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AU-DELA DES MURS, LE SON




http://www.circostrada.org/IMG/image/PUBLICATIONS/stradda%203%20FR.png


Ayant appris que la revue Stradda, dédiée aux arts de la rue, avait publié, dans son dernier numéro, un article consacré à la création sonore dans l'espace public, je me suis réjoui de cette initiative somme toute assez rare.

Je me suis donc empressé de lire, sitôt sa parution, le dossier thématique "Au-delà des murs, le son". Ce dossier a été concocté sous la direction de François-Xavier Ruan, un des deux anciens co-directeurs du festival "Musiques de rues et nouveaux territoires des arts sonores " de Besançon. Ce dernier présente le dossier comme "... un survol léger des interstices musicaux qui précisent les contours d’un mouvement artistique souvent novateur, diffus, hétérogène, mais très prégnant, et qui, petit à petit semble faire genre..."
Après ma première satisfaction de voir que Stradda s'intéressait à la création sonore au travers des arts de la rue, j'avoue que j'ai été très déçu à la lecture de ce dossier. En effet, le survol léger que décrit François-Xavier Ruan est plus que léger, quasiment minimaliste, et non seulement  il conforte l'idée d'hétérogénéité annoncée, mais le qualificatif semble être un pur euphémisme devant la présentation sommaire  d'artistes et de genres rassemblés ici.
Là où l'on aurait aimé trouver une problématique liant le dossier, et nous faisant comprendre comment la création sonore hétérogène et diffuse semblait faire genre, on ne trouve finalement qu'un repérage de certains de praticiens artistes. Mais surtout, le laconisme des textes ne permet pas de les situer clairement dans un paysage sonore confronté à l'espace public.
Et quand Jean-François Augoyard, fondateur du Cresson, soulève un questionnement intéressant, sur l'idée que l'artiste se jouerait des contraintes de la ville, de ses drônes sonores, pour les dépasser et en faire outil de création, sitôt le débat posé qu'il est déjà refermé. Frustrant pour le lecteur qui aurait aimé rentrer un peu plus dans le fond du sujet.
Certes, on trouve dans l'article une rapide classification désignant différents champs tels que les fanfares, univers bricophonistes, nouvelles technologies... Mais dans ces domaines repérés,  se côtoient dans un même article, Pierre Berthet, et Denis Tricot, et autre part le site du Silophone, Ben Farey et Christophe Havard. On cherche en définitive les passerelles reliant ces artistes, ci ce ne sont bien sûr celles des vibrations sonores... Vaste sujet ! Entre les pratiques touchant la lutherie expérimentale, l'installation acousmatique en réseau, le champ des fields recording et d'autres dispositifs hybrides, on a du mal, sans autre explication, à sentir les connections qui peuvent réunir ces artistes dans l'espace public, hormis de creuser un peu l'affaire en étant a minima informé de la création sonore actuelle, et encore !
D'autre part, si ce dossier avait voulu faire un catalogue d'actions spécifiques et représentatives, il aurait pu citer entre autre le Théâtre de l'Eléphant Vert (théâtre sonore d'extérieur), La chose Publique (installation acousmatique autour de fictions et de mémoires urbaines), Cyril Hernandez (Instruments/sculptures sonores ambulantes), Les Souffleurs, Commandos Poétiques (récitants poétiques urbains), Jean-Robert sédano (sculptures sonores ludiques), Alt1 et Ant2 (installations circuit bending)...
Bref, un , voire plusieurs fils conducteurs m'ont beaucoup manqué à la lecture de ce dossier. Il eut certainement mieux valu citer moins d'artistes, et se pencher sur une ou deux problématiques montrant comment, au travers de l'apparente diversité des domaines, les arts sonores liés aux arts de la rue, pouvaient faire genre. Exemples : Publics en bandes passantes, transdisciplinarité et relectures urbaines, frontières et croisements entre scène extérieure-et espace intérieur, Arts de l'espace-arts du temps entre jeux et concepts... Et plus si affinité...
D'autant que la revue "Rue de la folie", ancienne mouture de Stradda et à l'époque fort décriée, avait déjà consacré un très intéressant numéro spécial à ce sujet (Rue de la Folie  #9 - novembre 2000 - L’art sonore en espace public), sous la conduite me semble t-il de Michel Risse.
Citons également un supplément de la revue Mouvement associée à Lieux Publics : "Partitions urbaines" consultable et téléchargeable en ligne;
le dossier "La ville, comment ça sonne ?", également mis en ligne par le Master Projets Culturels dans l'Espace Public;
Et sur des sujets propres à la création sonore contemporaine,
le dossier "Espace son"  dans le n° 24 de la revue  Mouvement;
et un très beau numéro de la revue canadienne francophone ESSE (Une sorte de Mouvement au Canada francophone) intitulé "Bruit", dont une des problématiques serait "... Le bruit est-il soluble dans l'art ?..."

Bref, pour rester dans le vif du sujet et prendre le poul de la création sonore sur le terrain, je pars de ce pas traîner mes oreilles au festival Chalon dans la rue, où je sais d'ors et déjà que j'y rencontrerai quelques sonoristes d'espaces publics. Peut-être vous en reparlerai-je dans quelques jours.











Tag(s) : #REFLEX'SONS