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UNE MODESTE PROPOSITION
LA RIPOSTE GRADUEE
POUR L'ECRIT SUR PAPIER



Dans un post satyrique, le professeur américain Ed W. Felten propose d'appliquer
le système de la riposte graduée aux écrits sur papier. Traduction.  par Ed
W. Felten



Ed W. Felten est directeur du CITP (Center for Information Technology
Policy) à l'université de Princeton (New Jersey) un centre
trans-disciplinaire pour l'étude des technologies numériques dans la vie
publique. Mercredi dernier, alors que les députés français venaient d'adopter,
en seconde lecture, le projet de loi Création et Internet, il a publié, sur
son blog, un post brillant et très drôle intitulé A Modest Proposal :
Three-Strikes for Print.

En voici donc une adaptation et traduction, réalisée par
Philippe Aigrain, et sous licence CC 2.0.

La riposte graduée pour l'écrit sur papier

http://www.borregofilms.com/images/BA-Nuit-d_ecriture.jpg

Le Parlement Français a adopté hier une loi créant un système de riposte

graduée en 3 étapes aboutissant à exclure de l'internet ceux qui sont
accusés d'avoir commis ou laissé se commettre trois fois une violation du
droit d'auteur.

Cette idée est si bonne qu'elle mérite d'être appliquée également à d'autres
médias. Voici donc une modeste proposition d'extension de la riposte graduée
aux écrits sur papier.

Le système proposé est la simplicité même. Le gouvernement mettra en place
un registre des auteurs ou complices de contrefaçons. Chacun pourra adresser
une plainte aux gestionnaires du registre, affirmant que quelqu'un viole
leur droit d'auteur sur un texte écrit. Si le registre gouvernemental reçoit
trois plaintes concernant la même personne ; cette personne sera bannie
pendant un an de l'usage de l'écrit.

Comme dans le cas de l'internet, le bannissement s'appliquera à la fois à la
lecture et à l'écriture, y compris celles qui sont de nature informelle :
une personne bannie ne pourra plus rien écrire ou lire pendant un an.

Quelques opposants systématiques prétendront peut-être que le bannissement
de l'écrit physique sera difficile à mettre en ouvre et que l'exclusion de
toute communication écrite sur la base de simples accusations pose quelques
problèmes mineurs en matière de procédure équitable et de liberté d'expression.
Mais si ces questions ne nous arrêtent pas dans l'univers de l'internet,
pourquoi devraient-elles bloquer notre proposition ?

Bien sûr, s'ils sont bannis de l'écrit, quelques élèves se trouveront dans l'impossibilité
de faire leur travail scolaire, quelques adultes éprouveront certaines
difficultés dans leur vie quotidienne et divers perturbateurs ne seront plus
autorisés à participer au débat politique ou même à le suivre. Cela les fera
peut-être réfléchir la prochaine fois qu'ils s'apprêteront à commettre ou à
laisser se produire une contrefaçon du droit d'auteur.

En bref, la riposte graduée est une idée tout aussi bonne pour l'écrit sur
papier que pour l'internet. Quel sera donc le premier pays à l'adopter ?

Lorsque la riposte graduée sera en place pour l'écrit sur papier, nous
pourrons l'appliquer à d'autres médias en créant une riposte graduée pour
les ondes sonores et pour les ondes lumineuses. Ces médias sont trop
importants pour qu'on les laisse sans protection."


En voici maintenant une version remaniée et pastichée, extension personnelle du texte
du professeur américain Ed W. Felten

La riposte graduée pour les ondes sonores
http://www.audika.com/dyn/pages/14/audika-mauvaise-audition.jpg

Le Parlement Français a adopté hier une loi créant un système de riposte
graduée en 3 étapes aboutissant à exclure de l'internet ceux qui sont
accusés d'avoir commis ou laissé se commettre trois fois une violation du
droit d'auteur.

Cette idée est si bonne qu'elle mérite d'être appliquée également à d'autres
médias. Voici donc une modeste proposition d'extension de la riposte graduée
aux ondes sonores.

Le système proposé est la simplicité même. Le gouvernement mettra en place
un registre des auteurs ou complices de contrefaçons. Chacun pourra adresser
une plainte aux gestionnaires du registre, affirmant que quelqu'un viole
leur droit d'auteur sur une émission sonore. Si le registre gouvernemental reçoit
trois plaintes concernant la même personne ; cette personne sera bannie
pendant un an de l'usage de l'écrit.

Comme dans le cas de l'internet, le bannissement s'appliquera à la fois à toute forme d'audition, interdisant ainsi à l'usager de se servir de ses oreilles pour quelque raison qu'il fût, ainsi qu'à toute production sonore (instruments de musiques, bruits corporels, paroles), y compris celles qui sont de nature informelle :
une personne bannie ne pourra plus rien écouter ni émettre des sons pendant un an.

Quelques opposants systématiques prétendront peut-être que le bannissement
de l'écoute physique sera difficile à mettre en ouvre et que l'exclusion de
toute communication sonore sur la base de simples accusations pose quelques
problèmes mineurs en matière de procédure équitable et de liberté d'expression.
Mais si ces questions ne nous arrêtent pas dans l'univers de l'internet,
pourquoi devraient-elles bloquer notre proposition ?

Bien sûr, s'ils sont bannis de l'émission et de la réception sonore, quelques élèves se trouveront dans l'impossibilité de faire leur travail scolaire, quelques adultes éprouveront certaines
difficultés dans leur vie quotidienne et divers perturbateurs ne seront plus
autorisés à participer au débat politique ou même à le suivre. Cela les fera
peut-être réfléchir la prochaine fois qu'ils s'apprêteront à commettre ou à
laisser se produire une contrefaçon du droit d'auteur.

En bref, la riposte graduée est une idée tout aussi bonne pour les ondes sonores  que pour l'internet. Quel sera donc le premier pays à l'adopter ?

Lorsque la riposte graduée sera en place pour l'écrit sur papier, nous
pourrons donc l'appliquer à d'autres médias en créant une riposte graduée pour
les ondes sonores mais aussi pour les ondes lumineuses.
Ces médias sont trop
importants pour qu'on les laisse sans protection !







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