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FANFARE REQUISITOIRE
ET FETE DE L'EQUILIBRE



Je pensais avoir presque tout dit de ce que j'avais vu et entendu à Besançon, quand un courriel m'a subitement rappelé un spectacle en chantier, c'est ainsi que le présente en tout cas l'une de ses protagonistes, que j'ai effectivement vu, tout en omettant d'en dire le moindre mot.
Obnubilé que je suis par mes installation sonores et performances associées, j'en avais presque oublié que Musiques de rues était aussi consacré aux fanfares, et que j'avais bien été voir un spectacle, AUTOPSIE, dans lequel se produisait l'une d'entre elles.
Enfin pour tout dire, cette fanfare théâtralisée dépassait largement le cadre de la fanfare traditionnelle, faisant appel à tout un appareillage multimédia, instruments et voix acoustiques, bande-son mobile, photographies, projections, lumières, théâtres et récits, costumes et accessoires, investissement quasi chorégraphique des lieux...
Une tentative d'art total?, Ou plus modestement un très habile mélange des genres au service d'une bien sombre histoire.
Car il était question ici de la guerre dans tous ses états. Chants révoltés, cris, paroles rapportés, photographies aussi belles que terribles, instruments rugissant ou pleurant de douleur, la mise en scène nous "prenait aux tripes", dans une immersion sonore qui  jouait remarquablement avec l'espace et l'acoustique d'un square en amphitéâtre, scène propice à ce genre d'exercice.

http://www.besancon.fr/gallery_images/site_1/257/263/751/castana.jpg
Le square Castan à Besançon, lieu de la première
et théâtre de tousq les combats

http://lh4.ggpht.com/_xzSitkycMD0/SG6U5rxDWCI/AAAAAAAAcFU/vDigtLEqe8I/010-Sq+Castan.JPG
Bref, un work in progress  très intéressant, car c'était en fait une première et un ballon d'essai non encore finalisé, présenté à un petit comité de spectateurs. Cette petite forme défriche néanmoins des territoires sonores et visuels inhabituels, et fait sortir la musique de rues de ses sentiers battus, sans déambulation, sans gag clownesque, en exploitant des espaces publiques de façon très pertinente et dramatique, au sens premier du terme.
De plus, j'ai appris que cette troupe avait en somme crée le premier off du festival (et certainement le dernier...), défricheur jusqu'au bout le KRACHES THEATRE !
Ceci étant, le Krache Théâtre fait partie de la famille du Théâtre du l'Unité, incontournable creuset des arts de la rue et comme le dit Jacques Livchine lui-même: "Le théâtre de l'Unité, c'est toujours autre chose !
  Tout juste un petit bémol, mais les musiciens s'en accoutument en général fort bien, je pense que certaines scènes, en tout cas pour l'aspect théâtrale, étaient un tantinet surjouées, avec des tics actoriaux un peu forcés.

Cependant, cela n'enlève en rien aux qualités esthétiques et aux expériences scéniques de cette commémoration de l'équilibre. mais là, je ne vous en dirai pas plus, allez donc assister à cette sauvage cérémonie pour juger de vous-même et comprendre le sens de l'équilibre.
Quand à moi, j'espère bien recroiser ce spectacle pour voir comment il évolue dans le temps, tout en espérant qu'il n'est pas trop prémonitoire.
Voila en tout cas un oubli réparé.




Tag(s) : #FESTIVALS