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UPROJET SONORE PEDAGOGIQUE

Au GMEA d'Albi

Mariona
Machine Automatique de Rappel,
Iconographique, Onirique, Narrative & Acoustique


Un projet pédagogique mettant en scène une machine sonore n'est pas si courant que nous nous en fassions écho sur les pages des Arts sonnants.

Ce là se passe dà Nantes avec la (grande) complicité du GMEA, un centre de recherche albigeois, autour des musiques contemporaines,  plein d'idées et de projets pédagogiques des plus originaux.




Projet « Mariona » - machine hypothétique et collective mise en service avec les tous jeunes étudiants de l’école primaire de Dervalliere de Nantes

Intention, fabrication, échanges humano machiniques :
Yves Jensen
PolPerez
Pascal Baltazar
Théo de la Hogue
Benjamin Maumus
Chrystel Rostaing

Mise en résonance, transmission (instituteurs):
Catherine Pariset
Marie-laure Besnier
Laurent Charlet

Voix, son et images :
Les élèves CP, CE1/CE2, CM1 de l’école Vandermalières de Nantes

Direction artistique & médiation :
Brigitte Lallier-Maisonneuve
Thierry Besche

 

Qui est Mariona ?
Mariona est une machine, une machine simple, sans rouages, sans tapis roulant.
Elle a des yeux pour capter, un générateur d’images pour donner à voir, et une sorte d’esprit pour analyser les mouvements et dire des sons.

Sa structuration sera simple, assez délicate (orange) il y aura quelques fils électriques, un œil magique (vert), une surface de projection (vers le sol), une zone sensible, très sensible et peut-être un écran de contrôle (peut-être) !
Elle sera délicate, il faudra être sérieux avec elle, mais la joie sera parfois une bonne complice.

Mariona traduira en image et en son, le travail de recherche d’un groupe d’artistes écoliers de Nantes !
Çiçi !

 

Trois niveaux d’études !
CP
CE1/CE2
CM1

 

Yves Jensen (Cefedem) travaille depuis le début de l’année sur la mise en œuvre d’une pratique d’éveil musical avec trois niveaux d’élèves.  

Avec les CM2, ll a fait découvrir, observer et comparer les différentes formes d’écriture, de jeux vocaux en partant des Récitations de G.Aperghis, ou encore de Stripsodies  chanté par C.Barbérian. Les enfants ont découpé les éléments, écrit des cellules, enregistré et écouté, pris conscience des différentes durées. Ils ont écrit des textes qui ont vocation à glisser du sens au son et réciproquement… D’où le souhait d’utiliser un texte et ses éléments de construction comme matériaux pouvant glisser du sens premier du langage, aux sons qui le constituent.

Avec les CP, il a fait observer et décrire des objets : rond, triangle, etc…lourd, rugueux, lisse, etc… décrit des comportements : rapide, lent, etc… créé des photos de gestes, qui isolent des parties du corps : un sourire, un polo rouge, etc… constituant ainsi une idée de répertoire, de catalogue. Sur la notion de résonant / non résonant, et en s’appuyant sur les prénoms, ils ont cherché à rendre « en son »  leurs prénoms.  
Ainsi l’idée ici serait de constituer des catalogues de gestes photographiés, de gestes sonores enregistrés, des photos de  bouche en gros plan émettant un son, d’enregistrer ces sons, de prendre des photos de parties de corps en mouvement, de prendre le son en déplacement, etc… l’ensemble pouvant former une mosaïque que l’on pourrait jouer et animer du contrôle strict à l’aléatoire le plus total !

Avec les CE1-CE2, il a abordé les notions de paysage sonore (Murray Schaeffer), écouté des Haïku. À partir de l’écoute d’ un extrait de Pierre Henry (la ville, l’escalier), les enfants ont imaginé l’histoire entendue, puis ils ont réalisé une partition et l’ont jouée. Ils travaillent à réaliser un paysage sonore réaliste, puis un paysage sonore dans lequel apparaîtrait des sons incongrus, étrangers à la situation entendue. D’où l’idée de travailler à la réalisation de ces paysages qui pourraient se superposer en une géographie sonore, dans lesquelles ponctuellement s’immisceraient des sons étrangers et du coup bien  étrange…

 

À ce stade, PolPerez, est invité sur ce projet pour réaliser un système qui matérialisera l’espace réel de ces intentions.
Les images et les sons générés lors de la phase de recherche, d’apprentissage, de concertation, de post production seront intégrés au système, à l’entité machinique que sera Mariona.

Electro-plasticien, PolPerez réalise souvent des environnements multimédias.
Il fabrique, c’est un constructeur, il aime la matière, le hardware, le poids des choses, leur masse critique !
Passerelles entre le monde des objets et celui des humains, ses univers machiniques convertissent l'approche poétique en systèmes technico-sensibles.

 

Globalement ?
Mariona devra diffuser les trois intentions, elle sera l’interface universelle du projet.
Tour à tour elle deviendra l’interprète de  chacun des groupes de création.
Elle sera composée d’une structure porteuse simple (sa corporalité), assez fine, orange sans doute.
Elle soutiendra le hardware, le vidéo projecteur, l’ordinateur, le système de captation (l’œil), l’écran de contrôle et de réglage, la surface de projection et peut-être les enceintes acoustiques.
Elle devra être démontable, transportable, fiable, solide, très stable et facile à monter dans divers type de lieux d’accueil.

Sa forme simple, sa couleur en feront une machine minimale, mais les voyants de fonctionnements lui donneront un joli petit style très réaliste, les machines ont toujours des voyants qui clignotent imperturbablement avec beaucoup de sérieux.

Sa réelle dimension machinique sera dans son comportement.
Elle opérera des scans visibles sur l’interface-écran (Bziiiiiiiiiiiiiiiiiiii), elle refusera de manière compréhensible de jouer les martyres, elle utilisera les couleurs, elle boguera aussi, parfois, en tremblant, en perdant de la définition, et se mettra en pause, au noir, au silence !
Elle indiquera les pertes de vision, les décrochages en recommandant, calme et sollicitude (voix de Claire Sayso) pour inciter l’autre, le regardant à se rapprocher et à canaliser les gestes qui génèreront le process.

Des graphiques pourraient émerger ça et là, de temps à autre pour orienter l’utilisation, bargraphe, chiffres, signaux d’alerte ect…) Dans l’idéal bien sûr !
Mais pour le reste du temps et principalement, Mariona fonctionnera tout à fait comme il se doit.

 



Sa vision sera sans doute répartie en deux pôles :
Une zone située sur la projection A
Une zone située devant la projection B (les zones latérales pourraient être prises également en compte)
Une zone incluant les surfaces A & B
Voir croquis ci-joint (mariona-1.jpg).

La surface de projection pourrait être un petit volume en creux, plat, avec des bords légèrement inclinés.
Bien sûr on restreint ainsi l’espace d’utilisation, mais cette stratégie canalise un tantinet les énergies vitales et donne aux médias diffusés toute leur importance. Ce n’est pas la machine qui prime, c’est le travail artistique diffusé, montré, reçu, ce dernier point est primordial.

PolPerez a déjà expérimenté ce genre d’objet, cela permet de calmer les humains visiteurs, de réaliser une surface de projection étrange où le creux matériel se fond avec une hypothétique tromperie logicielle.
Autres avantages, nous pourrions le placer un peu décollée du sol (20 à 40 cm).
Ainsi surélevé par un pied central, maigre, quasi invisible (noir mat) accroché à Marion, l’objet sera presque en lévitation.
L’écran devient un micro espace privilégié sur lequel personne ne marche (restant propre) et sous lequel on peut cacher de la télémétrie infrarouge ou ultrasonore.
Cette dernière possibilité permettrait de parfaire par redondance le système de captation.

Les images, les sons, seront doucement retravaillées en post production afin de donner à l’ensemble des propositions une cohérence stylistique.

 


 

En savoir plus sur le projet son-geste des CP
En savoir plus sur le projet paysages sonores des CE
En savoir plus sur le projet son-sens des CM

Carnet de bord et d'échanges avec la classe de CE de Mme Besnier

La naissance de Mariona

 


 

Du 5 au 29 mars 2009 à l'Athanor - Albi (81), dans le cadre des Journées Électriques 2009
Du 25 novembre au 6 décembre 2008 à la maison de quartier Dervallière-Chézine - Nantes (44)
Du 18 au 21 novembre 2008 à l'école des Mines - Albi, dans le cadre de la Fête de la Science
Du 13 au 31 octobre 2008 au Théâtre Athénor - Saint-Nazaire (44)
Du 13 septembre au 4 octobre 2008 à la maison Salvan Art et Science - Labège (31)

Texte et photos source GMEA (Albi)

Tag(s) : #PEDAGOGIES ET TRANSMISSION