Le n°6 de VOLUME explore les méandres des espaces de production et autres paysages sonores, notamment à travers les œuvres de Marie Cool Fabio Balducci, Martin Kersels, Raymond Gervais, Janet Cardiff & George Bures Miller ou Dan Peterman, de la performance de Marcel Broodthaers au Speakers’ Corner, de la revueAudio Arts. Avec des interventions inédites d’Arnaud Maguet et de Cocktail Designers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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SOMMAIRE / SUMMARY

Monographies / Monographs
Janet Cardiff & George Bures Miller • Sonorama par/by Raphaël Brunel
Marie Cool Fabio Balducci • How the Thing Sings par/by Marianne Derrien
Martin Kersels • The Body of Work par/by Antoine Marchand

 

Soundscape
Shoebox vs White Cube par/by Maria Tancredi

 

Analyses / Analysis
Derrière la vitre • Les Mystères du studio / Behind the Glass • Studio Mysteries par/by Stéphane Malfettes
Storm the Studio ! par/by Thibaut de Ruyter

 

Tape
Audio Arts • Things Are Being Said — Listen! par/by Guillaume Condello

 

Focus
Marcel Broodthaers • Dying Speech Notes sur Speakers’ Corner / Notes on Speakers’ Corner par/by Paul Bernard
Dan Peterman • Love Podium ou le ministère de la parole / Love Podium or the Ministry of Words par/by Hélène Meisel

 

Entretien / Interview
Raymond Gervais • The Unanswered Question par/by Anne-Lou Vicente

 

Interludes
Cocktail Designers
Arnaud Maguet

 

EDITORIAL

Intrinsèquement lié à son contexte de diffusion et de propagation – que celui-ci relève du projet architectural, de l’espace clos, intérieur (au propre comme au figuré), extérieur et/ou public –, le son définit des aires de production à géométrie variable au sein desquelles se déploie un panel d’interventions plus ou moins créatives et préméditées.
En dépit de leur relative dématérialisation au fil du temps, le studio d’enregistrement et l’atelier d’artiste apparaissent aujourd’hui encore comme les archétypes de lieux retirés du monde, propices à l’introspection et l’expression d’une sensibilité susceptible d’être captée et fixée sur un support. La scène permet quant à elle la (re)présentation, a priori en public, de discours, d’actions et autres performances pouvant par ailleurs habiter temporairement formats standards et surfaces circonscrites, maquettes et modèles réduits. Suggérant une potentielle activation passée ou à venir, ces « zones » fonctionnent en tant qu’unités de mesure, partitions ou terrains de jeux dans lesquels il est parfois possible d’entrer et de circuler. Il en résulte des effets d’échelles et d’imbrication, voire de mise en abîme, notamment par l’implantation d’espaces autonomes dans l’enceinte même du lieu d’exposition, donnant ainsi au visiteur l’impression d’évoluer à l’intérieur d’une boîte dans la boîte.
En outre, le progrès des techniques de production comme de diffusion du son a favorisé l’émergence et le développement d’une « écoute en marche », un contenu désormais nomade accompagnant l’auditeur et venant se mêler à son environnement. Par l’intermédiaire de structures telles que le podium, l’estrade ou le Speakers’ Corner, l’espace public offre la possibilité de donner libre cours à la parole, la diversité des points de vue, y compris les plus radicaux et décalés, y ayant – du moins en théorie – droit de cité.
Ces différents motifs dessinent les contours d’une multiplicité de « paysages sonores » qui, parasités et « augmentés » par des phénomènes exogènes souvent aléatoires, participent de notre perception de la réalité et du quotidien.

EDITORIAL

Sound, which is intrinsically connected with its context of diffusion and propagation – whether this has to do with the architectural project, the enclosed space, interior (literally and figuratively), exterior and/or public –, defines flexible production areas, within which a set of more or less creative and pre-meditated interventions develops.
In spite of their relative de-materialization over time, both the recording studio and the artist’s studio today still appear like the archetypes of places removed from the world, apt for introspection and the expression of a sensibility capable of being captured and fixed in a medium. The stage, for its part, permits (re)presentation, in principle in public, of speeches, actions and performances which can furthermore temporarily exist in standard formats and limited surfaces, maquettes and scale models. In suggesting a potential activation, past or in the offing, these “zones” function as units of measurement, scores and pitches in which it is sometimes possible to enter and move about. The result is effects of scale and overlap, even of endless duplication, especially through the establishment of autonomous spaces actually within the exhibition venue, thus giving visitors the impression of evolving inside a box within a box.
In addition, the progress of sound production and diffusion techniques has encouraged the emergence and development of a “listening in motion”, a now nomadic content accompanying the listener and mixing with his environment. By way of structures like the podium, the platform, and Speakers’ Corner, the public place offers the possibility of giving free rein to words, with the diversity of viewpoints, including the most radical and offbeat, enjoying full entitlement – at least in theory.
These different motifs trace the outlines of a whole host of soundscapes which, jammed and “augmented” by often random exogenous phenomena, are part of our perception of reality and everyday life.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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