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PARCOURS D'ECOUTE RADIOPHONIQUE
LE STREAM RAFRAICHISSANT ?

 


http://www.networkingaudiovideo.com/pictures/comone_phoenix_radio.jpg

 

 

Internet, les formats multimédia compressés, les baladeurs ont sans aucun doute profondément chamboulé nos habitudes d'écoute.
De la radio de mes grands parents, imposante de bois, de lumière et de métal, au pick-up Teppaz, en passant par la chaîne hi-fi, le kiosque à musique, la salle de concert, le magnéto à bandes, à cassettes, y compris la télévision, les postures d'écoute se sont profondément modifiées au fil du temps, des technologies et des flux sonores. Ecoute familiale d'un feuilleton radiophonique autour d'une grande table de cuisine, écoute individuelle d'une play-list dans le métro, ou en faisant son jogging, écoute à la carte sur son ordinateur personnel les moments et le postures se sont ainsi trouvés démultipliés. Que ce soit par des écoutes collectives ou individuelles, décidées ou subies, les sons médiatiques se sont infiltrés dans les moindres recoins de notre vie, et parfois de façon très insidieuse  laux limites de l'hégémonique. La recherche du silence, ou en tout cas d'oasis de calmes, non habités de musiques et de son amplifiés,  peut alors constituer un enjeu de société tendant à rééquilibrer l'écoute pour lui éviter une saturation avilissante, et un manque de recul critique.
Comme souvent, j'avais commencé cet article en ayant l'intention de vous présenter des espaces d'écoute radiophoniques intéressants, originaaux Comme souvent, ma pensée à extrapolé et glissé vers des considérations plus génériques, des sujets sono-sociétaux qui me  préoccupent.

Je revient donc à mon sujet premier en parlant de l'écoute dite de streaming (de flux), différente de l'écoute dite de podcasts (de banques sonores stockées et écoutables à la carte). Ces deux écoutes sont en fait, malgré leur habillage sémantique et leur côté Hi-Tech déjà assez anciennes. La radio n'a en fait toujours proposé que du streaming. Hormis le cas de rendez-vous pour des émissions thématiques ponctuelles, l'auditeur prend très souvent l'écoute en chemin, le train en marche, et reçoit le programme en cours, avec ses surprises, ses découvertes, ses bonheurs et ses agacements, mais il reste très facile de quitter un flux sonore.
Le podcast quand à lui, avec ses programmes stockés, téléchargables,  écoutables en différé, permet une sélection très personnelle du contenu et du moment d'écoute, qui procède plus du choix raisonné que de l'aventure auditive. Là aussi, le support enregistré, capté par ses propres soins ou par ceux d'une société de diffusion, qu'il soit analogique ou numérique, offre depuis longtemps des alternatives similaires à celles du podcast contemporain.

Ce qui change certainement, c'est la quantité de l'offre, astronomique, et la rapidité d'accès à ces millions de sources sonores, qu'elles soient en flux ou non. Richesse, diversité, ergonomie de la recherche et quantité vont-elles systématiquement de concert ? Rien n'est moins sûr. L'apparition des supports enregistrables a multiplié les sources et ressources, mais pas forcément la richesse du contenu. D'autre part, début des années 80, je me suis engouffré avec joie dans l'aventure des premières radios dites "libres", après avoir été "pirates" et avant qu'elles ne deviennent "associatives". Il s'est avéré rapidement que l'aventure a souvent tourné court, à force de vouloir copier les grandes sœurs commerciales. La majorité des radios soit disant libres n'ont fait qu'encombrer un peu plus une paysage radiophonique sans relief et surtout sans la moindre exigence qualitative. Le manque d'imagination, d'invention, l'appât du gain, la course au public ont  lourdement et pour longtemps compromis le bel avenir qui aurait pu être le leur.
Seules quelques aventurières ont tenté de sortir la tête de l'eau (de l'onde), de ce bruit de fond au ton branché qu'ont installés d'insipides pompes à musique hertziennes.
Propos quelque peu amers et défaitistes me direz vous, mais le constat reste hélas toujours d'actualité.
L'apparition d'internet, avec l'apport de nouveaux outils d'enregistrement, de traitement et de diffusion, plus légers, plus souples,  moins onéreux, ont me semble t-il, permis de retrouver une certaine vitalité et une bonne dose d'inventivité dans la création radiophonique, et parfois dans la programmation de certaines radios thématiques. Certes, dans l'offre pléthorique de la sphère radiophonique via internet, beaucoup de niches ultra commerciales sévissent encore, mais au moins peut on voir apparaître, et qui plus est perdurer, des radios aux visées plus ambitieuses, même si elles s'adressent à des publics plus réduits, en ne recherchant pas la masse d'auditeurs par tous les moyens.

 

 


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Je vous proposerai donc de découvrir deux flux de radio dans le plus pur esprit expérimental. Musiques électroniques assez éloignées de la danse, courants bruitistes, noisy, improvisations libres et autres fields recording côtoient des compositeurs de musiques"classiques contemporaine" Aperghis, Griset, Cage et Stockhausen, dans une approche très... sonore. Le son, comme une matière plastique, les captations de performances, des effets spéciaux, déroutants, surprenants, amusants, des sonorités maltraitées, dans des œuvres du répertoire contemporain comme dans des créations de labels underground, tout y est pour offrir de beaux espaces de liberté à nos oreilles.

Ces flux permanents sont diffusés sans l'ombre d'un commentaire, nous ne somme pas ici dans une approche didactique, ou historique, mais dans une jouillissance tirée tout simplement des envies des programmateurs à partager leurs coups de cœur avec des internautes qui aiment à s'éloigner des sentiers battus.

 


Sites streaming

San-Fransisco Experimental Sound Radio
http://200.35.148.107:8000/
Vous pouvez copier l'adresse directement dans la fenêtre URL d'un lecteur de fl
En Garde, Avant  garde
http://listen.radionomy.com/en-garde-for-avant-garde




Tag(s) : #ARTS SONORES A OUIR