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FILMER LMUSIQUE

Quatrième édition du 8 au 13 juin 2010

Au Point Ephémère (Paris)



Le Collectif Mu, que l'on a surtout connu dans un premier temps  grâce à ses déambulations sonores, de la Goutte d'Or à Sound Delta, en Rhin et Danube, nous propose, dans sa 4e édition, le festival "Filmer la musique".
Le titre est en lui-même explicite. Des expériences Rock-punk-funk-noisy-sonores souvent expérimentales, et parfois radicales, en passant par des histoires de sound systems, des arrière-cuisines de la production, de l'enregistrement, des fabriqueurs d'instruments et de dispositifs incroyables, les caves enfumées et les lieux de déluges sonores les plus insolites, les musiciens rêveurs les plus allumés... Filmer la musique nous raconte, en sons et en images, des épopées sonores quelquefois "haute tension".
On s'aperçoit d'ailleurs à quel point des expériences entrant dans le champ de ce que l'on nomme aujourd'hui les musiques actuelles, une terminologie des plus vagues et qui ne prend pas beaucoup de risques en définissant un contenu, ont puisé dans le bouillonnant creuset de l'underground des années 70 -80, qu'il fut américain, anglais ou allemand. On comprend mieux également  les filiations entre les platinistes, les "laptopistes", les installateurs avec tous les mouvements des "ancêtres" luthiers, de Leon Theremin  à Harry Partch, mais aussi issues, dès les années 50, d'expérimentations novatrices des studios radiophoniques.
C'est donc parmi cette plongée foisonnante et passionnante dans des franges d'histoires du son et des musiques, que je me suis permis de faire ma petite sélection de films, en toute subjectivité bien entendu.

HAACK : THE KING OF TECHNO
de Philip Anagnos

2004 – Etats-Unis – 70 min – couleur – vostf

sous-titrage en cours à l’heure de l’impression du catalogue. merci de vérifier
avant la séance la version projetée.
Pionnier de la musique électronique, compositeur dans les
années 60 et 70 d’une série de disques pour enfants désormais
culte, et auteur, entre autres, de HAACKULA et ELECTRIC
LUCIFER, Bruce Haack fait partie de ces personnages clés de
l’histoire de la musique.
Bruce Haack cherchait des sons que personne avant lui n’avait
entendu, et la musique pour enfant s’est rapidement imposée
comme le refuge idéal pour ses expérimentations.
Inventeur, il a créé le Peopleodian qui permet de jouer des
“gens”, le Dermatron qui se joue à deux et produit des sons par
contact avec la peau … Des machines qui semblent sorties tout
droit de la science fiction des années 50 et portent en elles une
véritable dimension utopique.
Entre musique savante et expérimentale, pop et psychédélisme.
http://www.thinkbubblefilms.com/haack


ALCHEMISTS OF SOUND
de Roger Pomphrey

2003 – Angleterre – 58 min – couleur – version originale non sous-titrée
en présence de Mark Ayres
archiviste du bbc radiophonic workshop
The alchemists of Sound retrace l’histoire du BBC Radiophonic
Workshop
de 1958 jusqu’à sa fermeture en 1998. Installé
à Delaware Road, London, ce département de recherche était
chargé de « sonoriser » des pièces radiophoniques puis par
la suite, de créer des effets spéciaux sonores et les génériques
des émissions de la BBC (Doctor Who, The hitch hicker
guide to the galaxy…). Desmond Briscoe, membre fondateur de
l’équipe, Dick Mills, Peter Howell, Delia Delbyshire, tous avaient
ce désir de créer un son nouveau : du découpage artisanal de
mètres de bande magnétique jusqu’à l’utilisation des ordinateurs
en passant par le Moog et le Vocoder. Et puis, doucement,
inévitablement, la chaîne restructure et enterre doucement
son Workshop…De compositeur invité et passionné, Mark Ayres
devient archiviste officiel du BBC RW en 1997 et consultant sur
ce documentaire passionnant et décalé. Un homme mystérieux
apparaît dans le fond de chacune des interviews…


SUN RA : A JOYFUL NOISE
de Robert Mugge

1980 – Etats-Unis – 60 min– couleur – sous-titrage sous réserve

 

Séance présentée par Stuart Baker et Joseph Ghosn
Tourné à Philadelphie, Baltimore et Washington DC, entre 1978
et 1980, Sun Ra : A Joyful Noise est un magnifique portrait de
Sun Ra et de son Intergalactic Omniverse Arkestra.
Dans des combinaisons afro-space-marché-aux-puces glitters
et châtoyantes, Sun RA et ses musiciens font sonner leur
« joyful noise » free jazz cosmique et chaotique en concert ou
en répétition. Entre les morceaux et les extraits de concerts,
Mister Mistery, entouré d’antiquités égyptiennes ou tranquillement
assis devant la Maison Blanche, délivre avec solennité ses
messages, dans des sentences et des cascades de mots, qui
s’enchevêtrent et résonnent les uns dans les autres.
Le film part aussi dans les rues de Philadelphie, à Germantown,
où le groupe s’est installé, de l’épicerie Pharaoh’s à la maison
que l’Arkestra partage, toute entière centrée sur le culte du
leader et sur ses méthodes : orchestration, discipline et précision.
Le Sun Ra Arkestra n’est pas un big band, mais un Big
Bang qui libère parfois son énergie dans un fracas d’orage interstellaire
à faire pâlir Sonic Youth. C’est le contraste entre les
rêves et les aspirations cosmiques, et l’évidente condition de
musicien noir qui frappe. Le film de Robert Mugge livre un portrait
visuellement magnifique, non dénué d’humour et d’ironie,
de Sun Ra en narrateur mystique et cosmique. «I’m not a part
of history-I’m more a part of mystery, which is my story».
http://www.robertmugge.com/


THE DELIAN MODE
de Kara Blake

2010 – Grande-Bretagne – 25 min – couleur – vostf


 

 

Un court documentaire expérimental sur Delia Derbyshire,
pionnière de la musique électronique, célèbre pour son traitement
sonore du thème de la série anglaise Docteur Who. Un
film en forme de collage, sonore et visuel, à la manière des
travaux de Delia Derbyshire au sein du célèbre BBC Radiophonic
Workshop.
http://thedelianmode.com/


ELECTRIC MUSIC MACHINE : FIVE DAYS
AT THE BBC RADIOPHONIC WORKSHOP
de Robert Clamp

1988 – Angleterre – 38 min – couleur – version originale non sous titrée

en présence de Mark Ayres

archiviste du bbc radiophonic workshop

 

http://www.soundonsound.com/sos/apr08/images/Radiophonic_06.jpg

 

Nous ne sommes plus dans les années soixante. Au Radiophonic
Workshop
, on utilise maintenant des synthétiseurs et des
ordinateurs. Plus la peine de passer des heures à couper de la
bande pour sampler un son. En 1988, Robert Clamp, ancien
membre du BBC RW, nous emmène pendant cinq jours au coeur
de cet atelier de composition. Documentaires, séries pédagogiques,
émissions de cuisine…tous les membres du BBC RW
devaient répondrent aux commandes et trouver des solutions
musicales. Chacun à leur façon : Peter Howell, qui compose
pour le documentaire D-Day Berlin, explique que parfois rien
ne peut remplacer un véritable orchestre de percussions. Dick
Mills lui enregistre puis sample le froissement d’un sac plastique,
d’un moulin à poivre, pendant que Malcolm Clarke cherche
le bon jingle pour l’émission de cuisine Fat man in the kitchen.
Et comment illustrer en musique les couleurs mystérieuses du
plumage des oiseaux, pour Birds of the Son God.. ?

WE DON’T CARE ABOUT MUSIC ANYWAY...
de Cédric Dupire, Gaspard Kuentz

2009 – France – 80 min – couleur – vostf

en présence de l’équipe du film sous réserve
“Du turntablism radical (Otomo Yoshihide) à l’innovation musicale
informatique (Numb), en passant par l’audace instrumentale
(Sakamoto Hiromichi), la scène de musiques actuelles de
Tokyo constitue une avant-garde que personne ne peut plus
ignorer.
Tout en présentant des acteurs majeurs de cette scène, We
Don’t Care About Music Anyway… propose une vision kaléidoscopique
de Tokyo, confrontant musique et bruit, sons et images,
représentation et réalité, fiction et documentaire.
“We don’t care about music anyway… “
Une certaine façon de dire : “Nous la faisons, un point c’est
tout”. Au-delà de la musique, et au-delà de la performance, se
jouent l’avenir et les modalités d’existence d’une ville et d’une
société entière.”
http://www.studio-shaiprod.com/index_studio.php


THEREMIN – AN ELECTRONIC ODISSEY
de Steve M. Martin

1995 – Etats-Unis – 83 min – n&b et couleur – vost

 

Fichier:Leon Theremin.jpg 

 

Extraordinaire documentaire sur Lev Sergeïevitch Termen et sa
célèbre invention, le Theremin – le plus ancien instrument de
musique électronique.
Envoyé propager ses ondes en Amérique par Lénine, Léon Theremin
remporte rapidement un immense succés : concerts en
smoking au Carnegie Hall et vie mondaine dans le New York
des années 20 pour un inventeur comme sorti d’un Blake et
Mortimer, accompagné de Clara Rockmore, diva en turban, extraordinaire
virtuose du Theremin et muse de Léon.
Puis le film tourne au roman d’espionnage. En 1938, Léon Theremin
disparaît du jour au lendemain, enlevé par le KGB et
envoyé au goulag pour de longues années. À sa sortie, brisé, il
se fond dans la vie anonyme d’un petit fonctionnaire bolchévique.
Reconnu par hasard dans les années 60 par un journaliste
américain, il sera à nouveau envoyé au goulag et ne retournera
à New York qu’en 1991, où il retrouvera Clara Rockmore. Mais
le temps a passé.
Pendant sa disparition, son instrument continuera à être largement
utilisé aussi bien dans des bandes originales de films que
par les Beatles, les Rolling Stones et les Beach Boys.


THE DREAMER THAT REMAINS :
A PORTRAIT OF HARRY PARTCH
de Stephen Pouliot

1974 – Etats-Unis – 27 min – couleur – version originale non sous-titrée
+
MUSIC STUDIO : HARRY PARTCH
de Madeline Tourtelot

1958 – Etats-Unis – 17 min – couleur – version originale non sous-titrée

 

http://www.ear-group.net/cssmall.jpg

 

Deux courts documentaires de 1958 et 1974 sur Harry Partch
(1901-1974), compositeur américain autodidacte, qui construisait
lui même ses instruments et composait sur une gamme
microtonale constituée de 43 degrés. Les deux films sont des
rencontres intimes avec le compositeur, toujours marginal, qui
vécu comme un hobo, un vagabond pendant la grande dépression,
dans la grande tradition américaine de la liberté et de
l’extase. Partch présente sa musique et ses extraordinaires
machines sonores : Quadrangularus Reversum, Boo II, Cloud
Chamber Bowls, Chromelodeon, Eucal Blossom ou Diamond
Marimba.
Les films de Harry Partch sont disponibles sur www.innova.mu
voir LA FORTUNE D’HARRY PARTCH de Pacôme Thiellement p.68


OKAY, OKAY, der MODERN tanz
de Christoph Dreher et Heiner Mühlenbrock

1980 – Allemagne – 90 min – couleur

Projection en 16mm !
Berlin Ouest, début des années 80. Décharges, terrains
vagues, parkings, cheminées industrielles, chantiers, cités
délabrées, cimetière de voiture … OKAY OKAY, der moderne
Tanz mêle ces paysages urbains délabrés et désertés avec la
musique grinçante et moderne de l’époque, dans une bande son
phénoménale : Père Ubu, Throbbing Gristle, The Red Crayola,
Chrome, PIL, The Residents, James Chance … Rythmés par des
images récurrentes d’un concert de Wire au SO 36 – mythique
squatt berlinois.
A chaque nouveau morceau, Christoph Dreher et Heiner
Mühlenbrock font intervenir un nouveau paysage, une nouvelle
situation de ce Berlin post apocalyptique, à la beauté industrielle
aggressive et désolée.
Un film radical, infusé par le punk, le post punk et la new
Wave.

Le programme complet à télécharger ici en PDF
http://dl.free.fr/r4aw8CI1s

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Tag(s) : #FESTIVALS