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CO-CIRCUIT, INSTALLATIONS SONORES
Cécile Beau – Sébastien Caillat   Cléa Coudsi et Eric Herbin
18 novembre – 20 décembre 2008
à la galerie Schirman & de Beaucé
7bis - 9 rue du Perche
75003 Paris


Il y a quelques jours, en discutant avec Peter Bosh et Simon Simons de la "corporation des installateurs sonores", Peter me demandait à brûle-pourpoint :" Et aujourd'hui, quels sont les représentants de la "Nouvelle génération", sous-entendu celle des installateurs sonores ?
Question apparemment anodine mais à laquelle il fallait réfléchir quelques instants avant de savoir qui placer dans cette nouvelle génération d'installateurs sonores, ou tout au moins d'installateurs usant du sonore.
Peut-être ce sujet mériterait-il un article qui lui soit exclusivement consacré.
En attendant, voici une partie de réponse avec deux installations sonores et une vidéo, concoctées par de jeunes artistes assurément plein de talent.
J'ai par ailleurs déjà pu apprécier par deux fois la qualité du travail de Cléa Coudsi et Etic Herbin dans le cadre de City Sonics à Mons, en  regardant-écoutant Bien des choses, cartes postales et Other Siden Break, l'œuvre présentée ici par la
galerie Schirman & de Beaucé. Other Sode, Break associe poésie visuelle et sonore, entre circuit contraint et accident/sortie de route (sonore), dans un mélange de technologie, et avec un esprit Low-fi parfaitement maîtrisé. Rajoutons à celà un côté ludique qui rallient autour de l'œuvre-circuit petits et grands, sans doute dans le plaisir et la nostalgie de nos anciens "circuits automobiles électriques".


OTHER SIDE BREAK  Cléa Coudsi et Eric Herbin,
2007 installation sonore réalisée avec le soutien de Lab-labanque, Artois Comm , Ars Numerica et du Fresnoy, Studio  national des arts contemporains



CO-CIRCUIT est une exposition sur la circulation des sons, qu’il s’agisse de breakbeat* pour Other side break, installation de Cléa COUDSI et Eric HERBIN, disposant des tranches de vinyles découpées sur lesquelles circulent des vinyles killers*, ou de streaming* pour l’oeuvre de Cécile BEAU basée sur la vitesse de propagation du son dans l’air et la diffusion en direct ou léger différé de sons urbains provenant de Boston retransmis à travers une structure en verre.







Images Other side, Break, galerie Schirman et Debeauce
Paris




CO-CIRCUIT est également une exposition sur la mobilité de l’architecture, « des habitations mobiles comme de   possibles moyens de substitution à l’incapacité physique de leurs occupants à se mouvoir. » (Sébastien Caillat, Histoire sans gravité, vidéo 14min)
L’idée de « co circuit », néologisme pensé ad hoc pour l’exposition, renvoie tout à la fois à l’idée que le son circule au moyen (co-avec) de circuits physiques, circuit de voiture ou contenant en verre et à l’idée de présenter deux  variantes de circuits en parallèle. Par opposition aux créations « other side break » et la sculpture sur la vitesse de propagation du son qui donnent corps à une certaine mobilité du son, « histoire sans gravité » libère l’architecture de son carcan statique.
La galerie Schirman & de Beaucé, en présentant trois artistes du Fresnoy, a souhaité s’associer aux 10 ans de création du Studio national des arts contemporains, événement qui aura lieu au Grand Palais au mois de décembre 2008.


*Breakbeat :obtenu par la sélection et la répétition d’un court extrait sonore issu d'une musique enregistrée sur disque vinyle. (cf texte C. Kihm)
*Streaming : Transfert de données multimédia en continu sur Internet qui permet la lecture du média en direct avant la fin du téléchargement.
*Vinyle killer ou sound Wagon : camion miniature motorisé composé d’un saphir mobile et d’un haut-parleur permettant de lire les vinyles ; « Killer » car le mode de lecture abîme le disque.

OTHER SIDE, BREAK 2007
Notes autour de l'installation sonore
Extraits du texte intitulé Beats and pieces de Christophe Kihm, 2007, édition La Pomme à tout faire
« L’installation d’Éric Herbin et Cléa Coudsi, Other Side Break, réalise l’extension et le déplacement, sur des plans plastiques, spatiaux et sonores, de gestes, de techniques et de matériaux issus des pratiques de Djs. Il est donc impossible de saisir les enjeux et la portée de ce travail sans, au préalable, revenir sur ces pratiques, ce que nous incite par ailleurs à faire le terme « break », dont la mention dans le titre de l’oeuvre vaut sur différents plans : à la fois comme référence culturelle (le « breakbeat », en tant qu’élément premier du rap, qui s’est maintenu dans toutes les extensions musicales qui lui furent accordées) et comme technique retenue par Éric Herbin pour cette installation – « to break », entendu alors dans un sens presque littéral, qui signifie « rompre » mais aussi « couper », « trancher », le break comme opération de découpe appliquée à des disques vinyle. »
« Cette pratique du break combine majoritairement deux opérations : une rupture, produite sur le continuum d’un morceau enregistré sur disque, à laquelle est associée la création, par la répétition et la mise en boucle de l’extrait sélectionné, d’une trame sur laquelle va se déterminer une nouvelle possibilité musicale (au tout début du rap, c’est la voix d’un MC qui se posera sur le breakbeat et adaptera sa cadence à celle du rythme ainsi prédéterminé). »
« Ces deux gestes (interruption, relance) et ces deux exigences (coupe, continuité), sont investis par Éric Herbin et Cléa Coudsi dans un registre plastique qui conduit de la rupture vers la découpe (des fragments matériels de disques) et de la relance vers l’assemblage (un circuit composé de morceaux de vinyles). »
« En désolidarisant le couple main/machine, qui commande le réglage des vitesses et les possibilités du break chez le DJ, Éric Herbin et Cléa Coudsi se concentrent essentiellement sur l’objet-disque-vinyle, le mettent à terre et déploient le breakbeat dans des formes et des surfaces obéissant à d'autres types de manipulations, à d’autres modes de fonctionnements, puisque essentiellement soumis à une rationalité spatiale.»
« Sur un plan plastique, Other Side, Break, implique réciproquement les éléments visuels et sonores de manière à les fondre en une seule et même dimension. Le choix de la présentation de l’oeuvre, sur un plateau blanc en marque très explicitement le territoire – lieu où la sélection de disques matérialisée par des découpes, répartie par fragments reliés les uns aux autres, propose une musique à regarder, une sculpture à écouter. »
« En mettant bord à bord les tranches de vinyles, on instruit également entre elles un parcours sonore, une possibilité de lecture actualisée ici par un camion en modèle réduit dont la vitesse est réglée par la captation d'une source lumineuse (plus la source est intense, plus la vitesse du véhicule est grande). L'aspect touchant de ces sortes jouets, également utilisés par les Djs (on les appelle Vinyle Killers) renvoie l’installation à une dimension très enfantine, celle du circuit 24 et de ses petites voitures télécommandées.
Celui qui prêtera l’oreille et suivra de l’oeil ces véhicules, pourra pourtant se départir assez rapidement de cette première impression : car les agencements mis en place par ce découpage et ce remontage (deux opérations qui nous renvoient, après d'autre précédemment évoquées, à différentes étapes de la production d'un film – comment s'en étonner dès lors que cette installation repose sur la mise en force d'éléments visuels et sonores…) sont d’un type radicalement différent.
Ces agencements sont musico-plastiques – ils travaillent simultanément l’espace et le son –, et le trajet sinueux, semé d’embûches, effectué par les camions miniatures, ne cesse de marquer de nouvelles possibilités de raccords entre l’espace et le son. »


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Pour en savoir plus sur Other Side, Break (Site d'Ars Numerica)



Site personnel de cléa Coudsi et Eric Herbin



CÉCILE BEAU
Installation sonore
2008

Une distillerie, raffinerie miniature, maquette architecturale transparente composée de tubes,de ballons, d’ampoules...
A l’intérieur, des systèmes d’émissions et de captations sonores se relaient pour créer unecirculation.
Un streaming, robinet sonore ondulant quasi constant, diffuse des sonorités de flux urbains, de sons aléatoires et « accidents acoustiques ». Son passage à travers les différents modules filtre lentement le son ; les harmoniques que génère le verre l’arrondissent, l’appauvrissent, le remodèlent, jusqu’à perte de sa texture première.
Une dissection parasitée de l’ensemble des conditions de la matière sonore. Un rapport triangulaire entre la nature d’un son, sa propagation physique, et ses moyens de transmissions.
Machine résonnante vibrante transparente, le verre comme un dispositif nu pour une visibilité accrue par opposition à l’invisibilité du son.
Une notion métaphorique de « distillation d’un son » versus un rapport semi scientifique analytique de son parcours déformant.




Cécile Beau
installation sonore, sculpture de verre, 2008,
une production le Fresnoy,
Studio national des arts contemporains.
Photo Jean Coudsy / copyright mc multimedia



Cette exposition coporte également une installation vidéo nous présentant une architecture - fiction, autour du thème "Comment amener le Monde à des personnes qui ne peuvent s'y rendre ?", malades, personnes âgées... Des fenêtre ouvertes sur le Monde.


SEBASTIEN CAILLAT
HISTOIRE SANS GRAVITE, film 14’, 2006



Contacts galerie

Caroline Schirman et Esther de Beaucé
7bis - 9 rue du Perche
75003 Paris
Métro : Filles du Calvaire (Musée Picasso)
Voir le plan d'accès

Tél.: +33 1 40 47 67 29
Mobile Caroline Schirman : +33 6 62 60 36 66
Mobile Esther de Beaucé : +33 6 62 01 63 06


Horaires d'ouverture

Mardi au vendredi, 11h à 19 heures
Samedi, 14h à 19 heures


E-mail :

contact(at)schirman-debeauce.com

esther(at)schirman-debeauce.com

caroline(at)schirman-debeauce.com


SCHIRMAN & DE BEAUCÉ

RCS n° 485 138 341
Siège social : 7bis - 9 rue du Perche 75003 Paris






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