d'une boîte à musique géante. J'ai reconnu Johann Strauss lorsque j'ai traversé le pont.

Tout ceci pour vous donner envie d'aller voir et entendre les sculptures sonore de Jacques Rémus de plus près.

Vous l'aurez compris, mon ton quelque peu dithyrambique, avec le parti pris que cela suppose, indique clairement que j'apprécie beaucoup l'oeuvre de Jacques Rémus. D'ailleurs, je parle dans ce blog des gens que j'aime, ce qui me permet de ne pas être embarassé d'un discours trop circonstancié et dépendant. Rassurez vous, il reste encore quantité d'artistes et d'oeuvres que je n'ai pas encore cité, et que je ne citerai peut être malheureusement jamais dans ces pages, faute de temps ou par simple négligence, alors que je les considère comme des créateurs à découvrir. Là se posent les limitent d'un blog qui fonctionne aux coups de coeur et non avec la prétention d'être un témoin critique et exhaustif de la création sonore actuelle.

Pour en revenir à Jacques Rémus, et à la rétrospective qui lui est consacrée, voici la présentation de cet événement par un article paru dans Ouest-France :

Le théâtre de Morlaix accueillera une rétrospective des instruments de ce musicien,

du 3 juin au 31 août.

Un monde insolite de tuyauteries.

« Je ne peux expliquer pourquoi je fais cela mais je sais que je ne pourrais pas vivre sans... ». Énigmatique Jacques Rémus ? Définitivement humble plutôt. Ne comptez pas sur lui pour vous donner les clés de son oeuvre. « Je n'ai pas de théorie, je préfère m'imprégner des réactions qui se développent. L'atmosphère peut être subversive ou tranquille selon la partition, il n'y a pas de règle. »

Depuis Bombyx, la première machine sonore qu'il a créée en 1981, l'artiste se situe dans la lignée des sculpteurs sonores du Klang-Kunst (le son et l'art, en allemand) des années 1960-1970, parmi lesquels se reconnaissait l'Américain John Cage.

Pendant trois ans, les machineries insolites du Français vont habiter le théâtre à l'italienne de Morlaix. Un écrin baroque, un brin kitch, qui contraste à souhait avec les inventions. Une idée de René Peilloux, le directeur de la salle finistérienne, après avoir vu l'artiste à Beaubourg, à Paris, donner une performance avec Rolf Sudman, également constructeurs d'instruments délirants.

« L'installation à Morlaix a une ampleur inédite, puisqu'elle réunit la plupart des machines que j'ai fabriquées depuis 1991 », annonce Jacques Rémus.

Des machines à laver

La performance a été conçue comme un cheminement qui avance crescendo et part des entrailles du lieu avec un quatuor d'aquariums fluorescents qui soufflent des sons perce-oreille. Visuellement, L'orgue à bulles évoque une paillasse de chercheur. Une réminiscence de sa formation de biologiste, d'une époque où le saxophone lui offrait ses récréations. « J'ai fini par tout lâcher. Piètre instrumentiste, je me suis donné les moyens d'interpréter des partitions complexes. »

Depuis, ce savant pas si fou explore aussi bien le baroque que le contemporain. De la robotique à l'informatique en passant par l'électronique et la connectique... Il en jette plein l'ouïe et les mirettes de ses trouvailles lumineuses. Ses instruments à vent, à corde ou ses percussions à air propulsé ont été empruntés à l'univers de la tuyauterie ou de la mécanique. Ainsi ces machines à laver le linge, désossées, qui, sur un air de récup' rivalisent avec les Tambours du Bronx.

Chaque « Concermatique » s'interprète sans les mains, une fois la partition lancée sur l'ordinateur. Ou encore par le biais d'une manette de console vidéo que les spectateurs, qui se rêvent en chef d'orchestre, pourront promener dans les airs, en déclenchant des symphonies inédites.

Françoise LE BORGNE.
Sources Ouest-france

Visite des installations du mardi au dimanche de 15 h à 20 h. Renseignements au 02 98 15 22 77.

 

Et voici la présentation du Théâtre de Morlaix qui accueille cette rétrospective :

L'EMOTION MACHINE
Envahissement du théâtre à l'italienne par les machineries sonores de Jacques Rémus

Description :

Le Théâtre à l'italienne du Pays de Morlaix, classé au Monument Historique, est envahi par les machineries sonores de Jacques Rémus. Le patrimoine accueille la création contemporaine pour une aventure divertissante et fantastique ! 

Dès le 3 Juin et jusqu'au 31 Août, les sculptures sonores vont prendre possession du théâtre du pays de Morlaix et proposeront au public de s'essayer à leur maniement. A l'aide d'un joystick ou d'une manette WII, venez essayer de composer une mélodie en dirigeant des ensembles de machines à laver ! Vous serez surpris par votre créativité ! Petits ou grands, tous se laisseront prendre au jeu de la musique mécanique et se laisseront séduire par les concertos donnés par ces machines hors du commun.

A ces installations vont s'ajouter une programmation de spectacle tout aussi étonnant ! Conférence théâtralisée, massage sonore, concert performance, atelier d'écoute au casque...la programmation du Volet II de l'année 2008 fait la part belle au son, à l'art sonore et à ses dérivés.
Descriptif complet de la programmation selon les dates, dans l'onglet programmation.

Contact :
Théâtre du Pays de Morlaix
20 rue Gambetta
BP 67127
29671 MORLAIX cedex

Tel : 02 98 15 22 77
Fax : 02 98 15 22 70
Courriel : theatredupaysdemorlaix.communication@wanadoo.fr

Informations complémentaires : www.mecamusique.com

 

Mais cette programmation est également complétée par des événements annexes, qui se posent en contrepoints sonores des oeuvres de jacques Rémus  présentées:


La machine à explorer les sons
Un voyage sonore imaginé par Thierry Balasse

 

Description :

Embarquez au côté du professeur Tony Barks et de son assistant  Horace Hum à la découverte de l'Histoire du son et de l'évolution des modes d'écoute à travers les âges. Grâce à leur machine incroyable, ils illustreront leurs propos mêlant humour et réelle création musicale!

S'adressant à tous dès 10 ans, cette création musicale et théâtrale comblera aussi bien les novices que les amateurs de musique contemporaine et concrète.

informations complémentaires:
www.inouie.net

Mercredi 11 Juin 20h

Jeudi 12 Juin 20h

Vendredi 13 Juin 20h

 

 


DUO Spirli / Madiot
Concert / Performance sonore

 

Description :

Thierry Madiot joue d'un instrument peu répandu : le trombone basse. Gràce à son inventivité et son énergie, il s'est vite rendu indispensable sur la scène de la musique improvisée.

Alfred Spirli, lui, est familier du mélange des genres et des musiques. En plus de sa batterie, il s'entoure de jouets de toutes sortes qu'il transforme en source de sons!

Leur duo sur la scène du théâtre du Pays de Morlaix nous promet être une belle performance sonore ! 


Ne manquez pas les massages sonores de THierry Madiot !
Le mercredi 25 Juin, entre 15 et 17h ou 18 et 20h, venez vous faire masser grâce à la manipulation du son pendant 7/8min!
Gratuit, réservation obligatoire !


informations complémentaires : http://madiot.free.fr

Massage sonore  Mercredi 25 juin 15h à 17h et de 18 à 20h
Gratuit, réservation obligatoire

 

Le moment perpétuel
concert solo de Frédéric Le Junter

Description :

  Après avoir présenté ses installations et un concert solo (à la Carène) dans le cadre du festival invisible de Brest, Frédéric le Junter nous fait l'honneur de nous proposer un concert solo sur notre scène. 

A l'aide d'instruments et de machines mécaniques fabriqués par ses propres soins, Frédéric Le Junter nous fait découvrir son univers sonore peuplé de surprises et d'improvisation

informations complémentaires :
http://flejunter.free.fr


Programme complet à consulter et télécharger ici



Quelques images des machines sonores de Jacques Rémus


Concertomatique



Machines à laver

 


Autres machines à laver


Ensemble de machines sonores

 

Carillon concertomatique à Lille

 

 

 

 

 


Tag(s) : #REFLEX'SONS