Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

L'ETE SONORE,
LES SONS
S'INSTALLENT DANS LE PAYSAGE
Menton - Serre de la Madone et ses
fauteuils sonores
de Michel Redolfi

Centre d’Art Contemporain de Lacoux
et
berges du Rhône à brenier-Cordon
les flutes solaires
d'Eric Samakh

 je vous ai déjà entretenu des courants sonores qui associent paysage, environnement et installations sonores, dans une mouvance post Murray Shaffer. Ces démarches, entre recherches esthétiques sonores, plasticiennes et écologie sonore, semblent actuellement connaître un intérêt croissant, aux vues des installations, parcs de sculptures, parcours et sentiers sonores aménagés dont le nombre va grandissant. Plusieurs approches se distinguent dans ces champs paysagers, privilégiant parfois des gestes où la recherche esthétique domine, dans des créations in situ, ou fortement réadaptées pour les lieux d'installations, et parfois sur des créations s'appuyant sur des démarches plus écologique, indissociables de regards sociaux et d'attitudes citoyennes. Il n'est pas question ici de privilégier ou de dénnoncer telle ou telle posture, mais simplement de faire le constat de la pluricité des approches, chacune gardant des accroches fortement ancrées dans des environnements donnés.
Les sons sont parfois tirés du terreau local pour y être réinjectés, plus ou moins modifiés, amplifiés, spatialisés, et d'autres fois produits arificiellementpour venir se frotter à ceux des paysages sonores préexistants. Ils proposent, selon le geste de l'artiste, tout un panel de postures d'écoute, en mouvement, assis, alongé, dans des attitudes contemplatives, participatives, intéractives...
Ces sonorités qu'elles soient ponctuellement installées dans des espaces publiques ou agencées de façon pérenne, interrrogent souvent, tout au moins cela paraît l'un des souhaits récurrents des artistes sonores que je qualifierais ici d'environnementaux, sur la notion d'écoute ambiante; écoute et réappropriation de ses lieux de vie, écoute active, subie, non-écoute et enfermement, relations inter-citoyennes des acteurs-producteurs-écouteurs, dégradation ou amélioration des espaces de vie, modélisation de lieux d'écoute idéaux, d'une écoute du futur, de fictions auriculaires à forte valeur esthétique, sociale, le tout repensés et remixé par l'artiste...
La question de l'installation sonore environnementale soulève, ou en tous cas peut soulever une série de questionnements qui semblent engager l'artiste dans une réflexion impliquée, dépasant me semble t-il, le simple fait de créer un "objet" esthétique. Mais ce débat peut s'appliquer à de nombreuses formes artistiques ou culturelles et nous ne nous engagerons pas ici dans un essai philosophique autour de l'engagement social , politique, de l'artiste dans la société.

Revenons à des questions d'actualité, en présentant deux actions estivales autour d'installations environnementales.
La première est due à Michel Redolfi, connu notamment pour ses compositions électroacoustiques et pour ses cxoncerts subaquatiques. Il s'agit d'une installation de sièges sonores disposés dans un parc dont voici la description.

Vendredi 18, samedi 19 et dimanche 20 juillet, de 10h à 18h

Installations sonores -

« Paysage et Résonances »


Conception : Michel Redolfi

& Marie-Pierre Barbazanges
Design : Christoph Harbonnier
Son : Michel Redolfi


Des escaliers en pierre pour indiquer le chemin à suivre, le bruissement de l'herbe sous vos pas, et des grillons pour réveiller les sens. Il faut ensuite soulever les quelques branches de palmes, ordonnées dans leur chaos apparent, pour découvrir le fameux jardin de la Serre de la Madone, créé au début du siècle par Lawrence Johnston.

Ce ne sont pas moins de neuf hectares de rêveries qui s'imposent aux visiteurs, ce n'est donc pas sans raison qu'ils sont plus de dix mille par an à se perdre dans ce vertigineux paysage.

Des fauteuils étonnants


L'image “http://www.menton.maville.com/photos/2008/07/19/nm_205333_px_501__w_nicematin_.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Michel Redolfi et Christoph Harbonnier ont planché plus de quatre ans, au côté de Marie-pierre Barbazanges, à l'élaboration du fauteuil musical. : Gaëlle Rungi


Une réalité qui n'a pas échappé à Michel Redolfi, l'un des concepteurs de l'expo
« Paysage et résonances » lors de ses toutes premières visites : « Le jardin de la Serre de la Madone est naturellement sauvage. On se sent transporté dans un autre milieu. Ce désordre, cette opulence végétale rappellent des lieux enfouis du brésil. C'est même inimaginable de penser que nous sommes à Menton. » Un coup de coeur bien mérité pour ce havre de paix qui abrite pendant trois jours des « libellules de bois » peu ordinaires.

Turquoises ou rouges au choix, les six prototypes de l'association « Paysage et résonances » ont trouvé place autour des bassins de la Serre de la Madone. Habilement installés pour permettre aux visiteurs de profiter d'une vue panoramique, de l'ensoleillement et du concert des grenouilles. Le sonoptère, de son nom barbare, est un fauteuil sonore étonnant. Il émet des séquences musicales captées lors d'expéditions diurnes ou nocturnes, mais aussi des musiques retravaillées spécialement pour s'adapter aux sonorités du jardin grâce à des capteurs photovoltaïques. Le plus : ses « chaises d'une nouvelle ère » sont totalement autonomes et fonctionnent grâce à des panneaux solaires qui alimentent le lecteur audio. Puis la musique se diffuse par le bois, histoire de redécouvrir les lieux, les sens émoustillés.

Le pari est lancé

Dans cet univers sonore insoupçonné, le mot d'ordre est la relaxation. Confortablement allongé sur ces fauteuils nouvelle génération, le visiteur peut se laisser surprendre. Le cadre est posé, l'écoute optimale, reste à l'imaginaire à prendre le relais.

Pour l'heure le succès est tel que l'association « Paysage et résonances » pense démocratiser le concept. Marie-Pierre Barbazanges est donc en train d'élaborer un second volet au chapitre de cette aventure high-tech. Une commercialisation ? L'idée séduit les concepteurs mais restent à définir les besoins logistiques nécessaires.

Actuellement il serait davantage question de la création d'un parc de découvertes sonores, pourquoi pas dans les Alpes-Maritimes. L'invitation aux sens est déjà lancée, reste à fixer le lieu et l'heure du rendez-vous ! Mais avant de s'envoler vers de nouvelles expéditions, les fauteuils sonores se posent encore deux jours au jardin « Serre de la Madone ».

Sources
Julie Quilici
Nice-Matin



Deuxième événement lié à une installation sonore environnementale



Erik SAMAKH
Le Centre d’Art Contemporain de Lacoux crée l’évènement
en accueillant l’artiste Erik Samakh
cet été (21.06-07.09.08).


21 juin - 7 septembre 2008


"harmoniques solaires", 2008. Cacl
7 cannes sonores et capteurs solaires.
Propriété de l'artiste.



Avec « Harmoniques solaires et zones de bruits », l’artiste
Erik Samakh expose un ensemble d’œuvres récentes du 21 juin au 7 septembre 2008 et construit un parcours spécifique au Cacl.

Développant le concept d’ « écologie acoustique », les créations d’Erik Samakh seront marquées de cette originalité. Des installations audibles investiront le cœur du centre d’art à partir de cannes sonores dont l’élément déclenchant est la lumière subtilement dosée, florilège d’oeuvres organiques, photographiques et vidéos, afin d’orienter aussi l’exposition sous un angle de sensibilisation et d’en dévoiler le cheminement. Des fenêtres solaires dits « capteurs d’énergie » viendront abonder ce panel et perturber les repères kinesthésiques des visiteurs.

Située à la croisée de 2 expériences : une rencontre avec la nature et une utilisation de la technologie la plus avancée, l’œuvre d’Erik Samakh occupe une place singulière sur la scène artistique française.

Souhaitant que l'interface avec l'utilisateur soit la plus directe possible et que l’observateur ne voit pas les machines, il explore les interactions entre la technique et l'environnement. Pour lui, l'espace est commun entre nature et technique. La seconde ne fait souvent que s'appliquer à rattraper la première qui elle-même apparaît à l'observateur un tant soit peu avisé comme un extraordinaire complexe biotechnologique. Son oeuvre se répartit en deux catégories : des installations acoustiques réalisées à partir de dispositifs technologiques autonomes et interactifs (les modules acoustiques autonomes), et des environnements naturels (sous-bois ou marécages) dans lesquels il crée des situations d'ordre communicationnel entre espèces animales et végétales, et ce sans faire forcément appel à la technologie. Ses installations rendent sensibles à la beauté des petits sons de la nature, ceux mêmes qui interagissent avec notre imaginaire.
Le choix de cet artiste réside dans la monstration d’une démarche pertinente, liée totalement à l’identité (naturelle, environnementale, architecturée) du lieu d’exposition.

[« L'écologie sonore » est à la confluence d'intérêt des urbanistes, des musiciens, des sociologues, des historiens, des géographes, des ingénieurs, des designers...Elle nous invite à être plus vigilants aux sons qui nous entourent : il s'agit de la perception. L’écologie acoustique s'occupe aussi des nuisances sonores en ville mais aussi dans les machines. Un son de machine peut devenir un son riche et agréable suivant la perception que l'on en a. La perception sonore est toujours disponible, on ne peut fermer nos oreilles, mais nous nous fermons à certains sons familiers, agréables ou désagréables. Le son fait partie d'un contexte et est interprété en fonction de ce contexte » (S.Barron, « Grenouilles communicantes »)].

En parallèle, à Brégnier-Cordon
Partie intégrante du vaste projet de vélo route du Léman à la Mer, la Communauté de Communes Terre d’Eaux a inauguré son tronçon de 15 km en septembre 2007. Dans une volonté forte de développer un axe culturel sur son territoire, Terre d’Eaux a fait le choix novateur de l’art contemporain.

L'image “http://www.documentsdartistes.org/artistes/samakh/images/joueurs.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.
Flute solaire d'Eric Samakh


« Il s’agit de s’engager avec des plasticiens sur des projets à l’échelle d’un territoire, sur des créations qui prennent en compte non seulement la révélation de sensibilités artistiques propres – celles des artistes – au travers de leurs productions mais aussi celles d’une richesse réelle qu’est l’environnement somptueux qui accompagne le visiteur, le cycliste sur un sillon de découverte(s) multiples et variées » (H.Lallier).

Pour l’édition de cette année, l’artiste Erik Samakh est sélectionné. Il installera ses flûtes solaires le long du parcours : celles-ci disposent de capteurs solaires alimentant des turbines qui soufflent dans les flûtes. Ainsi le soleil, les arbres, les feuilles et les ombres, les nuages et le vent sont les agents qui déclenchent, modifient ou stoppent les flûtes.

Connu et reconnu aujourd’hui à l’échelle internationale, Erik Samakh a exposé dans des musées prestigieux notamment au Centre Pompidou et au Musée national archéologique et anthropologique de Lima au Pérou, ainsi qu’à l’Abbaye de Maubuisson et au Château de Chambord.

Il a participé à la Biennale de Venise et investi de nombreux parcs nationaux. Résidant dans les Hautes Alpes, il est aujourd’hui un artiste incontournable sur la scène artistique.

Informations pratiques
Vernissage le 21 juin à partir de 17h30.
Exposition du 21 juin au 7 septembre 2008.

Horaires : mercredis et week-ends, 11h-17h30.


A l’occasion de cette exposition, la coédition d’un livre d’artiste est réalisée par le Centre d’Art Contemporain de Lacoux et Archibooks Editions.


Centre d’Art Contemporain de Lacoux
« l’école » - Lacoux
01110 Hauteville-Lompnes
Tél : 04 74 35 25 61 / fax : 04 74 35 20 64
centre.art.lacoux@wanadoo.fr / www.centre-art-lacoux.com


Sources Centre d'Art contemprain de Lacoux





Tag(s) : #FESTIVALS