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Jeudi 3 juillet 2008
SENTIER ARTISTIQUE ET SONS D'EOLE
Didier FERMENT, Bruno TONDELLIER, Patrick MOUCHAGUE
Juillet, août, septembre,col du Parpaillon (05)



Dans la belle vallée de l'Ubaye, en plein coeur des alpes du Sud, se tient le Parcours des fées, un bien beau titre pour une déambulation artistique qui en est à se deuxième édition.




Ce parcours fait lui-même partie d'un dispositif culturel à plusieurs niveaux :

- La préfiguration d'une route jalonnée de haltes dédiées à l'art contemporain,  traversant les Alpes du Sud de Gap à Caraglio (Italie)
- Une résidence d'artistes organisée par l'association Fées d'Hiver.

Cette association gère un magnifique lieu de création artistique situé dans le village de Crévoux, dans lmes Alpes de Haute-Provence.
Outre l'appel à projets alimentant le parcours des fée, Fées d'hiver, sous l'impulsion de l'artiste multimédia Erik Lorré, organise également un festival d'arts numérique Féeries, toujours en relation avec des résidances d'artistes venant travailler in situ.





Le cadre étant posé, venant on à l'installation qui nous intéresse plus particulièrement.
Cette installation est située au sommet du col du Parpaillon, à 2600 m d'altitude, accessible par un chemin de randonnée.
Mais il semble normal, pour une installation éolienne, d'être placée en hauteur, pour bénéficier d'un maximum de vent !
Il s'agit en fait d'un grand orgue éolien de bambou, comme on en rencontre parfois dans des traditions asiatiques, ceux-là même qui ont été, d'après les ethnomusicologues, les ancêtre du khene, l'orgue à bouche laocien.
En résumé, un ensemble d'une dizaine d'orgues éoliens, mâts de bambous que le vent fait chanter par des entailles-biseaux (ci-dessous)






et des cordes tendues sur les mâts dont le chant est amplifié par des résonnateurs (ci-dessous).



Si l'on voulait jouer au savant organologue, on dirait qu'il s'agit d'instruments
hybrides, utilisant à la fois la techniques des aérophones à biseau (orgues, flutes...) et des cordophones spécifiques que constituent les harpes éoliennes.
Pour constituer un orchestre multiphonique et harmonieux (selon les caprices du vent), un ensemble de mâts chantants est dressé au sommet d'un col, en très étroite relation avec le milieu naturel ambiant, telle une composition land-art sonore. L'instrumentiste sera donc, vous l'avez compris le vent lui-même, les luthiers,  leurs machines achevées, lui ayant laissé une complète liberté d'exécution.
L'installation est visuellement très belle. De plus, malgré l'absence d'examples sonores, on peut imaginer, pour peu que l'on ait déjà entendu sonner une harpe éolienne ou autre instrument excité par le vent, que cet ensemble donne à un espace montagnard d'altitude, souvent assez calme auriculairement ormis justement le vent et quelques rapaces, une dimension sonore exceptionnelle, dépaysant très sensiblement l'oreille. J'avoue que j'aimerais me coucher au centre du dispositif, une nuit, pour écouter le mouvement des sons se déplaçant au dessus de ma tête, au gré des vents.
Ce que je trouve très intéressant ici, c'est d'opérer une véritable métamorphose sonore du paysage, de l'enrichir ponctuellement, jusqu'à ne plus le reconnaître et a en être fasciné. Ce principe de couche, de strate sonore sur-ajouté à un lieu m'intéresse beaucoup. Je pense d'ailleurs prochainement achever la rédaction d'un article depuis longtemps en chantier, et traitant des transformations, jusqu'au processus de métamorphose complète, des paysages naturels ou urbains par l'installation de dispositifs sonores.


Sources photos
site de Didier Ferment

Mais revenons au sujet de cet article. En ce qui concerne les auteurs de cette installation, ils n'en sont pas à leur coup d'essai, 
Didier FERMENT, Bruno TONDELLIER, Patrick MOUCHAGUE ont déjà disposé des orgues éoliens dans d'autres sites (le Puy de Sancy par exemple), et arpenté des festivals consacrés à sa majesté le vent. Si vous allez vous promener sur leurs sites respectifs (cliquez sur leur nom), ce que je ne saurais trop vous conseiller de faire, vous apprendrez quantité de choses sur les cerf-volants, les musiques éoliennes, et même comment fabriquer à peu de frais des machines sonores à vent, car ces créateurs inspirés aiment faire partager leur passion jusqu'au bout.
Si vous êtes de passage cet été sur les montagne de l'Ubaye, n'hésitez pas à gravir le  superbe
col de Parpaillon (pas de routes goudronnée, à pied ou à vélo !) pour aller visiter et surtout écouter l'orgue des fées



PS : Merci à Didier Ferment de m'avoir fait parvenir l'information concernant cet événement.
Si vous aussi vous avez des informations, projets et autres ressources concernant les manifestations consacrées aux arts sonores, n'hésitez pas à me les communiquer, je les relaierai dans la mesure du possible.
De même, tous vos commentaires sont toujours les bienvenus.





par Gilles Malatray publié dans : Festivals, Symposiums communauté : ECOUTE ECOUTE
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Dimanche 29 juin 2008
DEUX EXPOSITIONS POUR
MONTRER DU SON
ET DES ROKERS FAISEURS DE SONS


En principe, le son, ça s'entend, et ça ne se voit pas; donc ça s'écoute.
Cette affirmation peut paraître une banale généralité ou un mièvre lieu commun . Et pourtant, de nombreux exemples nous ont montré que la représentation visuelle, sous quelque forme qu'elle soit, non seulement peut évoquer un fait sonore, une ambiance, mais aussi l'incarner véritablement parfois. Montrer le son par l'image, la peinture, la sculpture, n'est pas si anachronique qu'il n'y paraît. L'enjeu d'une telle monstration devient alors une gagure, un véritable défi  tout à fait passionnant dans le domane des arts sonores; nous montrons du sonore, du musical sans en faire écouter une seule seconde, mais en le suggérant très fortement par des représentations graphiques. Pour étayer ce propos, nous prendrons deux exemples puisés dans l'actualité, au travers deux expositions, l'une suisse et l'autre belge.
En ce qui concerne l'exposition suisse, elle est consacré à un des grands monstres sacrés des arts sonores, auquel nous avons déjà consacré un article entier dans ce blog,
Christian marclay.


Nous ne reviendrons pas sur les approches extrémement variées, polymorphes et très pertinentes (à mon avis) d'un musicien qui, pratiquant le DJ'ing avec un art consommé, s'est aventuré dans les domaines de l'art plastique avec une curiosité qui n'a d'égal que son inventivité introspective.
Exemple : on pourrait croire de prime abord qu'un musicien et artiste sonore de surcroit, se promène tout le temps muni d'un magnétophone, pense-bête et carnet de notes incontournable pour alimenter sa collection de sons, ou noter à la volée une idée musicale, un projet d'installation...
Or Christian Marclay, qui est depuis très longtemps passionné des "à-côtés du son" et de la musique, entre autre par ses représentations graphiques, ne sort jamais sans un appareil photographique. Et comme il voyage beaucoup, il a collecté une série de photographies qui tendent à évoquer, à suggérer, à définir le son, comme pourrait le faire une partition musicale, elle-même représentation emblématique du musical. D'ailleurs, on peut rappeler ici une façon de Christian Marclay de représenter, ou plutôt de faire représenter, la musique ou le son, en placardant dans des espaces publiques, des rues, des places, des halls, de grandes partitions vierges, qui seront taguées, graphées, annotées, musicalement ou non par les passants anonymes, eux-même musiciens ou non. Ensuite, ces partitions récupérées seront données à jouer, à interpréter sur scène par de "vrais" musiciens, improvisateurs performeurs.
Le concept étant ici une participation de musiciens ou de non musiciens anonymes, (les passants grapheurs) à une l'écriture collective et aléatoire d'une oeuvre musicale, soumise aux caprices de l'espace publique, puis à ceux éventuels de ses interprètes.
Mais revenons aux photographies de Christian Marclay. Elles sont incontestablement suggestives et nous donnent à entendre, virtuellement, une ambiance, un son, une mélodie tirée de l'espace publique.
Il peut s'agir d'une simple caisse de guitare vide, posée sur un trottoir, évoquant son propriétaire qui joue, deux ou trois mètres en arrière, dans l'espoir de gagner quelques sous, ou d'un graphe très expressif montrant un vélo posé contre un mur avec une tag en arrière-plan représentant une cassette audio déroulant une bande magnétique fleurie qui semble venir, tel un lierre s'enrouler avec le vélo, ou bien encore un musicien allongé sur un trottoir, sa guitare sur la tête, comme pour se protéger, grâce à la musique, du soleil, ou d'éventuels dangers urbains...
La représentativité et la force suggestive de ses images, même (et surtout ?) décontextualisées, nous donnent à relire, à (ré)interpréter des postures d'écoutes urbaines, des ambiances à la fois imaginaires et très présentes, comme si ces images faitent sonner, ou résonner des timbres, des rythmes, des bruits, des musiques dans notre tête. On parle de la force des sons, des mots, ici c'est bien de celle de l'image, oh combien suggestive qu'il s'agit.


Cette exposition au MAMCO, Musée d'art moderne de Genève se nomme  Cycloptically ou
Honk if you love silence, en sous titre et peut se voir du 21 juin au 21 septembre 2008.










« Queens , 2003 »
C-Print ; 21 x 27.9 cm
© the artist
Courtesy Jay Jopling/ White Cube (London)

« Lisbon, 2005 », 2005
C-print on Fuji Crystal Archive paper ;
12 15/16 x 15 11/16 x 1 9/16 in. (32.8 x 39.8 x 4 cm) (incl. frame)
© the artist
Courtesy Jay Jopling/ White Cube (London)





« London, 2007 », 2007
C-print on Fuji Crystal Archive paper ;
12 15/16 x 15 11/16 x 1 9/16 in. (32.8 x 39.8 x 4 cm) (incl. frame)
© the artist
Courtesy Jay Jopling/ White Cube (London)


Pour en savoir plus, voir le site du MAMCO de Genève




Et aussi à Bruxelles


A Story of Art and Music
Vendredi 20.06 > Dimanche 14.09.2008
Palais des Beaux-Arts
23 Rue Ravenstein
1000 Bruxelles


La deuxième exposition, Bruxelloise, donne à voir des travaux d'artistes musiciens rockers des années 70 à nos jours, qui ont aussi, en dehors de toute école, de tout mouvement, travaillé à créer des oeuvres visuelles.
Le titre de cette exposition organisée par le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, non dénué d'humour, est
It's not only Rock 'n' Roll, Baby! , et il est en fait derrière le côté joueur de det expression, assez explicite, affichant la volonté de décloisonner les pratiques pour parler du rock, autrement qu'avec son média habituel : Les sons.

Voici le texte de présentaion du Palais des Beaux-arts de Bruxelles

It's not only Rock 'n' Roll, Baby! rassemble pour la première fois un ensemble d'œuvres majeures de musiciens rock des années 1970 à nos jours (de Yoko Ono, Patti Smith, Brian Eno à Chicks on Speed, Fischerspooner, Devendra Banhart, Pete Doherty, etc.). Cette exposition, encore électrisée par une collaboration exceptionnelle avec le festival de Rock Werchter, révèle pour la première fois une autre histoire du rock, celles de musiciens, d'artistes nés dans le monde de l'art. Une vingtaine d'icones de la musique sont réunies ensemble pour la première fois, non pas pour un concert mais pour présenter leurs œuvres visuelles. Il ne s'agit pas d'un mouvement mais d'artistes qui ont chacun une démarche singulière et qui abordent l'art et la musique comme un corps commun, une unité de pensée ; des artistes qui montrent comment deux formes d'expression, pourtant différentes, sont indissociables. It's not only Rock 'n' Roll, Baby! ou comment la voix du rock est aussi née dans les arts visuels.


Les artistes:

Alan Vega

Sculpture de lumière d'Alan Vega


Antony, Bent van Looy (Das Pop)


Bianca Casady (Cocorosie)
 
Installation de Bianca Casady


Brian Eno

Ambiance, De brian Eno

Chicks on Speed, David Byrne, Devendra Banhart,

Fischerspooner

Image de scène Concert-spectacle


Jonsi Birgisson (Riceboy Sleeps), Kembra Pfahler, Kyle Field,

Laurie Anderson

Handphone-Table



Miss Kittin, Nick Zinner (Yeah Yeah Yeah's), Patti Smith, Pete Doherty, The Kills, The Residents


Yoko Ono

Installation cercueils avec oliviers de Oko Ono


Vidéos / musique par
: Doug Aitken / LCD Soundsystem, Dara Birnbaum / Rhys Chatham, Robert Breer & William Wegman / New Order, CocoRosie, Lucile Desamory & Kevin Blechdom, Peter Downsbrough / The Wallets, Robert Frank / Patti Smith, Damien Hirst / Blur, Camille Henrot / Principles of Geometry, Derek Jarman / The Smiths, Derek Jarman / Throbbing Gristle, Richard Kern / Sonic Youth, Kevin Meul / Das Pop, Paper Rad, Martin Parr / Pet Shop Boys, Rocky Schenck / Devo, Nicolas Soquette / Sun OK Papi KO, Wolfgang Tillmans / Pet Shop Boys, Fabien Verschaere / Liquid Architecture, Graeme Whifler / Renaldo & the Loaf, Wyldfile / The Gossip.

Commissaire : Jérôme Sans, ex-directeur Palais de Tokyo (Paris), directeur Centre for Contemporary Art (Beijing).

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Ecoutez l'interview de Vincent Delveaux, Conseiller artistique de l'exposition


Pour conclure, ces deux expositions, bien que traitant chacune des arts plastiques ou visuels et de leurs rapports son/musique ont des approches fort différentes.
La première est monographique, et ne présente que des "visions sonores" photographiques tirées de carnets de voyage visuels de l'artiste Christian Marclay.
Le seconde présene un large panel d'artistes, dont les parcours débutent très souvent par le passage dans une école d'art. Leurs travaux visuels ne s'attachent pas systématiquement à montrer directement du son ou de la musique, mais sont plutôt inspirés d'ambiances "rock", où l'on retrouve certaines récurrences à forte connotation sociales (violence, drogue, contestation...), sans pour autant que celà ne puisse être généralisé à l'ensemble de l'exposition. Il n'empêche que c'est certainement, je cite Jérome Sans*, commissaire de l'exposition
    "... une manière de réécrire l'histoire du rock comme étant une histoire de l'art..."

Quelques grandes stars oeuvrant depuis longtemps entre musique, arts sonores et plastiques sont présentées à Bruxelles, parmi lesquelles Brian Eno, Laurie Anderson, Yoko Ono...

* Et jérome Sans sait de quoi il parle pour être lui-même, au-delà de ses fonctions de directeur culturel et de commissaires d'expositions, un musicien pratiquant, avec un duo electro-rock singulier en compagnie 
d'Audrey Mascina : Liquid Architecture
Cette formation dont chaque concert ne resemble pas au précédent, laisse une grande place à la création visuelle par des esthétiques scéniques toujours renouvellées et très travaillées, avec la collaboration d'artistes musiciens et plasticiens. Encore un exemple d'approche transdisciplinaire qu'affectionne particulièrement l'Espace des Arts Sonnants, au cas où vous ne l'aviez pas encore remarqué.







par Gilles Malatray publié dans : Festivals, Symposiums communauté : ECOUTE ECOUTE
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Lundi 23 juin 2008
ARTS SONORES ET ARCHITECTURE
Salines Royales d'Arc-et-Senans


















Voilà un sujet riche et qui en tous cas, titille mon attention. Je vous ai déjà entretenu plusieurs fois des rapports entre arts sonores et environnement, qu'il soit naturel ou bâti. Et bien cette fois-ci, c'est une rencontre sur trois journées qui illustrera un sujet proche, puisqu'il s'agit des rapports entre arts-sons-et architecture. L'architecture étant bien entendu considérée comme un environnement construit, donc comme un lieu d'accueil des sons, et comme un transformateur, qu'il soit  amplificateur, ammortisseur, filtreur, écran, ou inspirateur d'installations sonores, au sens le plus large que l'on pusise donner à cette expression.
Cette rencontre sera organisée dans l'une des plus surprenante et imposante architecture "utopiste" de Claude nicolas Ledoux, les fameuses Salines Royales d'Arc-et-Senans, dans la verte campagne du Doubs, non loin des rives méandreuses de la Loue.
Comme le précise le texte d'introduction à ces rencontres, le son s'installe dans des endroits des plus variés, culturels ou non, avec une volonté affichée des artistes de se créer de nouveaux outils, d'ouvrir de nouvelles voies de recherches, de s'inventer de nouveaux langages... Et tout cela au sein de pratiques de plus en plus transdisciplinaires, ou les espaces de création et de diffusion prennent du poids, ou en tous cas s'ouvrent à d'inombrables architectures, au sens large du terme.
Ces pratiques oscillant entre recherches esthétiques et aménagements fonctionnels, création sonore et écologie urbaine, on retrouvera tout naturellement parmi les intervenants, des artistes qui se sont penché de très près sur les relations espaces-sons, architecture son, mais aussi certains ayant développer des architectures de réseau, tels les paysages sonores captés dans différents endroits de la planète, et diffusés-délocalisés en streaming, pour se confonter à d'autres environnements, et aussi des réseaux-radios tentaculaires via internet... On entre là dans de plein-pied dans les espaces virtuels, chers aux domaines de la création numérique.
Les intervenants viennent donc de nombreux pays, pour présenter leurs pratiques et recherches artistiques. On notera la présence des quelques uns des principaux commissaires oeuvrant à des programmations où les arts sonores sont généreusement fêtés.
On pourrait éventuellement déplorer qu'une rencontre bâtie, si j'ose dire, sur une thématique son /architecture, sur-représente la partie artistique, même si certains artistes sont aussi architectes ou acousticiens, voire les deux. Il m'aurait semblé intéressant de faire se confronter et frotter conjointement, des expériences  et réflexions d'architectes "purs et durs", je veux dire par là se situant en dehors de toute intention artistique autre que celle de bâtir, à usage prioritairement fonctionnelle, même dans le cadre d'approches très esthètisantes, et des parcours d'artistes sonores qui ne soient pas forcémment architectes. Mais c'est là un axe choisi et assumé en tant que tel par Rahma Khazam curatrice principale de ces rencontres, assistée d'Yvan Etienne, bien connu pour son engagement à montrer et à produire des expériences sonores où l'espace joue un rôle important. D'ailleurs, le fait que Le FRAC Franche-Comté soit partenaire de cet événement donne une tonalité plus orientée vers l'artistique que l'architectural, sans pour autant  enlever de leur intérêt à ces rencontres.
Soulignons que cette programmation résonne comme un écho direct des rencontres en même temps à Berlin, Tuned City, donc j'ai déjà parlé récemment sur ce blog. Certains participants feront d'ailleurs le voyage entre Arc-et-Senans et Berlin, histoire de se dépayser rapidement yeux et oreilles...

Les intervenants
Mark Bain (US)
Lina Dzuverovic (UK)
Yvan Etienne (FR)
Philippe Franck (BE)
Jérome Joy (FR)
Rahma Khazam (FR/UK)
Bernhard Leitner (AT)
Claudia Martinho (PT)
Julien Ottavi (FR)
Paul Panhuysen (NL)
Carsten Seiffarth (DE)
Atau Tanaka (JP/US)
Heinz Tesar (AT)
Salomé Voegelin (CH)


Pour en savoir plus sur ces rencontres :
Le site
Le dossier de présentation

Je pense que, plus tard, c'est à dire je ne sais quand, je consacrerais volontiers un article entier, voir plusieurs, consacrés aux relations architectures-sons, car le sujet, qu'il m'arrive régulièrement d'aborder avec des étudiants, est aussi vaste que passionnant.

Notons pour terminer que les Salines  royales sont coutumières du fait d'accueillir chaque années, un festival d'électroacoustique "Elektrophonie", qui prolongera d'ailleurs, le samedi 12 juillet, le programme architectone, par sa célèbre Nuit Bleue où, de  21H à 7H du matin, confortablement installés sur des transats, vous pourrez rêver, bercés par les différentes couleurs de l'acousmatique invitée







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par Gilles Malatray publié dans : Festivals, Symposiums communauté : ECOUTE ECOUTE
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Lundi 9 juin 2008
JACQUES REMUS AU THEATRE

Il y a quelques jours, je vous ai parlé d'un événement culturel d'ampleur, centré autour de l'oeuvre de Jacques Rémus, mais abordant plus largement la question des arts sonores, versions installations ou performances.

Ainsi, il arrive parfois que ces annonces  coups de coeur recoivent des messages sympatiques de remerciements de la part des organisateurs et directeurs artistiques.
Et ici, c'est le directeur du Théâtre de Morlaix, Scène nationale, qui m'a gentiment remercié de ce modeste éclairage autour de la manifestation " L'émotion-Machine", programmée cet été dans son établissement.

Cf programme complet en PDF

De plus, il m'a communiqué cette belle photo "toute chaude", où l'on voit l'imposante architecture sonore des "Machines à laver", version Concertomatique de Jacques Rémus, dans un fort bel écrin que constitue le Théâtre à l'Italienne.
Je vous en fait donc profiter, pour vous donner un peu plus envie d'aller voir et entendre ce dispositif aussi sonore que musical, et qui plus est plastiquement surprenant.

                      Sources Photographie RODHAMINE, Théâtre de Morlaix







par Gilles Malatray publié dans : Festivals, Symposiums communauté : ECOUTE ECOUTE
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Lundi 9 juin 2008
MONS MONTE LE SON
Parcours sonore au coeur de la ville
du 21 juin au 27 juillet 2008







Pour sa cinquième édition, le Festival Montois City Sonics, impulsé par l'association Transcultures et son directeur artistique Philippe Franck, met encore le son au coeur de l'écoute, du regard, et de la ville.
Installations, performances, concerts, dispositifs intéractifs, projections acousmatiques, parcours sonores, labels invités, sculptures sonores, concerts... Voici un petit corpus de mots qui tendrait à exprimer la diversité et la viva-cité des arts sonores à Mons.
Hormis le fait que les cheveux de la charmante jeune femme écoutant voluptueusement (une création sonore ?) au casque soient devenus moins flamboyants, le principe de balayer un large champs d'expérimentations sonores, en invitant artistes confirmés, talents émergeants et étudiants d'écoles d'art reste identique, comme fer de lance de ce festival.
Sinon, on notera un resserement dans les lieux de programmation, qui passent de neuf en 2007 à 5 en 2008, peut-être par volonté de ne pas trop disperser géographiquement la programmation festival, ou par soucis d'alléger la logistique; il n'empêche que j'avais pris beaucoup de plaisir, lors de la dernière édition, à découvrir des recoins d'un Mons parfois secret, en parcourant tant des grands espaces culturels bien identifiés que des petits appartements squattés pour l'occasion.

Pour en revenir à la programmation, citons en vrac quelques propositions qui ont retenu mon attention, juste au regard du programme, ou parce que j'ai déjà approché  ces artistes.


Des installations
telles que d'Ore et d'espace du compositeur plasticien stéphanois Denys Vinzant
; qui fait chanter délicatement des plaques et globes de verres dont les partitions sont gravées à l'or fin sur ces supports transparents. J'ai déjà eu l'occasion de voir et d'entendre plusieurs versions de ces installations, et même d'en accueillir une, et je pense que le choix d'avoir installé cette oeuvre dans les superbes volumes la grande salle de la Machine à eau fournira à cet ensemble cristallin un écrin architectural de premier choix.
Questionnante et intriguante, la machine "Evolution 2", conçue avec des rebuts et autres objets hors d'usage, du jeune artiste
Maxime Toussaint.
Rafraîchissante la douche sonore d'
Isa Belle, que l'on connaît déjà pour ses célèbres massages sonores, directement hérités d'une thérapie thibétaine utilisant à l'origine des bols alimentaire comme éléments résonnants.
Sculpturale, mystérieuse et sensuelle l'Electric chair (un nom évoquant de bien sombres images) de Leslie Bloquert
Architectural, le dispositif intéractif Sonic Loft proposé par Alexandra Dementieva
Surréaliste, la bulle sonore et intéractive, Amusia, inspirée par l'artiste Belges Magritte et proposée par Yvat et Iulia.

NB : Petite précision mais qui a son importance, les douches sonores d'Isa Belle ne seront pas à Mons (Elles y ont déjà été) mais à Enghien, du 6 au 14 juin. Je ne m'en suis apercu qu'après écriture de ce chapitre mais j'ai décidé de laissé là Isa Belle.


Deux hommages
L'un à Olivier Messian, quoi de plus logique dans cette année commémorative. C'est un parcours sonore acousmatique, d'oiseaux et d'insectes bruissant dans un jardin, concocté par l'artiste
Iancu Dumitrescu.
Le second est dédié à Luc Ferrari, déjà célébré en 2007 dans ce même festival, avec une autre installation acousmatique au titre évocateur et "ferrarien" : Music Promenade.

Des labels invités
 
Vibrö et son association Double entendre, mais aussi Erratum et Nowaki, qui seront en écoute à la Médiathèque de Mons.

Un salon d'écoute
que se partageront
Ramuntcho Matta et ses vidéos et Christian Vialard, créateur du label Tiramitsu, explorateur de sons et d'images bien loin des sentiers battus.

Des parcours pour (ré)écouter des paysages sonores
Sound Drop et le Delta, par le  Collectif MU, qui nous font respectivement  découvrir des parcours sonores montois via un audio-guide maison, et le résultat d'une croisière sonore sur les rives du Danube.

Une fiction radiophonique installée
d'
Eddie Ladoire, dont le titre intriguant "Mademoiselle vous allez  terriblement me manquer", qui se réfère à l'histoire d'un couple en situation de rupture.

Et un singe célèbre
celui de la grande place de Mons, qui porte bonheur lorsqu'on lui caresse la tête, et qui a inspiré une création audio du même Eddie Ladoire, fabriquée avec notamment des voix d'enfants imitant le dit singe.


Et bien d'autres choses sonores à découvrir

Mon but n'est pas ici de dresser une liste exhaustive des créations du festival, mais plutôt de vous présenter quelques particularités, en tout cas celles qui ont titillé ma curiosité, pour vous donner envier d'aller voir et entendre de plus près City Sonics.

Une autre programmation s'étend bien au-delà du territoire montois, à Maubeuge, bien que la programmation y soit très réduite par rapport à l'édition 2007, Enghien, Belfort, Lille et Linz...

Je ne manquerai pas de vous faire part de mes retours personnels en août, lorsque j'aurais physiquement déambulé dans City Sonics 2008.


Pour en savoir plus, l'adresse du site


PS : Toutes les illustrations sont extraites du site de Sonic City






par Gilles Malatray publié dans : Festivals, Symposiums communauté : ECOUTE ECOUTE
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Jeudi 5 juin 2008
LE SON ET L'ESPACE URBAIN
TUNED
CITY
Berlin du 1er au 5 juillet 2008














Quand un festival décide de s'attaquer au vaste sujet que constituent les rapports entre le son (les sons) et l'espace, urbain notamment, on peut espérer une programmation riche et originale.

Et quand il s'avère que cette programmation est encore beaucoup plus riche que celle que nous avait laissé imaginer une préfiguration en janvier de cette année, alors là on regrette vivement de ne pouvoir y aller si l'on a déjà envisagé d'autres activités sur son calendrier.
Le titre de la manifestation n'est d'ailleurs pas sans rappeller celui de l'ouvrage manifeste de Robert Murray Schafer "Te tuning of the Word", assez improprement traduit par "Paysage sonore" en français, et posant les bases d'une nouvelle approche écologique de l'environnement sonore.


Labirinthitis performance de Jacob Kirkegaard



Au programme, colloques, ateliers, performances, installations, réunissant le gratin des artistes sonores travaillant autour de conceptions sonores liés à l'espace.

Mais jugez plutôt de la liste des artistes et chercheurs participant :

 

Avouez que, pour ceux qui connaissent un tant soit peu le domaine des recherches sonores liées à l'environnement, le plateau est des plus alléchant, et que rarement autant de "beau monde" ne s'est trouvé rassemblé pour un symposium sonore.

La programmation ne fait d'ailleurs pas dans la facilité, voire même est parfois très pointue, pouvant apparaître parfois d'un abord difficile pour un grand public peu ou pas averti de la cause sonore.

Berlin, après Sonambiente, récidive donc avec un événement de choix, qui devrait, s'il se reconduit, devenir un passage incontournable pour ceux qui s'intéressent à l'aménagement urbain et aux sons.


bulles

Bulles live-installation by Julien Clauss


Citons quelques champs d'expériences sonores programmés dands la ville ;
- Des créations et études autour des signaux urbains que sont cloches  et sirènes
- Des installations et performances mettant en jeux des micros sons, ondes électromagnétiques, infra et ultras sons, jeux autour de micros capturs piezo-électriques qui font sonner et révèlent les espaces acoustiques ambiants
- Des travaux autour de la ré"sonance des matériaux urbains, les grilles, portais et autres mobiliers
- La diffusion et la spatialisation multiphonique d'oeuvres sonores en espace publics
- La perception des sons via le corps, le ressenti de fréquences inaudibles, accordées et autres écoutes corporelles avec les fréquences des lieux d'aéccueil
- La pratiques des phongraphies, des micros sons aux vastes horizons auditifs, de l'environnement au paysage sonore urbain...

Cotés conférences, la programmation est aussi riche et on parlera entre autre de :
- L'architecture sonore
- Des matériaux sonores
- Des interventions sonores dans l'espace
- Du paysage sonore
- Des espaces sonores virtuels...

Voici le détails des interventions et conférences (In English)

Et des modalités pratiques pour profiter au mieux du festival                     

Si donc vous avez l'opoortunité de passez à Berlin durant cette manifestation, n'hézitez pas à aller y jeter une paire d'oreilles et d'yeux, et à nous faire part de vos retours qui seront toujours les bienvenus.


 

PUB : A visiter, regarder, écouter, lire, le résultat de l'appel à participation impulsé par le collectif d'artites SOS-ART autour

du thème Finitude à été récemment mise en ligne


 


 


 


 

 

par Gilles Malatray publié dans : Festivals, Symposiums communauté : ECOUTE ECOUTE
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Jeudi 22 mai 2008
INDISCIPLINES
F
ESTIVAL D'ART SONORE

Le Dojo
Nice


Les f
estivals consacrés à l'art sonore s'installent peu à peu sur le territoire, souvent initiés ou en étroite collaboration avec l'association belge Transcultures, qui, par l'activisme de son directeur Philippe Franck, organise l'incontournable de  City Sonics à Mons.

Ici, le son descend vers le Sud, avec une programmation des plus variée et intéressante, même si les artistes proposés deviennent presque trop familiers pour ceux qui suivent de près les arts sonores et souhaiteraient parfois plus d'aventure vers d'autres  artistes que les habituels du réseau Transcultures, si intéressants soient-ils.
Ceci dit, ne crachons pas dans la soupe, ce festival a le mérite d'exister et de défendre la cause sonore, et puis, tout le monde ne connaît pas (encore) les artistes sonores précents.





En voici la présentation détaillée


DU 29 MAI AU 1er JUIN 2008

 

Parcours, conférence, installations, projections, exposition, concerts, spectacle ...

La programmation 2008 donne au Dojo, pour la deuxième édition du festival Indisciplines, axé cette année sur le son, l'occasion d'accueillir, à travers plusieurs temps forts et événements, de nouveaux modes d'expérimentation artistique, situés dans les domaines des arts visuels et installations, de la performance, de la vidéo, de l’édition, et du son.

Les disciplines se croisent, se répondent et imaginent de nouvelles formes. Les cadres classiques du musée, de la galerie, du théâtre, de la scène doivent s’adapter pour pouvoir présenter ces créations inédites qui invitent musiciens, plasticiens, photographes, éditeurs, écrivains, réalisateurs, performers...
Le programme s’articule autour d’un thème générique : la voix comme instrument, expression, son.

L’espace urbain comme espace sonore est le programme de la manifestation (installations, diffusion et performances dans la ville). Les artistes choisis proviennent de tous horizons : confirmés ou émergents, actifs dans le domaine de la création contemporaine, eux-mêmes parfois acteurs, producteurs de ces nouveaux modes de création, qui permettent le croisement entre ces disciplines.

 

C'est à cette multiplicité d’approches, dans sa vitalité et dans ses modes les plus originaux, dans sa grand