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NECROSONIC
La lutherie expérimentale en deuil

L'espace des arts sonnants tente de rendre compte de l'actualité de la création sonore tous azimut, de parler de la vie d'un secteur en plein essor.
Cependant aujourd'hui, nous parlerons plutôt de la mort, celle d'un artite néerlandais récemment disparu, en juin de cet année 2008.
Il est en effet bon de rendre hommage , selon de funestes aléas de l'actualité, aux défricheurs et d'expérimentateurs sonores, hélas aujourd'hui disparus.

Michel Waisvisz, car il s'agit de lui, bien qu'ayant arpenté le monde entier lors de concerts, performances ou installations, résidait en Hollande, à Amsterdam.
Il a travaillé sur plusieurs secteurs d'activités qui l'on rendu célèbre dans le milieu des arts sonores et des musiques électro-expérimentales.

Il fut un chercheur infatigable de nouvelles sonorités, en travaillant notamment sur des secteurs de la lutherie expérimentale, électronique, de l'interface, pilote de dispositifs sonores en temps réel.

Ses fameuses crackles box, petites boites synthétiseurs low-fi portables, munies d'un mini circuit imprimé, et commandables par de petits capteurs manuels, l'ont rendu célèbre et ont été à la base de beaucoup d'expérimentations entre bending et lutherie électronique. C'est d'ailleurs une machine que l'on pouvait (que l'on peut encore ?) se procurer pour une poignée d'euros en la commandant directement à Amsterdam.



Vous trouverez, en anglais, l'histoire des crackles box ici,
sur le site de l'artiste.
 
Pour voir, entendre et mieux comprendre comment fonctionnent ces facétieuses machines je vous propose une petite vidéo, drôlement anecdotique et très française. Il s'agit en fait d'une manifestation sonore (et sociale) d'acteurs culturels, le jour de la fête de la musique 2007. Ils sont devant les bureaux de notre actuelle Ministre de la culture, et ceci peut de temps après que cette dernière ait déclaré son "inamour" de l'art contemporain (sic)...

Serenade for Christine (crackles box concerto)






Michel Waisvisz avait décliné ses crackles en une série d'objets-robots-bruitistes tel ce crackle synthétiser, un peu plus perfectionné.



Mais il convient de ne pas réduire l'oeuvre de Michel Waisvisz à ces simples objets bruitistes. Ce dernier a également travaillé à d'autres machines et interfaces, avec parfois autant de brio, que d'humour et de dérision, voir cette illustration autour des crackles family.



Mais aussi ses "Hands, interfaces de jeu en temps réel avec lesquelles il performait au quatre coins du globe.



Et autre Belly Web, machine de traitement de signal audio complexe.



Et enfin ces robots sonores étrangement futuristes, les "Slungels", en concert



Et toujours les Slungels, dans la rue.



En fait, le contrôle du son par le geste, la recherche de nouveaux modes de jeux instrumentaux ont beaucoup préoccupé l'artiste qui a imaginé et fabriqué moult dispositifs pour ses besoins propres, en performances comme en installations.
Il a ainsi collaboré avec différents artistes, dans des courants de musique électro, expérimentales, improvisées...
Dans le prolongement de ses interfaces pysiques, il a également développé des logiciels de traitements audio et midi, tels que LiSa, un soft assez complet et complexe du reste, pour macintoshiens férus et quelque peu avertis.

Enfin, dernière casquette qu'avait cet insatiable touche-à-tout, la création d'un centre de recherche : le Steim,  autour des musiques électroniques, des instruments et interfaces sonores, et des actions de soutien et de diffusion d'installations, de spectacles, de concerts-performances, théâtre électrique et musical...


Electric Music theatre


Voila pourquoi cet infatiguable chercheur de sons et de gestes sonores méritait bien que l'Espace des arts sonnants lui consacre ces quelques lignes.











Tag(s) : #ARTISTES ET OEUVRES