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LE CENTRE DE DÉCOUVERTE DU SON

Guy-Noël Ollivier responsable du Centre de découverte du son à Cavan – Trégor (Bretagne)

Samedi 18 Août - Saline Royale d'Arc et Senans - 9H    


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Le Centre de découverte du son, est un organisme géré par l'association 3,4,5, implanté à Cavan, petite commune du Trégor, en Bretagne. Il propose à l'origine un lieu d'écoute par le jeu, comme le résume rapidement Guy-Noël Ollivier, instigateur de cette démarche .

L'environnement et le territoire sonore sont ici propices à développer des actions autour de la pédagogie, du loisir, à la mise en place d'études pour la valorisation des territoires concernés, et d'animation contribuant au développement local. Le Centre du son renforce également d'année en année son implication au sein des réseaux locaux et nationaux, et œuvre à la conception et réalisation d'outils pédagogiques et touristiques. Le lieu développe ainsi une série d'installations, notamment pour la création du sentier musical, ou plutôt sonore, comme le rectifie lui-même Guy-Noël.

Au-delà du sentier, point central de l'animation et de l'accueil du public, le Centre de découverte du son travaille également à développer des activités sur un territoire plus large (le Trégor), à valoriser des sites sonores avec différents partenariats locaux et nationaux (sites urbains, naturels, patrimoine campanaire et identités sonores).

Une collectivité locale, sous forme d'une communauté de communes, appuie le projet en achetant puis en louant des terrains à l'association. Un important bénévolat assure néanmoins la non main-mise des institutions, conservant ainsi là a structure une liberté d'action revendiquée..

En 1998 Le centre du son ouvre, depuis, environ 200 000 personnes ont visité ses installations, belle réussite qui montre en quel point l'association a su mettre en place un projet incontestablement innovant.

Un parcours, sentier musical, est aménagé au départ du projet, pour développer l'écoute par le jeu. Fait notable, des enfants récupèrent les idées d'aménagement, des principes et des dispositifs pour les transposer et les installer dans leurs jardins, gage de l'intérêt et de l'impact pédagogique du parcours. L'accueil de groupes, scolaires ou non, encadrés par des animateurs formés à la pédagogie de l'écoute donne au Centre une visibilté/audibilité qui ne fait que croître au fil du temps. Le projet est devenu, pour de nombreux acteurs du sonore, une référence en terme d'aménagement.

Le jardin sonifère : Est une création paysagère qui dessine une oreille et en explique son fonctionnement. On y cultive littérallement et symboliquement des sons (graines sonores de genêts, pommes de pins qui cliquètent selon la température et l'ensoleillement), des plantes en interaction avec le vent, celles d'autres qui bruissent en les manipulant, ou que l'on transforme en instrument dans les courants de la musique verte.

Le jardin possède également un élevage d'animaux musiciens, des poules percussionnistes). On constate dans ce parcours sonore paysager que chacun entend à son oreille (physiologiquement) mais que le contexte sonore d'un territoire est le même pour tous ses résidents, avec notamment des repères sonores communs. Le jardin propse enfin un auditorium de plein-air qui diffuse des sons du territoire du Trégor.

Le patrimoine campanaire, est une action réalisée sur 8 communes (communauté de communes). L'étude y aborde les facteurs de musicalité, l'acoustique, l'interaction avec l'architecture, le relief. Elle procède également à une valorisation de l'environnement campanaire sur la communauté de communes, en répondant à une commande de valorisation touristique. Un sculpteur a pour le besoin construit des bornes d'écoute en granit, comprenant un explicatif texte et photos renseignant sur les installations campanaires et un système de diffusion sonore interactif les faisant entendre. Une des question soulevé par ces installations pérennes est comment la cloche participe (ou non) à l'équilibre auriculaire e l'environnement, en fonction des différentes sonorités et des effets induits(masquage des sons de moteurs). L'édition d'un CD audio donnant à entendre des témoignages locaux sur l'écoute des cloches et exemples de sonneries locales vient compléter cette action.


Identité sonore du centre Trégor

Un travail sur le son des outils est engagé. Constat : les outils électro-portatifs amènent une perte du réglage à l'écoute, la disparition de beaucoup de réglages à l'oreille, (marteau, égoïne).

On commence par enregistrer des "bons" gestes d'artisans commentant leur travail en direct, comme par exemple le travail de la forge. Un artisan décrit et commente ses gestes, tandiq que nous en écoutons le son.

Le collectage sonore s'effectue en partenariat avec des structures et acteurs locaux, mettant en place une base d'un réseau de valorisation du patrimoine sonore. En complément, une approche pédagogique s'effectue dans les écoles d'apprentissage.


L'estuaire du Trégor le temps d'une marée avec Fernand Deroussen

C'est un travail autour des estuaires vers Tréguier. La mer pénètre la terre, parfois profondément, en influant la ruralité, les volumes, le climat, les phénomènes sonores, les courants et marées, les vents... Ces vallées encaissées, assez peu aménagées, possèdent d'admirables qualités sonores, des effets acoustiques remarquables, un bel équilibre sonore, des site préservés. C'est donc une série de territoires sonores très particuliers.

Enregistrer une marée complète demande la mise en place d'un protocole sur trois années, avec ds captations effectuées tout les deux mois, des repérages préalables. On met en place des pièges à sons sur un ilot non immergés, où les oiseaux se succèdent et l'eau est toujours en mouvement. Un repérage de 10 sites emblématiques pour enregistrer régulièrement le territoire. On y remarque une population aviphone migratrice ou s"dentaire en fonction de la marée, de la météo, de la houle, de la saison. Des événements spectaculaires sont induits par l'acoustique des lieux (l'installation d'un chenil dans ces estuaires prend très vite d'énormes proportions). Pour faire sonner le lieu, un comédien fait une lecture en jouant avec des échos naturels pour révéler les propriétés acoustiques d'un site.

Dans ces sites sensibles et somme toutes fragiles, l'installation d'activités industrielles peuvent être rapidement problématiques et chambouler radicalement l'équilibre acoustique. Il faut donc sensibiliser les décideurs pour la prise en compte du sonore dans l'aménagement du territoire des zones côtières (SCOT), travailler de concert avec le CAUE* de Bretagne.

Voir le site Bretagne terre à écouter

 

* Conseil en Architecture, Urbanisme et Environnement.

 

 

Tag(s) : #REFLEX'SONS