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DES RENCONTRES
ET DES PARCOURS SONORES

ISERABLES 
Valais-Suisse  12 juillet – 31 août 2008



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Sous la houlettte de Musique et environnement, structure dirigée par le compositeur suisse Pierre Mariétan, plusieurs actions mêlant arts et sciences ont vu le jour, avec notamment une approche écologique du paysage sonore.
Sans m'étendre d'avantage sur ce sujet déjà plusieurs fois abordé dans ce blog, je relayerai deux actions en cours, l'une portant sur une approche du paysage sonore à partir d'expositions, de mini-événements et de points d'écoute réunis en un seul parcours, et l'autre sur des rencontres autour des thèmes Musique-Architecture-Ecologie.

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EXPO MUSIQUE – PARCOURS D’ÉCOUTE Pierre Mariétan, Pierre-Marie Joris,  Jean Nicole  Guillaume Billaux

1. Cabine du téléphérique Les terres dites du ciel  par les habitant du lieu, une séquence de huit minutes, durant la course du téléphérique avec les interventions enregistrées des habitants du village. (Pierre-Marie Joris)
2. Station du téléphérique  Le son du cor : une séquence de dix minutes reprise en boucle accueille les voyageurs du téléphérique à leur arrivée à la station supérieure
3. Terrasse du  Mont-Gelé Point dʼécoute : une scène où tous les petits bruits significatifs du village selaissent écouter. Le village est protégé des bruits de la plaine par les deux pans de montagne qui sʼavancent de par et dʼ autre au-dessous de lui. Avançant dans le village, cette impression de quiétude et dʼéquilibre sonore sera confirmée
4. Café-restaurant Alpina Musique dʼ été : lʼ alpage de lʼ'Emmenthal et une forêt de Picardie sont liés par le cor : une séquence visuo-sonore de 30 minute en boucle
5. Maison Crête du Four Une Suisse tranquille : reportage effectué autour de Assens dans la campagne vaudoise, la démonstration du contraste entre lʼ apparente tranquillité visuelle du paysage et la multiplicité des bruits qui sʼ y produisent : 15 panneaux, écoute
6. Musée  dʼ Isérables Sons du Pays et voix dʼ'ici : des Empreintes de cloches à vache, fifres et tambour forment la trame sur laquelle les gens dʼici racontent leur pays (Pierre-Marie Joris)
7. Église dʼ Isérables CHANT de lʼ église  : une voix révèle le lien possible entre résonance intérieureet résonance du lieu : voix captée in situ  et reproduite en cycles
8. Vers et après les Comballes Parcours dʼ écoute en quittant la route de Riddes pour se diriger vers les Comballes le bruit du torrent va progressivement prédominer. Lorsquʼ on quittera letorrent pour rejoindre la route carrossable au-dessus des Comballes (après le point 9) le bruit du torrent va disparaître pour progressivement laisser réapparaître des espaces sonores diversifiés 
9. Les Comballes Point dʼ écoute : lʼ espace nʼ existe que par le bruit du torrent excluant tout autre source sonore : le lieu nʼ est que visuel. Toutefois lʼ oreille peut, au bout dʼ un certain temps, laisser entendre toutes sortes de légendes que raconte le cycle chantant et renouvelé de lʼ eau
10. Sonville Point dʼ écoute : cʼ est le lieu du mixage subtil entre sons proches du village et  au sommet du village bruits éloignés venant de la plaine
11. et 12. à la Crête de la Chapelle Point dʼ écoute : dʼ un point à lʼautre, en quelques mètres, la quiétude du village à lʼ extrémité est du village bascule vers le bruit très présent de la plaine. La subite découverte visuelle de lʼ espace se double dʼ une agression auditive surprenante
13. Terrasse du café lʼ Avenir Trois sons du pays: le son du bisse des Mayens de Sion est transporté jusquʼ'ici. Il chante encore avant de disparaître dans le bruit dʼ avion et dʼ autoroute. Le croassement des grenouilles de Saillon se perpétue dans la plaine du Rhône. Le chant du rossignol autour du lac de Géronde annonce le retour de lʼ été
14. Maison de commune  Pays musique  : lʼ'image  sonore de la Suisse à travers la musique de ses parlers :  créée pour le 700ième anniversaire de la Confédération helvétique, installation musicale au Pavillon suisse de lʼ'Expo Internationale de Séville 1992.


NB :
Ce parcours sonore a défrayé la chronique locale suisse, questionnant entre autre les rapports, pu les limites, entre lieux de diffusions musicale (ou sonore) et fonction d'un lieu, en l'occurrence cultuel, une église ici, puisque la polémique a opposé un prêtre et le compositeur Pierre Mariétan.
Sans prendre part à cette querelle "de clochers ?", ni émettre un jugement quel qu'il soit, je rapporte ici le tete d'un article relatant cette discorde, suivi de quelques commentaires afférents.
Comme quoi la Musique n'adoucit pas toujours les moeurs, même dans de beaux paysages sonores à la quiétude suisse.
Vous trouverez ces textes en en ANNEXES, à la fin de cet article.



Rencontres 2008
Architecture - Musique – Ecologie
 www.music-environment.com
 ISERABLES
Valais-Suisse 27 – 31 août 2008 


Jeudi et vendredi : 10h-12h / 14-17h 
samedi et dimanche : 9h-12h 

ATELIERS : Composition sonore environnementale
Que faire et comment traiter l'environnement pour l'oreille  Destinataires: compositeurs, architectes, urbanistes, paysagistes. Toute personne intéressée par la problématique de l’environnement sonore pourra également participer aux ateliers. Intervenants : Jean-Marie Rapin ingénieur-acousticien, Michel Voillat architecte, Jean-Pierre Giuliani écologue, Pierre  Mariétan compositeur, Peter Streiff, compositeur, Guillaume Billaux ingénieur du son. 
Les techniques de saisies de l’existant sonore d’un site : l’écrit, le visuel, l’enregistrement. Modes de représentation de situations sonores : outils d’ analyse et de traitement des données sonores.  Analyse acoustique de l'espace : échographie. L’intervention sonore : concept, idée, critères. Intervention sur l'espace : action architecturale et aménagement. Nécessité et définition du projet : programme / esquisse.  Création, adaptation, insertion, faisabilité.


Samedi: 14h-18h / dimanche 14h-17h
Quelle place pour lʼ écologie sonore ? 
Comment une esthétique du sonore peut contribuer à résoudre le problème   de la nuisance due au bruit ? 


Mercredi 27 août  18h30 introduction
  Allocutions de Monsieur Claude Roch Conseiller d’état - Narcisse Crettenand Président d’Isérables  Jean Nicole, Président de l’Association R.A.M.E - Pierre Mariétan Directeur des R.A.M.E. 
20h
Souper-Conférence :  Ce que disent les noms... Pierre-Marie Joris 


Jeudi 28 août 
10h-12h/14-17h 
ateliers composition sonore environnementale 
17h30
exposé :  Tourisme, loisirs et qualité sonore des espaces alpins Rafael Matos  Professeur à l'Ecole suisse de tourisme, chercheur à l'Institut économie et tourisme HES-SO Valais  Eric Roulier Assistant de recherche Institut économie et tourisme HES-SO Valais 
20h30
conférence-performance : 
Environnement sonore et pratique musicale Peter Streiff compositeur, Professeur à la Hochschule für Kunst Bern 


Vendredi 29 août 
10h-12h/14-17h
 ateliers composition sonore environnementale 
17h30
communication du Collectif Environnement Sonore 
20h30 conférence :
Ce que nous avons fait pour la qualité sonore environnementale ; recherche et réalisations Jean-Marie Rapin, physicien 


Samedi 30 août 
9h-12h 
ateliers composition sonore environnementale 
14-18h 
forum : quelle place pour lʼ écologie sonore ? 
20h30
Souper-Concert : 
Lieux-dits  (création) Pierre-Marie Joris 
Paysmusique 4 , l
'image sonore du pays dans la musique de ses parlers Pierre  Mariétan 


Dimanche 31 août 
9h-12h  ateliers composition sonore environnementale (séance publique) 
14h-17h forum : quelle place pour lʼ écologie sonore 




ANNEXES DOTIQUES

Le curé, les grenouilles, les Bedjuis



Mardi 12.08.08 – 08.10h

Isérables : l’un des plus beaux balcons du Valais romand. Un village de légende, perché sur la vallée du Rhône. Des mayens magnifiques et préservés, avec, à l’alpage de Balavaud, les plus vieux mélèzes du monde.

À tous ceux qui veulent bien la visiter, Isérables propose cette année un parcours sonore, en quatorze points. Cela commence dans le téléphérique, qu’on prend à Riddes, et se poursuit dans le village. On y entend les sons du monde, tout ce qui respire la vie du lieu, à commencer par un coassement de grenouilles. L’idée est riche, originale, et plaît à tous.

Sauf que le curé du village, nous révèle mon confrère Joël Cerutti dans le Matin d’aujourd’hui, de retour de vacances, n’a pas du tout apprécié la septième station, un travail de l’un des grands de la musique contemporaine, Pierre Mariétan, dans son église. Et il l’a censuré. Le président de commune, le sage et habile Narcisse Crettenand, semble avoir finalement arrangé les choses, mais le signal de l’index, tout de même, a été donné.

Le curé, Marie-Joseph Huguenin, a évidemment le droit de ne pas aimer la musique contemporaine, et de lui préférer le grégorien. Que quelques Bedjuis (les habitants d’Isérables) se soient plaints d’avoir cette musique, et ses accents tibétains, en continu, cela peut aussi se comprendre. Mais tout de même : ce niet d’emblée, malgré le revirement qui a suivi, fleure la pire des fermetures.

On ajoutera, pour être complet, que l’ego des artistes n’arrange pas toujours les choses : le curé avait un moment proposé de rétablir l’œuvre, pour peu qu’elle fût actionnée volontairement par les visiteurs, plutôt que d’être diffusée en continu. Mariétan a aussitôt rétorqué que cela amputait l’œuvre dans son essence. Il y a des moments, tout de même, où il ne faut pas pousser. Et des fondamentalismes, parfois, qui ne sont pas toujours religieux.

Au fait, un parcours en quatorze stations, ça ne vous rappelle rien ? Peut-être le musicien et l’abbé pourraient-ils un jour le faire ensemble, en portant alternativement la croix de la solitude et de l’incompréhension.

Pascal Décaillet

La tribune de Genève


Commentaires

 

Aux croix de la solitude et de l'incompréhension, on pourrait ajouter celle de l'obscurantisme d'un autre siècle...

Ecrit par : cndavid53 | 12.08.2008

 

 

En refusant la solution de l'écoute volontaire proposée par le curé, M. Mariétan nie la liberté individuelle. Imposer cette écoute à des gens qui entrent dans l'église pour s'y recueillir est du terrorisme intellectuel. C'est détestable. Ceux qui parlent d'obscurantisme à propos de la réaction réaliste du curé se rangent dans la même catégorie.

Ecrit par : Martin | 12.08.2008

 

 

Cher Pascal Dacaillet,

pas plus tibétain que grégorien (au Japon certains disent que mon chant est grégorien)je fais ce que le désir et le besoin me dictent, dans le respect du public et ici des fidèles. Quant à l'égo de l'artiste (s'il s'agit bien de cela) comment s'en débarrasser sans perdre la force nécessaire pour faire respecter son travail; c'est surtout une question de foi. Je ne vois pas ce qu'il y avait à négocier sans amputer le projet et le rendre douteux qu'en à sa finalité. Il est là, comme les vitraux sont là sans qu'on ait besoin de les cacher à la vue des fidèles pour ne les montrer qu'aux touristes. Mon projet n'est pas de me "faire" entendre" comme dans un concert,mais de participer modestement et comme tout un chacun, à la manifestation du "souffle de l'esprit" ( Ce n'est pas moi qui le dit, mais le philosophe catholique Philippe Sers, qui connaît bien mon travai). Le père remplaçant le curé de la paroisse pendant l'été a exprimé un sentiment similaire à l'écoute du chant et l'a même proposé à l'instant d'un recueillement collectif, sans qu'il y est eu une réaction négative... (Pendant les offices le chant est interrompu, cela va de soi) .
Merci d'avoir ouvert le débat et la réflexion, ce que j'aurais aimé faire avec Monsieur le Curé, s'il l'avait réellement voulu. Cher Pascal Décaillet, je n'ai pas vocation à porter la croix, pas plus que ce que la vie m'impose.
Bien cordialement à vous
Pierre Mariétan

Ecrit par : Pierre Mariétan | 12.08.2008

 

 

Cher Monsieur Mariétan,

Malheureusement je suis suffisamment ignare pour ne pas connaître votre oeuvre musicale et je le regrette.

Si j'interviens c'est donc juste pour rester au niveau des seuls principes.

Pour un catholique - je suis catholique - une église est un lieu très particulier. C'est avant même d'être la maison des fidèles la maison de Dieu, où l'on peut prier et trouver réconfort. Je comprends donc fort bien que des fidèles souhaitent qu'en dehors des offices y règnent des temps de silence.

La solution d'écouter votre musique à la demande était donc la sagesse même. Entre hommes de bonne volonté il y a toujours moyen de trouver des terrains d'entente. C'est dans ce sens, je crois, qu'il fallait entendre la chronique de Pascal Décaillet.

Quoique vous en puissiez penser votre oeuvre musicale n'en aurait pas pâti et même, en installant un compteur, il aurait été possible de mesurer à quel point elle avait du succès...

Cordialement à vous,

Francis Richard

Ecrit par : Francis Richard | 12.08.2008

 

 

De même que l'homme moderne fuit l'ombre qui habituellement nous enveloppait quand nous pénétrions dans la maison de Dieu, qu'il tient à la briser par toutes sortes de luminaires, de même il fuit le silence. Cette musique, imposée à celui qui vient chercher le calme, n'est qu'un éloignement de plus. Chassons la méditation, nous sommes là pour l'Art, décide l'Artiste.
Seul étonnement : un curé catholique, qui a, comme ses confrères, déjà tant avalé de couleuvres depuis Vatican II et même Trente, s'offusque soudainement de ce que le monde moderne empiète un peu plus sur l'espace de la prière. Il a pourtant déjà subi les prêches politiques avec étoles multicolores, les Notre Père au synthétiseur sur rythme bossa nova et les enterrements sur fond électro-larmoyant de Johnny. Pourquoi, soudain, s'insurge-t-il ?

Ecrit par : Fabienne Despot | 12.08.2008

 

 

Après sept ans d’internat à St-Maurice, levé à 5 heures du matin et prière à toutes les occasions, je devrais me révolter et soutenir l’ « artiste ». La réponse est négative parce qu’un lieu de recueillement ne peut s’assimiler à une salle de concert. Je cultive pour les artistes de tout poil, de plus en plus le mépris tant cette qualification exprime la déchéance. Très rare est l’artiste dont l’œuvre est imprégnée du souffle de Dieu. L’artiste contemporain devient de plus en plus un prétexte pour soutenir un désœuvré, alors que la fonction d’artiste permettait à l’idiot ou au fou du village de se fondre dans une collectivité et d’y acquérir un statut social, il est devenu le dépotoir de tous les échecs personnels.

Aujourd’hui les filières professionnelles fabriquent des artistes à la pelle, non pas parce qu’elles sont de nature artistique, mais parce que les enseignants bénéficient dans leur bulle autarcique d’avantages qui échappent au commun des mortels. Ils sont donc inaptes à enseigner la réalité parce qu’ils se complaisent dans le virtuel et mai 68 en est la preuve éclatante. Nous sommes dans le chaos soixante-huitard dont la pléthore d’artistes autoproclamés exprime une des faces de cette faillite sociale.

Voilà comment une pléthore d’ « artistes » autoproclamés ne peut qu’engendrer des frustrations et une concurrence acharnée, à un point tel qu’ils veulent nous imposer leurs « œuvres » par tous les moyens, même la violence. Violence des tags sur les murs de nos cités, violence des « artistes » de squats avec leur cortège d’asociaux criminels, violence des bruitages dans les parcs et maintenant violence dans les lieux de culte.

« «J'ai pris l'initiative du curé comme la destruction de mon œuvre. Je ne tolère pas ça. J'en ai.perdu le sommeil.» Pierre Mariétan, compositeur valaisan. » » Violence et intolérance, le couple explosif de celui qui veut nous imposer sa crotte ! Espérons que maintenant on comprenne un peu mieux pourquoi les artistes sont subventionnés pour leurs « œuvres » et pourquoi devant l’enthousiasme général, on doit aussi subventionner les spectateurs ou les auditeurs. On a passé de l’artiste exprimant le divin à l’ « artiste » pléthorique et électeur politique : l’ « artiste » parasite social ou socialiste.

Ecrit par : alain | 13.08.2008

 

 

Croire en autre chose que Soi, c'est abandonner la Foi...de Victor DUMITRESCU.

Comment croire en un Dieu (hypothétique) sans se voir soi-même ?
Ne pas croire en soi est un péché...
Croire en soi, c'est s'aimer (pas au point de devenir un narcissique), c'est aimer les autres (comme l'enseigne la Bible, à travers Jean 13:34-35) et assurer ainsi une vie meilleure, une vie en paix avec soi et autrui...

Conclusion de la Torah...et de la Bible...
Ce qui t'est haïssable, ne le fait pas à autrui...

http://victordumitrescu.blog.tdg.ch/archive/2008/05/24/sagesse.html

Hillel, le plus célèbre des pharisiens aurait ainsi répondu à un prosélyte potentiel qui le sommait de résumer la Loi pendant qu'il tenait sur une jambe.

Sagesse ?

Ecrit par : Victor DUMITRESCU | 13.08.2008

 

 

Tiens, les grenouilles et l'ecclésiastique, cela me rappelle cet extrait de lettre de François de Sales (écrite à Mme de Chantal) : "Je suis ici à Viuz, qui est la terre de notre évêché. Or, les sujets étaient anciennement obligés, par reconnaissance formelle, de faire taire les grenouilles des fossés et marécages voisins pendant que l'évêque dormait. Il me semble que c'était une dure loi, et, pour moi, je ne veux point exiger ce devoir. Qu'elles crient tant qu'elles voudront ; pourvu que les crapauds ne me mordent point, je ne laisserai pas de dormir pour elles, si j'ai sommeil. Non, ma chère Fille, si vous étiez ici, encore ne voudrais-je pas pour cela entreprendre de faire taire les grenouilles ; mais ce vous dirais-je bien qu'il ne les faudrait pas craindre ni s'en inquiéter, ni ne penser pas à leur bruit."

Mais je suppose que si elles avaient coassé dans l'église de Viuz d'une façon continuelle, il eût bien fallu leur demander de sortir.

Ce qui est peut-être ennuyeux, dans cette partition en boucle, c'est qu'elle est imposée par des machines. Le curé s'est privé de la possibilité de régler le problème en disant tout de suite qu'il n'aimait pas la musique contemporaine, ce qui est un peu absurde et vexatoire pour l'artiste : les artistes sont très susceptibles. En fait, même quand la partition est livrée en continu par la machine, est-ce qu'on peut l'entendre en entier ? On sort, on entre, on fait cela à volonté. L'artiste eût dû proposer au curé une ou plusieurs séances spéciales, au cours desquelles la musique eût été jouée avec de vrais instruments, et des gens présents, et non simplement enregistrés. Dans cette répétition mécanique, et à l'identique, je ne vois pas tellement de sens du sacré, car dans les faits, même un rite répété est vécu d'une façon toujours nouvelle. S'il ne l'est pas, cela perd son sens.

Ecrit par : R.M. | 13.08.2008

 

 

L'essentiel n'est-il d'admettre que personne ne tient la verite tout seul et que c'est l'echange qui permet de faire le Chemin?

Ecrit par : jules | 13.08.2008

Sources La tribune de Genève






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