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2e CONGRÈS MONDIAL

D'ÉCOLOGIE SONORE

CÉCILE REGNAULT

 

Lundi 20 Août - Saillon (Suisse) salle Stella - 10H15

 

 

 

La carte postale sonore


 

 

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Cécile Regnault enseigne à l'École Nationale Supérieure d'Architecture de Lyon Vaulx-en-Velin. Elle est également est post doctorante, chercheuse au Cresson, et directrice d'Aciréne (Association d'Information et de Création pour L'Écoute d'un Nouvel Environnement).

Cécile Regnault est, à l'école d'architecture, l'initiatrice d'une action pédagogique tendant à la description de lieux sonores, et à la mise en place d'une collection récente avec des étudiants, pour concevoir des outils aidant à l'écoute des espaces sur lesquels ils travailleront, notamment via des cartes postales sonores. Cette action pédagogique a donné naissance à la publication d'un petit ouvrage présentant une sélection de cartes postales sonores réalisées par les étudiants. Il s'agit de formes courtes  (1 à 4 minutes), présentant ce que le territoire présente de significatif à notre oreille. 

La carte postale est à l'origine plutôt visuelle, dans une forme populaire. C'est une sorte de mini-guide destiné aux habitants ou touristes, une trace mémorielle d'un lieu. La carte postale mise sur l'idée du reconnaissable, surtout pour les résidents.  C'est un objet matériel, physique, qui peut se conserver, voire se collectionner.  C'est également un outil de communication, un objet pour  parler de, faire parler de, échanger sur...

Historiquement, la première carte postale sonore, ou plutôt musicale, se nomme le Phonoscore, ou picture disc, et se rapporte a des musiques traditionnelles, ou des formes musicales disparues, ou en voie de disparition...

 

Pratiquement, la carte postale sonore met en place un travail en atelier avec des étudiants sur une vingtaine d'heures.

Pour fabriquer des cartes postales sonores avec les étudiants, il convient au départ d'arpenter et d'écouter des lieux préalablement choisis, de discerner les fonctions d'un territoire géographiquement carroyé, de l'écouter à l'aide d'outils méthodologiques, des relever ses plans sonores... On s'intéressera également au vocabulaire dédié, à la cherche de la diversité lexicale, ou à des carences descriptives. Il faudra passer du temps sur le terrain, après avoir choisi un lieu spécifique, des moments d'écoute.

Il s'agira de collecter de nombreux échantillons sonores, de trier, carotter, identifier, réécouter, pour finalement recomposer un ensemble cohérent représentatif du lieu investi. Cet ensemble tentera de donner à entendre la complexité de l'environnement sonore d'un l'espace. On pourra ainsi recréer un paysage à partir des échantillons sonores collectés.

 

On abordera aussi la question de comment partager une écoute à travers la forme réduite que constitue l'enregistrement. On se demandera également comment amener du son en même temps par exemple qu'un diaporama illustrant un sujet en réunion, de façon pertinente et non redondante. Le carte postale est donc ici envisagée comme un outil pédagogique.

 

La carte postale sonore n'est jamais rejetée par les étudiants, mais sans doute souvent très  inutilisée dans leur approche prospectives, comme d'ailleurs d'autres documents ou méthodes. 

Pour les architectes, ou les professeurs en architecture, son intérêt n'est pas forcément compris. Il semble qu'il y est un manque de pédagogie auprès des enseignants au niveaux de l'approche de l'espace sonore, ces derniers ne sachant pas à la base  qu'ils peuvent enregistrer très simplement un espace à travailler pour analyser ses composantes sonores.

 

 

 

 


Tag(s) : #REFLEX'SONS