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DEMOLIR, DIT-IL


Encore une petite incursion dans un brûlant sujet lyonnais, polémique et politique, et qui doit se faire savoir par-delà la ville de Lyon, car l'heure ne semble ni à la concertation, ni  même à un minima de reconnaissance pour la chose culturelle.

Il ne s'agit pas, vous l'aurez sans doute compris de football, mais bien de l'avenir, qui semble compromis à très court terme, de la friche artistique autogérée RVI de Lyon.

Et pourtant Dieu sait si ce genre de lieu recèle de savoirs-faire, de compétences, de réflexions et d'expériences tous azimuts, sociales comme artistiques.

Le son n'est pas en reste, entre musiques traditionnelles, improvisées, rocks, électros, créations sonores, se promener au sein de la friche, c'est capter de ci-de là de nombreuses effluves sonores, aux détours d'une cave, d'un atelier, d'une yourte, d'une allée couverte, mais pour combien de temps encore ?

 

 

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  RVI, 35000 m2 pour créer...

 

 

Communiqué de presse à l'allure de manifeste

A diffuser à l'envie !

 

 

DEMOLIR, DIT-IL

   

    La friche RVI n'est pas venue d'en haut bardée de millions. Elle s'est constituée d'elle-même – désir réalisé d'un espace autre, à la fois dans et hors la ville.

 

Elle s'est faite à l'usage, en huit années d'existence, palais d'autant de facteurs Cheval. 

 

Comme lieu d'art, la friche RVI est le lieu où l'art se pose les questions de sa valeur d'usage et de son droit de cité.

     

Comme projet urbain, la friche oppose à la maîtrise d'ouvrage une maîtrise d'usage : à la démolition, la reconversion ; à la violence d'un urbanisme post-moderne sans acteur et sans histoire, la caresse d'une écologie urbaine qui interroge nos lieux et nos styles de vie.

 

Comme espace politique, la friche est le lieu où la ville se pose la question du droit de ses habitants à disposer d'elle – et donc d'eux-mêmes. 

 

Quand habiter la ville, ce n'est pas seulement en être l'usager. Quand habiter la ville, c'est la faire. 

 

Cette friche, au 31 juillet, la ville de Lyon veut la fermer. 

 

 Or, la concertation qu'attendaient les quelques 400 personnes travaillant sur le site afin d'inventer une solution de relogement effective à cette date n'a pas eu lieu. 

 

A la place, la ville leur a fait lundi 7 juin la proposition suivante : vous quittez les 34000 m2 du tènement RVI au 31 juillet, sans faire d'histoires. Vous pourrez alors emménager en septembre dans 3500 m2.

 

A la question de savoir ce que les artistes feraient de la centaine de tonnes d'outils, d'oeuvres, de matériaux, de décors en leur possession dans l'intervalle de deux mois séparant la fermeture de la friche de l'ouverture annoncée d'un nouveau lieu, il n'a pas été apporté de réponse.

 

A la demande d'un délai pour organiser la transition, aménager le nouvel espace,  assurer la continuité de leur activité et ainsi leur permettre d'honorer les engagements qu'ils ont contractés, il a été répondu qu'il n'y en aurait pas.

 

Face à l'évident problème de place que pose la division par dix des surfaces, la perspective incertaine d'un lieu plus loin dans le temps et dans l'espace a été esquissée. 
 

    Quelques semaines plus tôt, aux frichards agacés qu'on ne leur parle que de démolition, il avait été rétorqué : « il faut bien préparer l'avenir ! ».

 

Sans eux, semble-t-il.

 

Mais la question se pose, de quel avenir s'agit-il ? 

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Friche RVI / friche-rvi.org

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #REFLEX'SONS