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UN PEPIN POUR 2,

PARCOURS SONORE EN CREATION

 


 

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Certains pépins, ne sont pas forcément des malheurs, des tuiles, ou des mésaventures, ils nous abritent, tout simplement.
 C'est entre autre le cas le cas de celui dont nous allons parler aujourd'hui. Mais ce pépin là fait bien plus encore. Outre le fait de nous éviter de nous mouiller, ou de trop nous chauffer le crâne au soleil, il devient un instrument d'écoute, une sorte de porte ouverte, sur un monde de sons qui accompagneront une promenade taillée sur mesure pour nos oreilles.
Le cadre de cette expérience sonore sera la petite ville de Villeneuve lès-Maguelone (Languedoc-Roussillon), ceci dans le cadre d'une sortie de résidence de L'Atelline (Lieu de Fabrique des Arts de la Rue)
Les arts de la rue se sont progressivement dégagés de leurs grands classiques - théâtre, déambulations et grosses machineries urbaines qui les ont porté à leurs débuts, pour petit à petit investir les champs plus diversifiés des arts plastiques, de la danse, du cirque contemporain, des arts sonores...
Concernant ces  derniers, les compagnies Décor Sonore, Lieux Publics, L'Eléphant vert, Le bruit qu'ça coûte, La Chose publique et bien d'autres encore explorent ses formes de créations sonores tous azimuts dans l'espace public.
La Compagnie Espaces sonores, dirigée par Stéphane Marin, quand à elle, fait partie de ces jeunes compagnies qui ont jeter leur dévolu vers les arts sonores, travaillant à jouer avec les environnements auditifs, pour les faire sonner, les proposer à nos oreilles comme de nouveaux territoires à écouter, à rêver, à fabriquer de concert, entre sons "naturels" et fictions surajoutées, comme autant de couches sonores transcendant les lieux investis.
J'avais déjà eu l'occasion d'apprécier le travail de Stéphane Marin  dans "Tragédies, un poème",  une création hybride "Théâtro-chorégraphico-plastico-sonore", en collaboration avec le Deuxième groupe d'intervention d'Emma Drouin, à Châlon dans la rue 2010.
J'avais d'ailleurs à cette occasion pris le temps de discuter avec Stéphane sur sa vision des sons, de leurs rapports avec l'environnement de tous les jours, des actions artistiques, poétiques, oniriques, voire écologiques  que certains décalages auditifs pouvaient nous proposer, des postures d'écoutes actives qui en résultaient... Car Stéphane est un passionné par la chose sonore, il est intarissable lorsqu'on entreprend avec lui une conversation sur les espaces de créations qui touchent au domaine de l'audible.
Revenons en donc à notre, ou plutôt à son "pépin pour 2".
Le dispositif est a priori assez simple. Un couple emprunte un parapluie pour effectuer une balade d'environ 3/4 d'heures, dans un itinéraire préalablement repéré et marqué ponctuellement de signalétiques indiquant s'il faut s'arrêter, regarder, écouter...
Le parapluie est équipé d'un dispositif d'écoute embarqué, deux casques et un lecteur audio.
La promenade proposée ne sera pas pour autant un parcours touristique, ou historique, de ceux que proposent habituellement les audioguides.
Cette promenade mettra plutôt en œuvre  une série de décalages, de fictions/frictions, de frottements, de déréalisations oniriques de l'espace sonore. Les casques n'étant pas de type fermé, isolant l'écoutant des sonorités environnantes, les sons proposés à l'écoute se mêleront donc à ceux des espaces traversés, bouleversant ainsi les repères et créant parfois des sortes d'hallucinations auditives, sans danger rassurons nous. Nombres de sons joueront en effet sur des décalages savamment calculés venant ainsi troubler et titiller notre écoute.
J'en citerai ici quelques uns, tirés du dossier de présentation du projet, qui peuvent venir émailler un parcours sonore sous parapluie, chaque parcours restant bien évidemment une proposition spécifique s'appuyant sur les caractéristiques du terrain.

HALLUCINATIONS
- inverser l'image acoustique d'une rue, et faire entendre la circulation sur le trottoir, alors que les
piétons sont sur la route;
- en filtrant et en réverbérant le signal audio, rendre la rumeur urbaine nimbée comme dans un rêve, ou un cauchemar;

ANACHRONISMES
- au passage d'une auto se rendre compte que la rue est détrempée, et que la ville est bien sous la pluie,
alors que le soleil brille au dessus des têtes;
- en passant sur la place du marché, transformée toute la semaine en parking, soudainement plonger
dans l'ambiance agitée de ce marché dont les étals ont disparu;

PRÉSENCE/ABSENCE
- des talons résonnent derrière l’auditeur, ils se rapprochent ; il se retourne : personne... ;
- assis sur un banc public, écouter sans pudeur les confidences chuchotées à l'oreille de deux amoureux;

DEDANS/DEHORS
- station devant une grande baie vitrée là haut au 2ème étage. Se mettre à l’écoute de la pluie qui tombe,
dehors, alors que l’on est confortablement à l’abri, dedans : de l’autre côté de la vitre;
- devant la vitrine du coiffeur où la porte est close, entendre tout ce qui se passe à l'intérieur, jusqu'au moindre coup de ciseaux;

ICI/AILLEURS
- à l'arrêt de bus, rester sur le trottoir, et pourtant prendre le bus pour une destination inconnue;
- dans le hall de la gare, découvrir de nouvelles destinations exotiques dans une ambiance de jungle équatorienne;

SATURATION/SILENCE
- dans une ruelle calme faire émerger une circulation très dense jusqu'à saturation;
- au terme de cette dernière offrir au silence le soin de faire place à la stricte réalité de l'acoustique urbaine.


Voilà de quoi à mettre nos oreilles en appétit et à faire parfois douter de leurs bon sens, devant des procédés relevant d'effets psychoacoustiques.

Quand au fait de faire cette balade en couple, il y a bien-sûr ici une volonté affichée de partage, de rencontre.
Que l'on se connaisse ou non au départ, on partage un espace, celui du parapluie, plutôt intime, on partage un laps de temps, on partage une marche physique à travers une déambulation urbaine, on partage des sensations, visuelles, mais aussi et surtout sonores, et on peut penser que, la balade terminée, on partagera des impressions, des commentaires, et mêmes des souvenirs communs.
Il est en effet prouvé que l'écoute lorsqu'elle est partagée, qu'elle que soit sa forme, fait remonter en surface de chacun moult souvenirs, impressions et sensations  enfouis dans les strates mémorielles, et de là donne lieu à des échanges toujours très riches.

Notons que pour ceux qui n'auront pas le loisir d'effectuer physiquement la balade, que Radio Rue Libre diffusera ce parcours sonore dans son intégralité dans le cadre de Rue Libre,le 30 octobre prochain (la seule journée de 25 heures de l'année), un moyen d'avoir un aperçu de cette expérience, bien qu'elle sera sans doute assez loin de la force de l'expérience vécue in situ.

 

 

 

 

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Renseignements pratiques :

Sortie d'Atelline à Vileneuve-lès-Maguelone
samedi 23 octobre (rdv dès 14h à l'ATELLINE, départ toutes les 1/2h)

Départ de l'Atelline (Lieu de Fabrique Arts de la Rue Languedoc-Roussillon)
Compagnie Internationale Alligator
58 Place de l'Eglise
34750 Villeneuve les Maguelone

Réservation obligatoire au 04 67 69 33 00 ou atelline-cia@wanadoo.fr




Équipe artistique:

Stéphane MARIN: Metteur en son.

Elizabeth MASSE: Auteur, comédienne

Emmanuel MÉNIS: Compositeur

Olivier MAGNI: Carto-graphiste



ESPACES SONORES

06-87-30-93-10

http://cynik.mak.free.fr

 

 

 

Ecoutez la promenade (casque fortement conseillé)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #FESTIVALS