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DES MOTS, DES PRATIQUES ET DES SONS

 

 

terrafon1

 

 

 

Au tout début de la rédaction de ce blog, j'avais une idée bien arrêtée de ce que j'allais y écrire, y présenter, y défendre.
Bien trop bien arrêtée sans doute.
Je m'étais fixé comme objectif de parler des  arts sonores, en prenant principalement appui sur le versant plastique de cette, ou de ces disciplines. Comment la forme plastique malléable, installée, visible, fricotait-elle de concert avec la forme sonore plutôt immatérielle ? Comment ces entités, l'une palpable, visible, l'autre intangible, écoutable, s'imbriquaient-elles pour donner corps à des objets, des sculptures, installations ou autres dispositifs audio-visibles ? Ce chantier ouvert me semblait ainsi aller de soi, nourrit d'une bonne dose d'expériences personnelles et conforté par quelques certitudes et autres préconçues à la vie dure.
Et puis, au fil de l'écriture, et des recherches qui alimentent ce travail, les doutes se sont peu à peu insinués dans l'esprit du rédacteur.
Tout d'abord sur les aspects polymorphes de cet art sonore. Un ou plusieurs arts sonores ? La diversité, voire la disparité parfois relevée autorisait elle l'emploi d'un singulier fondant autoritairement la bricophonie, le net-art, l'approche expérimentale des musiques post rock, la plastique sonore... dans une pratique monolithique, définie par une seule expression globalisante. Un seul art sonore? Plusieurs arts sonores?
J'aurais aujourd'hui tendance, toute en gardant une grande méfiance, voire réticence envers les chapelles et classifications catégoriques, à conjuguer les arts sonores au pluriel. Il me semble de plus en plus que des pratiques si variées ne se prêtent guère à un conglomérat unique et  rassembleur, même s'il est pétri de bonnes intentions, celle entre autre de reconnaître le sonore comme un domaine de création à part entière.

D'ailleurs on ne parle pas d'un art visuel, mais bien d'arts visuels, ou numériques, ou plastiques ou culinaires ou...


 

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Mais pour autant,  l'emploi de ce pluriel ne me satisfaisait pas encore. Je constatais déjà les différences, et non des moindres, que l'on peut relever en comparant, si tant est qu'il soit utile de la faire, les arts sonores Made in France avec leur alter ego anglophone "sound art", au pluriel ou non.  Les cultures aidant, ou plutôt n'aidant pas, la ou les significations de cette expression prenaient des tournures spécifiques pour chaque langues, que dis-je, cultures, des connotations propres et et ciblaient mêmes des domaines de compétences et des centres d'intérêt fort dissociés. Et lorsque le terme de sound art était employé dans la langue française, les choses se compliquaient encore, chacun défendant, sous couvert de ses acceptions sémantiques et croyances propres des pratiques entrant dans ce domaine  alors que d'autres en réfutaient leurs appartenances. Pas simple dés lors d'y voir clair.
Même à l'intérieur d'une même langue, des "écoles" défendent le droit ou non à la bricophonie (je prend cette exemple au hasard, ou presque) d'appartenir aux arts sonores, sous prétexte que cette pratique émanait à l'origine des arts forains, et que les arts sonores n'ont commencé véritablement que dans les années cinquante, avec l'apparition de... et par... Toujours pas simple de cerner l'affaire.
De plus, je m'apercevais moi-même que des expériences pour le peu complètement sonores , et que j'introduis sans retenue dans Des Arts Sonnants, n'étaient pas véritablement des gestes artistiques, si tant est qu'il soit si évident de classer ce qui est et ce qui n'est pas artistique dans la création contemporaine. La pensée et le désir du créateur de positionner un objet, fut-il sonore, comme une œuvre artistique suffit-elle  à l'ériger en tant que telle ? Mais au-delà de cette épineuse question, je constatais au fil des articles que des versants écologiques, techniques, scientifiques, des expériences touchant au design, aux approches audionaturalistes, aux techniques de la Hi-Fi, n'entraient pas de plein-pied dans la création artistique, ou se tenaient en marge, dans des positions ou des franges alternatives. Art ou pas art, difficile question, mais qui n'est cependant pas primordiale si l'on reconsidère ces domaines frontières, ou d'interférences, comme des pratiques sonores, parties intégrantes et  souvent passionnantes de la création, de la recherche contemporaine.
D'où parfois la tendance à remplacer l'expression "arts sonores" par celle de "création sonore". Cette formulation me permet alors, comme une sorte de compromis sémantique qui finalement m'arrange bien, de parler, sans crainte de quelques hors sujets, de domaines purement artistiques et d'autres plus en marge, mais néanmoins proches, ou qui se croisent parfois dans un mélange des genres qu'affectionnent les pays anglo-saxons, et que méprisent ou ignorent  le cartésianisme vieille Europe made in France. De plus je peux maintenant considérer une création sonore singulière qui contient et relie différents arts sonores pluriels. Ce tour de passe-passe langagier, permet en tout cas d'appeler un chat un chat, ou tout au moins de réfléchir aux contenus et frontières des arts sonores contemporains.

Quand à ce qui concerne Dame Musique et ses frontières.... Mais n'est-elle pas elle aussi, au risque de faire hurler les pluristes, une composante de la création  sonore de tout temps ?

 

 

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Tag(s) : #REFLEX'SONS