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SINGING CLOUD
INSTALLATION SONORE DE SHILDA  GUSTA
LE LABORATOIRE PARIS
Jusqu'au 4 mai 2009



Le Laboratoire est un lieu aussi singulier que passionnant.
Pour faire bref, il organise des rencontres entre un artiste et un scientifique pour créer dans ses lieux un projet spécifique, jouant sur les savoir-faire de chacun,  sur les croisements, les hybridations de deux domaines, l'un scientifique, l'autre artistique.
Or on s'aperçoit, mais la chose nest pas nouvelle loin de là, que ces deux domaines de recherche ne sont pas du tout antinomiques. Il ne faut pas verser dans la pensée clichée, qui pourrait faire croire que l'un est tout entier régis par le rêve, la poésie, l'utopie, le côté naïvement fleur-bleue, et l'autre tout emprunt de rigueur et de froide rationalité où tout est irrémédiablement et définitivement calculé. Certes, chacun posséde ses méthodes, ses modèles, ses référents, ses réseaux et lieux de travail, mais l'artiste peut tout aussi bien agir avec méthodisme que le chercheur scientifique accepter la part de rêve et d'imprévu.
Les stéréotypes du chercheur distrait et constamment plongé dans ses calculs et de l'artiste doux rêveur un rien frivole, chacun finalement enfermé dans sa prope tour d'ivoire, n'ont donc pas cours au Laboratoire, où justement le projet est de travailler de concert à une production artistique partagée.




Singing Cloud
, de shilda Gupta, Le laboratoire, Paris 2009


Je  mettrais l'accent ici sur une installation d'une artiste indienne Shilda Gupta, dont je découvre à cette occasion le magnifique travail où sonore et arts plastiques  se côtoient, associée au chercheur Mahzarin Benaji. Cette installation sonore constitue la partie centrale d'une exposition dont le titre est "While I sleep". Tout un programme en soit.
L'œuvre, qui se nome "Singing cloud", présente un énorme nuage de microphones suspendus sur la tête des visiteurs, comme une sorte de nuée orageuse oh combien menaçante, prête à abattre ses flots (sonores) avec violence sur nos têtes.
Et c'est bien là un thème de l'exposition, qui  oscille entre rêve et réalité, conscient et inconscient, avec une peur sous-jacente, cette menace permanante qui semble planer sur notre société actuelle.
Les micros peuvent être perçus comme le symbole d'une captation de nos sons, de nos voix, des Big brothers épiant nos moindres mots, nos pensées intimes. Mais de plus, ils sont aussi des diffuseurs de sons.
Lorsque l'on passe sous ce nuage, on entant une douce mélodie, presque rengaine, comme un leit-motiv entêtant, mais aussi des voix, des multitudes de voix différentes, des rires... On est noyé dans ce flux d'informations sonores, voire dans ce flux d'informations tout court, qui caractérise notre société avec ses tuyaux informatiques intarissables. Trop d'information tue l'information. Comment trier, ne garder que l'utile, séparer le bon grain de l'ivraie, ne pas devenir névrosé convulsif devant l'incapacité de tout gérer, d'en savoir toujours plus ?
Sous son titre plutôt bon enfant, ce nuage chantant constitue plutôt une menace latente, celle d'un orage prêt à exploser, où les média en surnombre finiraient de tout balayer par une "tempête sous nos crânes".




Tag(s) : #FESTIVALS